Décathlon et l'ECAL exposent leur collaboration à Milan
©Bicyclette Exhition x ADI Design Museum

Décathlon et l'ECAL exposent leur collaboration à Milan

Dans le cadre de l'exposition « Bicyclette : Un autre tour entre la France et l'Italie » visible jusqu’au 8 décembre à Milan, deux vélos nés de la collaboration entre la marque française Décathlon et l'école Suisse ECAL, sont présentés. L'occasion de poser 5 questions à Tristan Care, designer en charge du projet.

De l'objet de loisir occasionnel au moyen de transport quotidien, en passant par le sport, le vélo est aujourd'hui et plus que jamais un phénomène social. Cargo, de route, électrique, d'intérieur, tout terrain, handisport, et même pliant, ses déclinaisons l'ont rendu accessible à presque toute la population. Originaire de France et très vite répandu en Italie, le deux-roues musculaire est mis à l'honneur dans une exposition milanaise nommée « Bicyclette : Un autre tour entre la France et l'Italie. » Deux après « Bicyclette(s), faire des vélos » présenté à la Cité du design de Saint-Etienne, Nodesign et Matteo Ragni ont souhaité proposer un aperçu de sa diversité stylistique. Réunis à Milan jusqu'au 8 décembre, 70 vélos rapprochent les racines historiques de cet objet devenu incontournable, et ses innovations techniques. Parmi ceux mis en avant, GALVA et E-VENTURE, tous deux issus du projet de conception « Sortir du cadre » mené par des étudiants de l'ECAL aux côtés de Décathlon. Une collaboration menée par Tristan Care, design leader des vélos trekking de la marque, et initiée sur fond d'éco-conception. Une thématique qui trouve ici toute sa place. « La bicyclette a toujours été au centre des préoccupations des inventeurs et des visionnaires. » note Mario Ragni. Raison de plus pour inscrire dans l'histoire de cet objet, la création de demain.

©Bicyclette Exhition x ADI Design Museum

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Pouvez-vous nous expliquer ce choix de travailler avec l'ECAL pour ce projet, « Sortir du cadre » ?

C'est une initiative qui a été lancée par l'équipe de vélo trekking dans la perspective de notre prochaine gamme qui sortira à la fin du mois de février 2025. Il y avait cette volonté de nous ouvrir à d'autres ressources et d'avoir une vision neuve notamment sur la thématique de l'éco-conception. C'est une école que Décathlon avait identifiée comme intéressante en raison de sa réputation d'une part, et de la capacité des étudiants à proposer des concepts forts d'autre part. C'était là le sens du projet, ne pas rester cantonner à ce qui est classiquement fait, mais comme l'indique le nom du projet : sortir du cadre ! Et puis, étant moi-même diplômé de l'ECAL, il y avait également un petit affect...

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Comment avez-vous travaillé avec les étudiants sur la thématique du vélo dont ils ne maîtrisaient pas nécessairement les codes ?

Les vélos sont effectivement des produits très techniques et complexes qui intègrent de nombreuses pièces. Nous avons donc mené une phase d'introduction et d'accompagnement les premiers jours puis de manière plus occasionnelle au cours des six mois de projet. Nous nous sommes assez rapidement mis en retrait. Comme nous attendions des idées fortes, nous voulions rester neutres. Nous gardions seulement un regard distant sur les projets pour les aider en cas de besoin, et nous assurer que les idées restaient réalistes. Nous voulions éviter des propositions trop candides comme le bois par exemple qui n'est pas toujours la meilleure solution.

Parmi les choses particulièrement intéressantes à observer, il y avait la pluralité des projets. Dans cette classe, il y avait 10 nationalités différentes et les sensibilités étaient de fait très variées. La preuve que le vélo devait être réinterprété assez librement pour être diversifié.

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Le thème de l’éco-conception était au cœur de ces réinterprétations. Comment cela s'est-il traduit ?

Avant tout, nous voulions éviter que les étudiants questionnent l'usage. Le but était de travailler uniquement la cible, à savoir, le vélo. Pour cela, nous leur avons mis à disposition nos ressources d'évaluation des émissions de CO2 en fonction des matériaux, et nous avons fait intervenir des techniciens pendant deux jours. Le but était de les épauler sur les questions de conception et de fonctionnalité. Sur les sept projets présentés numériquement, deux ont gagné et les créateurs sont venus au Btwin village de Lille pour fabriquer leurs prototypes avec nos équipes. Une autre manière de se confronter aux contraintes de l'éco-conception.

©Décathlon x ECAL

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En quoi les deux concept-bikes sélectionnés étaient-ils novateurs ?

Chacun à leur manière, ces deux modèles questionnaient le process de fabrication. Le premier, GALVA, réalisé par Justus Hilfenhaus et Jiahao Huang, questionnait la matière en remplaçant l'aluminium habituel par de l'acier, un métal beaucoup plus lourd, mais bien moins polluant. L'allure très squelettique du cadre et la place centrale de la batterie dans une coque galvanisée nous ont plu. Il y avait un côté très technique et sans superflu intéressant. Tout comme la volonté de galvaniser le métal, un procédé plus polluant, mais qui sur le long-terme est extrêmement résistant.

Pour E-VENTURE imaginé par Gabriella Duck Garnham, Aurelia Pleyer et Yichen Wu, nous avons aimé l'idée de supprimer tout le superflu notamment plastique en le remplaçant par des pochettes flexibles et légères en textile. Il y avait également un aspect de valorisation puisque les tissus provenaient de chutes de produits Décathlon.

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Ces projets dessinent de nouvelles pistes de questionnements. Seront-ils source d'inspiration ?

Certains prototypes confirment plus ou moins certaines de nos pistes de réflexions. Dans nos équipes, chaque personne a vu dans ces concept-bikes des parallèles avec sa propre spécialité. Néanmoins, notre collaboration n'avait pas pour but de produire des vélos à commercialiser tels quels. Nous changerions beaucoup de choses en interne, car ce projet restait exploratoire. À titre de comparaison, nous travaillons actuellement sur des vélos dont la sortie est prévue courant 2028. Il faut donc avoir un coup d'avance et c'était aussi pour ça que c'était intéressant de collaborer avec l'ECAL, afin de connaître leurs visions. C'est d'ailleurs ce qui a orienté les choix du GALVA et de l'E-VENTURE. Nous ne cherchions pas forcément les vélos les plus réalistes, mais plutôt ceux qui soulevaient des questions pour montrer que l'on peut aller plus loin dans nos réflexions.

©Décathlon x ECAL
Rédigé par 
Tom Dufreix

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© Matteo Girola

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