Raphaël Navot, un concentré d’hospitalité
© Cerruti Draime

Raphaël Navot, un concentré d’hospitalité

Raphaël Navot semble être le « nouveau » designer que tout le monde s’arrache. Avant le monde, peut-être le Tout-Paris. Il livre début février l’Hôtel Dame des Arts, rue Danton dans le 6e arrondissement et sera le Designer de l’Année pour l’édition de janvier 2023 du salon Maison & Objet.


Il est né à Jérusalem en 1977. Diplômé de la Design Academy Eindhoven en design conceptuel, il s’installe à Paris dans le Marais et accorde architecture d’intérieur et design au moment où les matières premières nobles et les techniques de fabrication par l’homme sont au plus haut. Il travaille avec les meilleurs ateliers d’Europe et ses réalisations courent du night-club le Silencio, rue Montmartre à Paris, aux revêtements de sol End Grain pour Oscar Ono ou des tapis artisanaux pour la Galerie Diurne, rue Jacob, de l’Hôtel National des Arts et Métiers à Paris à la bibliothèque et la galerie d’Art du Domaine des Etangs à Massignac en Charentes.

Le Silencio

La première fois qu’Intramuros a écrit le nom de ce jeune quadra, Raphaël Navot, ce devait certainement être en 2011, lors de la rédaction du Paris Design Guide où une place non négligeable était accordée au Silencio, réalisé par David Lynch à la demande d’Arnaud Frisch et Antoine Caton, club culturel d’un nouveau genre, « une histoire de casting regroupant l’agence d’architecture Enia, le concepteur de lumière Thierry Dreyfus et le designer Raphaël Navot. »

Trois séries de mobilier originales étaient alors créées par David Lynch et réalisées sur mesure par la maison Domeau & Pérès. Le design, mais aussi le cinéma, l’art, les spectacles vivants, la littérature, la musique comme la gastronomie ont toujours leur place au sein de la programmation dédiée aux membres du Silencio de 18h à minuit. Au delà, le Silencio devient un night-club ouvert à tous et tous les trois mois, un artiste est invité à y réaliser un projet. Rue Montmartre, il faut descendre dans la cave, pour se retrouver chaleureusement enveloppé d’or, sur les murs, les plafonds, les meubles et les bars à cocktails derrière lesquels s’activent quelques barmen insensibles à la faune nocturne du lieu… de Pharell Williams à Jean-Charles de Castelbajac, Virgil Abloh ou Agnès Varda. Tous se retrouvent là, dans des salles privatisées ou devant la scène où se joue, quart de queue et guitares vintage à l’appui, l’avenir de la musique. Comme un hommage au cabaret de Mullohand Drive, la scène ressemble à un ancien cinéma, encadrée avec des rideaux qui coulissent. À ses pieds, une piste de danse accueille les pas les plus sages comme les plus débridés. Un lieu où vivre des expériences originales.

Jouer Paris

L’Hôtel Dame des Arts qui ouvre le 1er février 2023, propose ce même type d’expériences mais à une échelle plus large. Les 109 chambres de l’hôtel, écrin 4 étoiles, portent en elles, l’esprit de la rive gauche et de la Nouvelle Vague. Inspiré par les philosophes, les artistes et les intellectuels du quartier, il déploie tout l’esprit de Saint-Germain-des-Prés. Dans ce bâtiment des années 50, l’hôtel conjugue chambres avec vue, rooftop à ciel ouvert, charmantes terrasses, jardin verdoyant, studio de fitness avec sauna, salles de réunion pas comme les autres. Un point de départ parfait pour explorer la capitale et l’art de vivre parisien. Avec son décor Nouvelle Vague, ses œuvres d’art et sa signature olfactive signée Arthur Dupuy, l’hôtel joue les jeunes premiers.

Hôtel Dame des Arts, ouverture prévue pour le 1er février 2023 ©Jerome Galland
Hôtel Dame des Arts, ouverture prévue pour le 1er février 2023 ©Jerome Galland

Lignes simples, formes graphiques, matières minérales et naturelles, il a sollicité les meilleurs artisans pour atteindre un résultat cosy et chaleureux. Loro Piana Interiors, Veronese, Cappellini, Oscar Ono ou Roche Bobois fabriquent pour lui. Le restaurant 39V, avenue George V et l’Hôtel des Arts et Métiers à Paris, l’Hôtel Belle Plage à Cannes ou la Bibliothèque du Domaine des Etangs en Charente, lui ont déjà livré leurs espaces. Tout a été fait ici sur mesure (à l’exception de deux chaises Roche Bobois, DOT et Identities). Le demi-cylindre cannelé en chêne massif qui recouvre certains murs des espaces publics et des chambres fait écho au sol en chêne noir carbonisé à la flamme et recouvert d’une résine protectrice. Un design chaleureux et bienveillant dans des chambres de 15 m2 pour les plus petites, avec lit Queen Size et chaque soir, cinéma privé à tous les étages à 21h et 23h.

Fauteuil The Palm, Loro Piana, design Raphaël Navot © Simone Bossi

Des rencontres

Le POH (Patchwork Oval Hemisphere), édité par Cappellini en 2014, est une pièce composée, mariant le fait-main, le fait par ordinateur et le fait à la machine. L’assemblage d’un volume chaotique, sculpté par une machine selon un modèle généré par un ordinateur, pour à chaque fois obtenir un objet unique qui ne peut être répété, un peu à la Gaetano Pesce. Conçu pour l’exposition « Post Fossile » dans le musée Holon, par Lidewij Edelkoort au printemps 2011, il a intégré la collection permanente de Cappellini. Chaque pièce est unique et découle de l’inversion du principe de conception. « La forme suit la fonction » devient « la fonction suit la forme ». Une révélation au Holon Museum, le célèbre musée complété en 2004 par Ron Arad d’une extension tout en acier Corten, un musée fondé par Moti Masson, maire d’Holon, (à l’initiative de la médiathèque, du centre culturel, du centre multimédia, du musée du design et du musée israëlien de la bande dessinée) et Hana Hertsman, directrice générale de la municipalité qui depuis 1993 cherchent à positionner Holon comme « La ville des enfants ».

Canapé Entwined pour la galerie Friedman Benda

Pour Pas de Calais, jeune marque japonaise créée en 2015 par Ykari Suda en hommage à la dentelle de Calais, qui développe ses propres textiles avec coton, lin et soie et une combinaison de teintures traditionnelles ou techniques de pointe, il signe une boutique parisienne rue de Poitou. Habitée par l’Arte Povera ou arte povera pour faire plus modeste, la simplicité des matériaux – bois fissuré, métal corrodé ou calcaire poudreux – sont une véritable ode à la nature. En 2014, il signe la suspension TOH pour Véronese. En 2019, Roche Bobois lui demande de refaire la boutique du boulevard Saint-Germain où l’on trouve ses collections au détour des escaliers. Pour la galerie Friedman Benda, il signe des canapés voluptueux et soyeux.

Restaurant 39V à Paris, lauréat du Paris Shop Design 2022 catégorie "Hotels, Cafés, Restaurants" © Yann Deret
Restaurant 39V à Paris, lauréat du Paris Shop Design 2022 catégorie "Hotels, Cafés, Restaurants" © Yann Deret

Au fil du temps, Raphaël Navot a su se démarquer avec des projets d’architecture d’intérieur remarqués. Parmi ses derniers projets de rénovation, on note un hôtel 4 étoiles, le Belle Plage à Cannes, livré cet été, et qui vient de mettre en service un grand espace spa également aménagé par Raphaël Navot. On peut également citer la rénovation du restaurant 39 V, qui a par ailleurs été récompensé en octobre dernier par le prix Paris Shop Design dans la catégorie « Hôtels, Cafés, Restaurants ».

Hôtel Belle Plage à Cannes © Christophe Coenon

Un hall circulaire sur Maison & Objet

L’Apothem Lounge à l’entrée du hall 7 sur Maison & Objet à Paris Villepinte, doit offrir une émotion, un concentré d’hospitalité, ou « Le monde fantastique de Raphaël Navot ». Son grand hall circulaire sera comme une installation immersive de lumière et de textures procurant une émotion visuelle où les visiteurs seront invités à découvrir les intérieurs indépendamment de leur fonctionnalité ou contexte comme dans un théâtre où les visiteurs sont les comédiens.

Le design est pour lui une forme de scénographie qui vise à créer une ambiance, soutenue ici par les luminaires et l’expertise Flos. Sans client, sans contexte, sans fonctionnalité, l’espace lui permet de faire accéder le visiteur à un royaume plus imaginatif et de créer un intérieur… inattendu. Le hall circulaire, protégé par deux rangées de murs courbés et qui permet aux visiteurs d’entrer et de sortir par ses 12 portails, s’offre comme un labyrinthe simplifié avec liberté et simplicité. À tester obligatoirement.

Rédigé par 
Bénédicte Duhalde

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22/1/2026
Sand Stone de Technogym : allier design et performance

À l’occasion de Maison & Objet, Technogym présentait Sand Stone, une collection inédite qui renouvelle les codes du design des espaces bien-être haut de gamme. Dévoilée au cœur du salon parisien, cette nouvelle ligne incarne une approche où esthétique, innovation et reconnexion à la nature dessinent une nouvelle ère du Wellness Luxury Living.

Inspirée par la minéralité du grès méditerranéen, la collection Sand Stone présente une palette pensée pour créer des environnements enveloppants et apaisants. Les tons neutres et les finitions toutes en détails dialoguent naturellement avec le bois, la pierre et les matériaux nobles utilisés, permettant une intégration fluide dans les contextes les plus exclusifs, des résidences privées aux hôtels et clubs de fitness premium.

Une collection pensée pour tout type d’entrainement

Plus qu’une signature esthétique, Sand Stone introduit une vision globale du bien-être. La collection permet de concevoir des espaces où cardio, musculation et entraînement fonctionnel cohabitent à travers un seul et même langage formel unique dans lequel chaque équipement participe à une expérience fluide, où la performance s’intègre naturellement à l’architecture intérieure.

Des matériaux sensoriels, qui conjuguent design et technologie

Et cette cohérence de langage se prolonge jusque dans le choix des matériaux. Les coques Speckled Stone, enrichies de mica naturel et de composants recyclés, évoquent la pierre authentique. Les structures Warm Titanium apportent une dimension technologique et contemporaine, tandis que les surfaces tactiles en finition Clay et les éléments en bois de hêtre et de frêne renforcent la dimension sensorielle et organique de l’ensemble.

Avec Sand Stone, Technogym compose un langage de design holistique, chaleureux et inclusif, transformant les espaces d’entraînement en lieux d’expérience, où le luxe se fait discret, naturel mais surtout profondément humain.

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22/1/2026
Au BDMMA, le design français made in Japan

Pour la cinquième année consécutive, le Bureau du Design, de la Mode et des Métiers d’Art présente les travaux de designers français et d’artisans japonais réunis dans le cadre du programme Edo Tokyo Kirari.

À l’heure où l’on parle de design global, le Bureau du Design, de la Mode et des Métiers d’Art propose quant à lui un design mondial. Lancé en 2021 afin de valoriser les exportations tout en ancrant les savoir-faire dans des enjeux patrimoniaux et sociaux, le programme Edo Tokyo Kirari, soutenu par Paris et Tokyo, réunit chaque année des designers français et des manufactures tokyoïtes.Riche d’ateliers, dont certains pluricentenaires, la ville offre un vaste éventail de savoir-faire, aussi bien dans les domaines de la verrerie et du bois que dans celui du textile.
Une aubaine pour Hanako Stubbe, Studio BehaghelFoiny et Florent Coirier, les trois designers sélectionnés cette année par l’institution parisienne.Réunis à la suite de vœux bilatéraux, les créateurs, chacun associé à deux entreprises japonaises, ont disposé de huit mois pour concevoir six pièces. Exposées jusqu’au 4 février dans une scénographie signée Jules Levasseur, les œuvres sont présentées en miroir des pièces les plus connues des studios. L’occasion de tisser des liens entre des approches européennes contemporaines et d’autres, nourries d’histoires et de techniques plus confidentielles.

©14Septembre Mobilier national


Des objets aux références culturelles multiples

« Lorsque je suis allé au Japon, j’ai remarqué que les Japonais utilisent souvent les caisses de bouteilles pour s’asseoir dans la rue ou comme tables. L’idée des rangements KOFFR, mi-table,mi-tabouret, réalisés avec Lllast, vient de là, de ce mode de vie », explique Florent Coirier. Car au-delà des questions d’artisanat et de technique, les créations traduisent surtout un lien discret mais profond avec la culture japonaise. La manufacture Mori Seimenjo et le Studio BehaghelFoiny à l'origine d'une veste d'intérieur,d'un lit transformable en pouf et d'un plaid, ont ainsi choisi les couleurs des pièces selon les espèces de fleurs endémiques de l’île d'Izu. Un clin d’œil à la fois culturel et environnemental. Cette attention se retrouve aussi dans les travaux d’Hanako Stubbe menés avec la manufacture Domyo, dont les panneaux décoratifs muraux s’inspirent de symboles japonais tels que Taiyō, le soleil, source de vitalité ; Moss, la mousse, évoquant douceur et sérénité ; ou encore Sakura, le cerisier. Un parti-pris visuel fort, et différent de sa collaboration avec la maison familiale Maekawa Inden, où le cuir laqué est traité de manière plus sobre,invitant à l’introspection.
En complément, l'exposition invite aussi les visiteurs à aborder une autre facette tout aussi connue du Japon : ses boissons. Réalisés par les manufactures Glass-Labet Kimoto Glass Tokyo, deux styles de verres rendent, chacun à leur manière, hommage au saké et au thé par le biais de nouvelles textures et des nouvelles formes.


À noter qu'une sélection de produits issus des précédentes éditions est en vente au sein du concept store HIS, 2 rue du Renard, dans le quatrième arrondissement de Paris, jusqu'au 4 février.

©14Septembre Mobilier national
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21/1/2026
Une collaboration inédite entre Swatch et Guggenheim

Avec sa nouvelle collection Swatch × Guggenheim, l’horloger suisse poursuit son Art Journey en traduisant quatre icônes de l’art moderne en objets du quotidien, à la croisée de l’art, du design et de la pédagogie.

Depuis plus de quarante ans, Swatch explore les frontières entre art et objet usuel. En ce début d’année 2026, la marque suisse ouvre un nouveau chapitre avec une collection réalisée en collaboration avec le musée Guggenheim de New York et la collection Peggy Guggenheim de Venise composée de quatre montres, inspirées d’œuvres majeures de Degas, Monet, Klee et Pollock.

Collection Swatch x Guggenheim

Un dialogue transatlantique entre art et design

Cette collaboration s’inscrit dans une relation ancienne entre Swatch et l’institution Guggenheim, amorcée dès les années 1990. La collection revendique un dialogue culturel entre deux continents et deux champs créatifs que sont l’art muséal et le design industriel. Les œuvres sélectionnées, dont trois sont conservées à New York et une à Venise, sont réinterprétées non comme des reproductions, mais comme des compositions graphiques adaptées à la montre. Un parti pris fidèle à l’ADN de Swatch, qui considère le temps comme un médium créatif autant qu’une mesure.

Collection Swatch x Guggenheim, modèle Klee’s Bavarian Don Giovanni

Quatre œuvres, quatre écritures visuelles

Swatch × Guggenheim se décline ainsi en quatre univers artistiques distincts. Degas’s Dancers transpose la grâce fragmentée des Danseuses vertes et jaunes (1903) d’Edgar Degas, dans une composition centrée sur le mouvement, jouant sur les cadrages et les aplats colorés. Monet’s Palazzo Ducale s’inspire des vibrations lumineuses du Palais Ducal vu de Saint-Georges Majeur (1908) de Claude Monet avec un cadran qui se révèle sous UV, évoquant les variations chromatiques chères à l’impressionnisme.

Collection Swatch x Guggenheim, modèle Monet’s Palazzo Ducale

Plus conceptuelle, Klee’s Bavarian Don Giovanni exploite la géométrie narrative de Paul Klee dans son œuvre The Bavarian Don Giovanni (1919) et introduit une roue de calendrier multicolore, dont la variation quotidienne fait écho à l’instabilité poétique de l’œuvre originale. Enfin, Pollock’s Alchemy restitue l’énergie gestuelle de l’expressionnisme abstrait de Jackson Pollock avec Alchemy (1947), à travers une composition libre, presque explosive, où le cadran et le bracelet deviennent surface picturale continue.

Collection Swatch x Guggenheim, modèle Pollock’s Alchemy

Une collection qui au-delà de l’objet, affirme une vision : celle d’un art qui ne se contemple pas uniquement au musée, mais qui peut s’inviter dans le quotidien. En traduisant des œuvres patrimoniales en pièces accessibles, Swatch revendique un rôle de passeur culturel, tout en soutenant la conservation des collections Guggenheim.

Collection Swatch x Guggenheim, modèle Degas’s Dancers
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20/1/2026
Le design, véritable moteur de croissance pour le secteur contract

Le marché du contract s’affirme de plus en plus comme l’un des segments les plus dynamiques de l’ameublement en France. Selon une étude structurelle sur le marché contract menée par l’Ameublement français, le Codifab et MKG, la transformation de l’hôtellerie et la montée en puissance des concepts lifestyle placent le design, l’usage et l’exécution au cœur des stratégies de différenciation de la filière.

À la croisée de l’architecture, du design et de l’exploitation commerciale, le secteur du contract est en plein cœur des mutations de l’hôtellerie, de la restauration et plus largement des lieux recevant du public. Dans un contexte de montée en gamme des concepts, de recherche d’identité et d’évolution des usages, le mobilier devient un levier central de différenciation pour ces espaces. Encore minoritaire en valeur, le secteur du contract n’en constitue pas moins l’un des segments les plus dynamiques du marché français. Ce dernier représente une réelle opportunité de création de valeur, à condition d’en maîtriser les logiques économiques, les circuits de décision et les contraintes opérationnelles propres à ce marché professionnel.

Un marché structuré par l’hospitality

Estimé à 675 millions d’euros par an, le marché du contract ne pèse encore que 5 à 6 % du chiffre d’affaires global du secteur en France. Pour autant, cette part relativement modeste masque cependant une dynamique bien plus engagée que celle du résidentiel. Le contract bénéficie en effet de l’essor direct des projets d’hospitality, qui placent l’expérience utilisateur, le confort et la cohérence esthétique au cœur de leur proposition de valeur. Si l’hôtellerie et l’hébergement touristique concentrent la majorité des volumes, notamment à travers les rénovations lourdes, les repositionnements de gamme et l’émergence de concepts lifestyle, la restauration de son côté constitue l’autre pilier du marché, portée par le renouvellement fréquent des concepts et la nécessité de se distinguer dans des environnements très concurrentiels. Au sein de ces deux univers, le mobilier devient un élément structurant du récit de marque et de l’expérience utilisateur.

Hôtel Maison Hamelin par Maison Malapert et Groupe Kerstone / Resistub Production & SOCA © Christophe Bielsa

Un parc hôtelier en pleine reconfiguration

Avec près de 690 000 chambres réparties sur 17 000 établissements, le milieu hôtelier français figure parmi les plus développés d’Europe. Bien que sa croissance soit contenue, le marché connaît une profonde reconfiguration : l’hôtellerie traditionnelle recule, tandis que les segments haut de gamme, luxe et lifestyle affichent une dynamique nettement plus soutenue, traduit par des attentes en matière de design, de qualité et de singularité des espaces. La rareté du foncier et la hausse des coûts de construction obligent à investir dans des projets de rénovation, de transformation et de montée en gamme au sein des établissements existants. Une évolution qui renforce le rôle du mobilier et de l’agencement dans la valorisation de ces lieux.

OKKO Hotels par EROZ Architecture / BURIE (groupe HASAP), Resistub Productions, Alki, Drugeot Manufacture, Etoffes, Komut, ADOVA

Design, durabilité et services comme leviers de valeur

Dans le secteur contract, la réussite d’un projet se joue très tôt. La prescription intervient dès les phases de conception et de chiffrage, lorsque se définissent les choix structurants en matière de concept, de standards et de coûts. Architectes d’intérieur, assistants à maîtrise d’ouvrage et contractants généraux jouent un rôle déterminant dans l’orientation des solutions retenues, bien avant la consultation des fournisseurs. Les fabricants et agenceurs ont donc tout intérêt à se positionner comme de véritables partenaires de projet en adaptant des offres hybrides qui mêlent sur-mesure, production en série et personnalisation. La modularité des espaces, la réparabilité des produits et leur maintenabilité deviennent ainsi des critères décisifs, au même titre que l’esthétique.

Hôtel Les Lumières à Versailles par Kérylos Intérieurs © Amélie Labarthe
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