La chaise Luxembourg, anatomie d’une icône contemporaine
Créée en 2003 par le designer français Frédéric Sofia et éditée par Fermob dès 2004, la chaise Luxembourg a su s’imposer avec discrétion et élégance aux quatre coins du monde.
De la Bibliothèque Nationale de France Richelieu au Art Institute de Chicago en passant par le Humbolt Forum de Berlin, elle a su incarner l’art de vivre à la française et s’affirmer comme l’une des grandes icônes françaises du mobilier outdoor. Réinterprétation de la chaise historique Sénat du Jardin du Luxembourg, elle s’inscrit dans une longue tradition du “redesign”, et s’en émancipe avec élégance par un design minimaliste et sensible, qui a su convaincre au-delà des frontières.
Une genèse audacieuse pour un design résolument contemporain.
Frédéric Sofia soumet dès 2003 à Fermob son idée de transformer en profondeur la chaise Sénat, dans laquelle il voit un terrain de création ludique et contemporain. Il souhaite faire basculer un objet peu confortable à la conception rudimentaire vers une véritable pièce design outdoor. Selon Frédéric Sofia, l’inspiration principale est la chaise Sim de Jasper Morrison (créée en 1999 pour Vitra), elle-même un “redesign” de la 40/4 de David Rowland (créée en 1964), saluée pour sa sobriété radicale. La chaise Luxembourg s’inscrit également dans l’héritage de Philippe Starck et la lampe Miss Sissi pour Flos (1991), dont la forme parle de mémoire collective, concept cher au designer. De ces influences naît la volonté d’explorer un design au croisement entre fonctionnalisme et biodesign, explorant l’équilibre entre rigueur géométrique et biomorphisme.
Un design sensible, entre fonctionnalisme et biodesign.
La chaise Luxembourg se caractérise par un design épuré, et s’émancipe résolument de l’icône patrimoniale qu’est la chaise Sénat. Ancré dans une recherche entre minimalisme industriel et sensibilité organique, les lignes deviennent aériennes, l’ergonomie est complètement repensée et la large gamme chromatique (26 coloris) s’ouvre vers un horizon profondément contemporain. Inspirée par le vivant, sa souplesse évoque le mouvement et le flux, là où la chaise Sénat demeure inerte dans son époque. Traversé par une volonté d’introduire un vent de jeunesse dans la conception même du produit, Sofia choisit dans un geste radical d’intégrer un embout transparent sur le piètement, complètement inédit dans l’univers du mobilier. Inspiré des roues de skateboard, celui-ci parachève un design qui souhaite s’affranchir de toute pesanteur, sans oublier ses origines.
Cette réflexion est prolongée dans l’ensemble de la gamme Luxembourg, qui comprend aujourd’hui bridges, repose-pieds, bancs, tables, tout en restant dans une logique harmonieuse et une cohérence esthétique et conceptuelle. Le bridge conjugue esthétique industrielle et joyeux décalage inspiré par le jeu, dont l’accoudoir est la pièce signature. Dessiné en forme d’ailette, son assemblage audacieux donne l’impression qu’il serait enfilé sur la structure, comme une perle. Ce principe sera décliné pour la table à pied central, et deviendra central dans la cohérence visuelle et l’unité de gamme. Enfin, l’utilisation de l’aluminium parachève une vision industrielle et ergonomique de l’outdoor. Léger, résistant malléable et d’une recyclabilité infinie, ce matériau d’exception traduit une considération profonde pour la fonction première du produit, et aux services rendus par celui-ci.
La “citation silencieuse”, un principe intemporel.
Dans l’histoire du design, nombreux sont les exemples de pièces qui évoquent leurs sources historiques, et qui s’en émancipent par une forte singularité créative. Ce principe que l’on pourrait appeler la “citation silencieuse” se retrouve chez Marcel Breuer, dont la Cesca (1928) est inspirée de la chaise Thonet (1859), ou encore Philippe Starck et sa chaise Ghost (2003), relecture de la chaise à médaillon du XVIIIème siècle. Ce phénomène s’observe également dans l’automobile, avec la New Beetle de Volkswagen (1998), réinterprétation de l’iconique Coccinelle des années 1960 ; ou encore dans le design industriel lorsque Jonathan Ive s’inspire des radios de Dieter Rams des années 1950 pour concevoir les iPods d’Apple dans les années 2000.
L’art du redesign a traversé les décennies, et Frédéric Sofia s’inscrit dans la volonté d’une sublimation de celui-ci. L’inspiration est transformée en œuvre nouvelle, et les échantillons prélevés font émerger une forme neuve et pleinement accomplie. D’un archétype né un nouveau mythe, présent aux quatres coins du monde, nouvelle icône incarnant l’art de vivre à la française. Depuis 2009, la chaise Luxembourg est intégrée à la Collection du Centre National des Arts Plastiques puis au Mobilier National en 2021. Elle est aujourd’hui la preuve que l’histoire et l’héritage peuvent s’entrelacer avec innovation et création, dans un élan émancipateur et poétique.
Avec THREE, sa nouvelle collection résidentielle de rideaux, et Loux, une série de tapis en lyocell, Kvadrat poursuit un travail engagé depuis plus d’un demi-siècle : faire du textile non plus un simple accompagnement de l’architecture, mais une matière capable de la transformer.
Un rideau n’est jamais tout à fait un rideau chez Kvadrat. Il filtre la lumière, modifie la perception d’un volume, dessine une limite sans l’enfermer. Il peut même devenir une forme, presque une présence. La marque danoise aurait pu se contenter d’occuper la place confortable que lui ont offerte, depuis sa création en 1968, la qualité de ses textiles, la précision de ses couleurs et ses collaborations avec quelques-uns des grands noms de la création contemporaine. Elle a préféré considérer chaque nouvelle collection comme un terrain de recherche.
THREE - Kvadrat by Jannick Pihl Rasmussen
Chez Kvadrat, la technique n’intervient pas après l’idée pour lui donner corps. Elle participe à sa naissance. Par une intention. ET même, une forme. Isa Glink, directrice de la création de Kvadrat Residential, résume ainsi une méthode où le dessin, la fibre, le tissage, les traitements de surface, la couleur, la lumière, la performance et la circularité appartiennent à un même processus. Ce qu’elle nomme « l’intelligence matérielle » consiste précisément à regarder le textile assez profondément pour comprendre ce qu’il peut encore devenir.
DE LA SURFACE AU VOLUME
Présentée à Copenhague lors de 3daysofdesign 2026, la collection THREE porte cette démarche jusque dans son titre. Son point de départ est une surface ; son véritable sujet, la manière dont celle-ci acquiert une troisième dimension. Drapés, pliés, tendus ou cadrés, les rideaux ne sont plus exposés comme des échantillons mais comme des sculptures souples, capables de définir et d’activer l’espace. La collection explore ainsi le chanvre, la laine, le coton biologique ou le lin, mais aussi des fibres techniques choisies pour leurs performances, en sollicitant les qualités propres de chaque matière plutôt qu’en cherchant à les dissimuler.
THREE
Les gestes de la confection y sont valorisés, mis en scène, et non dissimulés.. Un pli traditionnel change d’échelle jusqu’à devenir une fonction architecturale. Une surpiqûre, une fermeture ou une tension ne relève plus du détail décoratif, mais construit un rythme, une profondeur, une manière nouvelle de suspendre le tissu. L’influence de la mode est perceptible, sans que Kvadrat adopte pour autant sa logique saisonnière et, donc, éphémère. Il ne s’agit pas de produire un effet destiné à être remplacé, mais d’inventer un vocabulaire appelé à durer.
Cette recherche se lit dans Tetra, dont le tissage ajouré et les fils de laine densément feutrés produisent une structure à la fois aérienne et tridimensionnelle. Dans Sky Cloud également, mélange de chanvre, de coton et de laine au toucher presque papetier. Ou encore dans Kajak et Stream Line, qui traduisent le mouvement de l’eau et l’apparition intermittente des lignes sous l’effet de la lumière. La palette elle-même oscille entre des tonalités minérales (sel, bois flotté, roche volcanique) et des couleurs plus franches, presque électriques. La couleur n’est jamais posée sur la matière. Elle naît avec elle.
THREE - Tetra
SAVOIR-FAIRE, SANS L’OSTENTATION
Avec Loux, Kvadrat aborde le sol selon une logique différente mais avec la même attention portée à la relation entre matière, lumière et mouvement. Les six tapis de la série sont entièrement réalisés en lyocell, fibre de cellulose régénérée dont la finesse évoque la soie. Leur densité (2,7 millions de fils par mètre carré) produit une surface particulièrement douce, dont les reflets évoluent selon l’angle de vue. Trois constructions sont proposées : un velours coupé uniforme, une alternance linéaire de boucles et de velours, et un relief sculpté à la main. Le luxe ne tient donc ni au motif ni à l’accumulation, mais à la richesse de l’expérience tactile.
Cette manière de partir de la matière plutôt que de l’image dit beaucoup de la philosophie de Kvadrat. La circularité n’y est pas traitée comme une esthétique reconnaissable, encore moins comme un supplément de vertu ajouté au produit une fois celui-ci dessiné. Elle devient un paramètre de conception parmi les autres : choix de monomatériaux lorsque cela est possible, réingénierie de références existantes, recours aux matières recyclées, réparabilité et prolongement de la durée d’usage. La stratégie de la marque associe ainsi innovation environnementale, maintenance et modèles de service destinés à conserver les produits plus longtemps.
Car un textile durable n’est pas seulement un textile dont la composition rassure. C’est aussi un textile que l’on désire conserver. Parce qu’il possède une présence, une intelligence et une capacité à continuer de dialoguer avec l’espace. En cela, Kvadrat défend une position assez rare : celle d’une entreprise profondément technique qui ne sépare jamais la performance de l’émotion, la recherche de l’usage ou la matière, du design.
Présentée à Milan lors du dernier Salone del Mobile, CORA marque la première collaboration entre Unopiù et Federica Biasi. Une collection complète dans laquelle le teck, la corde et des volumes généreux composent un paysage domestique pensé pour ralentir le temps.
À Milan, le mobilier outdoor a une nouvelle fois cherché à effacer les frontières entre la maison et le jardin. Avec CORA, Unopiù ne se contente pourtant pas de transposer au-dehors les codes du salon intérieur. La marque italienne préfère considérer la terrasse comme un espace habité à part entière, avec ses propres matières, ses usages et son rapport particulier au temps.
Unopiù - Cora Credit : Thomas Pagani
Confiée à Federica Biasi, la nouvelle collection repose sur un équilibre que la designer cultive depuis ses débuts : associer la précision de la production industrielle à la sensibilité du geste artisanal. La structure en teck trace ainsi une architecture sobre, presque en retrait, tandis que le tressage en corde de polypropylène vient en assouplir les lignes. L’un construit, l’autre relie. De leur rencontre naît une collection dont l’identité tient moins à un effet formel qu’à la justesse de ses proportions.
LA TRAME DU CONFORT
Le mérite de CORA est précisément de ne pas confondre générosité et lourdeur. Fauteuils et canapés adoptent des assises profondes, accompagnées de coussins aux tonalités naturelles, mais conservent une certaine légèreté visuelle. Le tressage ménage des respirations dans la structure, tandis que les lignes horizontales installent une présence calme dans le paysage.
Unopiù - Cora / Credit : Thomas Pagani
Cette recherche d’un confort enveloppant se décline à travers une chaise et une table ronde destinées au repas, un fauteuil, un canapé deux places, un transat simple ou double ainsi qu’une île bain de soleil. Plus qu’une succession de typologies, CORA compose un véritable vocabulaire permettant d’accompagner les différents moments de la journée : déjeuner, recevoir, lire ou simplement ne rien faire. La collection s’adresse ainsi aussi bien aux espaces résidentiels qu’aux projets hôteliers, où le mobilier extérieur doit désormais conjuguer hospitalité, résistance et cohérence architecturale.
Unopiù - Cora / Credit : Thomas Pagani
Unopiù - Cora / Credit : Thomas Pagani
CORA s’inscrit plus largement dans le projet collectif présenté par Unopiù à Milan, pensé comme un « Journal de Voyage » dans lequel plusieurs designers sont invités à porter un regard personnel sur l’héritage de l’éditeur. Federica Biasi en livre ici une interprétation retenue et tactile, fidèle à son goût pour les savoir-faire vernaculaires autant qu’à la culture méditerranéenne de la marque. Une manière de rappeler que le mobilier outdoor n’a pas nécessairement besoin de s’imposer pour prendre place dans le paysage.
À La Baule, rien n’est tout à fait neutre. Les villas, les institutions et les usages ont composé au fil du temps un imaginaire si puissant que toute tentative de l’évoquer prend le risque d’en forcer les traits. Donner une identité locale à un hôtel neuf sans le déguiser en vieille maison de bord de mer, tel est, en substance, le défi relevé avec intelligence et subtilité par Dorothée Delaye.
À La Baule-les-Pins, Les Cimes Bleues viennent d’ouvrir dans un bâtiment contemporain de sept étages, aux façades courbes dessinées par l’agence bauloise Bureau Gimbert Comy. Première adresse de La French Collection, la marque hôtelière du Groupe Giboire, l’établissement réunit 101 chambres, un spa, un bar et le restaurant Scapa. Une échelle suffisante pour que le décor ne puisse se contenter d’un effet de manche.
Dorothée Delaye n’est pas bauloise. C’est sans doute ce qui lui a permis d’observer la station avec la juste distance, en évitant aussi bien la carte postale que l’indifférence au lieu. Elle retient moins ses signes les plus évidents que ce qui structure réellement son art de vivre : le sport, les clubs, le Jumping, la voile, le tennis et le golf. Autant de codes familiers aux habitants comme aux visiteurs, transformés en vocabulaire plutôt qu’en accessoires décoratifs. « Sport chic » constitue ainsi le fil rouge du projet, mais chaque espace en propose sa propre interprétation.
Dans le lobby, cœur social des Cimes Bleues, l’architecte d’intérieur installe l’atmosphère d’un club-house baulois contemporain. L’atrium végétalisé adoucit la hauteur du volume, tandis que les courbes du mobilier, les colonnes gainées de cuir, les tables en pierre, pâte de verre ou bronze et les textiles Pierre Frey et Élitis composent un paysage dense, mais jamais démonstratif. Les motifs de balles de golf, les rayures et quelques évocations marines (jusqu’au lustre monumental ponctué de bouées d’amarrage) sont suffisamment présents pour raconter La Baule, suffisamment décalés pour ne jamais la singer.
Cette même grammaire change d’accent chez Scapa. Pensé à l’origine comme le prolongement du club-house, le restaurant a pris une tonalité plus italienne lorsque sa carte s’est précisée. Dorothée Delaye y imagine une sorte de brasserie milanaise-bauloise, nourrie par l’Italie des années 1970 et par Carlo Scarpa. Terracotta, tonalités chocolat, bois, céramique et motifs presque cinétiques réchauffent un bâtiment que ses larges baies auraient pu rendre froid. Le lieu est enveloppant, fragmenté en différentes perspectives et banquettes, afin que l’on oublie rapidement ses dimensions.
Dans les chambres, le sport devient plus graphique. Vert Wimbledon, bleu Atlantique et orange terre battue distinguent les différentes ambiances. Les têtes de lit, les luminaires, les tables et les rangements ont été dessinés pour le projet. Les portes de dressing évoquent les tracés d’un court de tennis, tandis que certaines tablettes reprennent librement la forme des greens. Le procédé aurait pu devenir systématique. Il reste pourtant léger, tenu par une palette subtilement charmante et par la précision du sur-mesure.
Car presque tout, ici, a été conçu spécifiquement. Dorothée Delaye s’appuie sur trois designers intégrés à son studio pour dessiner chaises, banquettes, têtes de lit ou abat-jour. Cette production dédiée répond certes à une réalité économique de l’hôtellerie, mais elle constitue surtout un outil de singularité : les pièces créées pour Les Cimes Bleues ne seront pas déplacées, six mois plus tard, dans une autre adresse.
Au spa Alaena, enfin, le récit s’éloigne des terrains de sport pour rejoindre la nature. Inspiré par la « golden hour », l’espace associe pierre, fibres naturelles, bronze, jaune doré et rose dans une lumière volontairement flatteuse. Dorothée Delaye prend ici le contre-pied du spa blanc et clinique pour fabriquer un sas, une bulle chaude où l’expérience commence avant même le soin.
Si les Cimes Bleues accueilleront toute l’année vacanciers, familles, séminaires, mais aussi Baulois venus boire un verre ou dîner, son principal est aussi de ne jamais afficher cette hybridité comme un programme. L’hôtel paraît déjà habité. En donnant à chaque espace son histoire sans jamais surligner le scénario, Dorothée Delaye parvient à ancrer un bâtiment neuf dans une culture locale. Non pas en reconstituant La Baule, mais en lui donnant une nouvelle adresse incontournable.
Du 18 au 30 septembre, la septième édition de France Design Week se déploiera dans toute la France avec une programmation portée par les acteurs du design. Placée sous le thème « D comme Design, D comme Défi », cette nouvelle édition entend mettre en lumière le rôle du design face aux transitions environnementales, sociales, industrielles et technologiques.
Du 18 au 30 septembre, la septième édition de France Design Week se déploiera dans toute la France avec une programmation portée par les acteurs du design. Placée sous le thème « D comme Design, D comme Défi », cette nouvelle édition entend mettre en lumière le rôle du design face aux transitions environnementales, sociales, industrielles et technologiques. Coordonnée par l'APCI – Agence pour la Promotion du Design, France Design Week poursuit son ambition de fédérer l'ensemble de l'écosystème du design français autour d'un temps fort commun. Expositions, conférences, visites de studios, portes ouvertes, ateliers ou rencontres rythmeront deux semaines de programmation sur l'ensemble du territoire. Après une édition 2025 qui avait réuni plus de 322 000 visiteurs autour de 700 événements, le festival souhaite monter en puissance lors de cette septième édition.
Cette année, l'APCI a choisi la designer industrielle Ionna Vautrin comme marraine. Diplômée de l'ENSCI – Les Ateliers, la designer s'est imposée par une pratique attentive aux usages, développée aussi bien pour l'industrie que pour les équipements publics ou le patrimoine, des lampes des espaces TGV au mobilier liturgique de Notre-Dame de Paris évoqué dans le numéro 218 d’Intramuros. Un parcours qui fait écho au thème annuel, « D comme Design, D comme Défi », et qui invite designers, agences, écoles, entreprises, institutions et collectivités à présenter des projets répondant aux enjeux contemporains. Parmi eux, la transition écologique, l’inclusion, la santé, l’apprentissage, mais également des thématiques régulièrement mises au centre de la table comme le vieillissement de la population ou l'intelligence artificielle. « Le regard porté sur le design est souvent biaisé. Derrière le design, il y a une collectivité de personnes qui pensent et conçoivent des réponses dans des domaines très différents », souligne la designer.
Un rendez-vous national qui affirme la place du design
France Design Week est née dans le prolongement des Assises nationales du design de 2019 et s'est progressivement imposée comme le principal rendez-vous fédérateur du secteur. Pour la troisième année consécutive, la manifestation bénéficie du Haut Patronage du Président de la République. Dans son éditorial, Emmanuel Thouan, président de l'APCI, rappelle que cette reconnaissance doit surtout être l'occasion de réaffirmer la place du design dans les politiques publiques et les stratégies de transformation des organisations. Selon lui, le design constitue aujourd'hui une compétence stratégique, capable d'accompagner les mutations économiques, industrielles, sociales et démocratiques.
Le lancement national aura lieu le 18 septembre à Paris, avec un parcours organisé en lien avec Paris Design Week comprenant notamment une visite de Notre-Dame de Paris et la remise du France Design Impact Award. La clôture se tiendra quant à elle le 30 septembre à Saint-Étienne, dans la nouvelle Galerie nationale du design inaugurée cette année, où seront présentés le bilan de cette édition et les perspectives du festival. Et d’ici là, voici un échantillon d'événements que nous avons repérés pour vous :
Auvergne-Rhône-Alpes - Saint Martin d’Hères
Exposition : Le design au défi des transitions écologiques et sociales
À l’heure où les enjeux écologiques et sociaux redéfinissent nos modes de vie, comment le design peut-il contribuer à imaginer des réponses concrètes et durables ? À travers cette exposition-rencontre, l’UGA Design Factory dévoile les projets, méthodes et expérimentations qu’elle déploie sur le territoire grenoblois pour accompagner les transitions. Entre conférence et déambulation, le public découvrira comment le design, la recherche et l’action territoriale contribuent à accompagner les transitions écologiques et sociales.
Bourgogne-Franche-Comté - Chalon-sur-Saône
Atelier : SANTE : Soigner l’expérience patient en 2040
À quoi pourrait ressembler l’expérience patient en 2040 dans un hôpital où l’intelligence artificielle serait omniprésente ? À travers cet atelier les participants sont invités à explorer les futurs possibles du soin en incarnant différents acteurs du système de santé. Entre innovation technologique, enjeux éthiques et relation humaine, les échanges questionneront la place de l’IA dans l’accompagnement des patients et identifieront ce qui devra, malgré les évolutions à venir, rester profondément humain dans l’expérience de soin.
Bretagne - Brest
Territoires Souples — Design textile en Bretagne
À la croisée du design, de l’art et de l’artisanat, l’exposition « Territoires Souples » explore les liens entre matières, savoir-faire et territoire breton. À travers des œuvres textiles collectives réalisées à partir de ressources locales, elle révèle une cartographie sensible de la Bretagne, façonnée par les gestes, les paysages et les rencontres. Feutrage monumental, vidéo documentaire et tissage collaboratif témoignent d’une démarche où création, transmission et ancrage territorial se tissent ensemble.
Centre-Val de Loire - Tours
Formation : DESIGN & ICC : Comment se lancer en tant qu’entrepreneur ?
Vous souhaitez transformer une idée créative en projet entrepreneurial ? Ce webinaire propose aux étudiants, jeunes diplômés et porteurs de projets de découvrir les premières étapes pour entreprendre dans les industries culturelles et créatives. En 1h30, les participants exploreront les enjeux, opportunités et ressources clés pour structurer leur activité et donner vie à leurs ambitions professionnelles dans le secteur du design.
Grand Est - Meisenthal
Exposition : IMPRESSION
À travers « Impression », les designers brésiliens TomaziCabral explorent une rencontre singulière entre la tradition du tressage de fibres végétales et l’art verrier de Meisenthal. Utilisés comme moules pour le soufflage du verre, les paniers se consument parfois sous l’effet de la chaleur, laissant leurs motifs et leurs textures imprimés dans la matière. Entre expérimentation, savoir-faire et dialogue interculturel, l’exposition révèle la poésie d’un processus où la disparition devient création.
Hauts-de-France - Lens
Conférence : Quand une marque devient une destination
Pourquoi certaines marques deviennent-elles des lieux que l’on a envie de visiter, de recommander et de mémoriser ? À travers cette conférence, Mariia Kulichkova explore les liens entre branding, hospitalité et expérience pour comprendre comment une entreprise peut devenir une véritable destination. En croisant les codes du design, du tourisme et de l’accueil, cette rencontre interroge le rôle du design dans la création d’expériences mémorables et dans l’attractivité des marques comme des territoires.
Île-de-France - Saint-Denis
Atelier : R comme... racines, récits, rencontres
Comment le design peut-il favoriser le dialogue et renforcer le vivre-ensemble dans un territoire aussi riche de ses diversités ? À travers une journée d’échanges, de découvertes et de création collective, le Laboratoire de l’innovation du Conseil départemental de la Seine-Saint- Denis invite le public à explorer les liens entre identités, mémoires et action collective. Entre projets inspirants et atelier graphique participatif, cette rencontre propose de croiser les regards et d’imaginer de nouvelles façons de faire société ensemble.
La Réunion - Étang Salé
Conférence : Quand le design fait bouger la ville
Venez découvrir comment l’aménagement de l’espace public devient un outil d’inclusion, d’attractivité et de dynamisation par le design actif. Durant une matinée, les 5 grands principes du design actif seront abordés au travers d’exemples concrets identifiés dans l’île. Le design actif met ainsi au défi de faire bouger toutes les villes et toute l’ile.
Martinique
Conférence : Le design circulaire, pour quoi faire ?
Face aux enjeux environnementaux et à la raréfaction des ressources, le design circulaire s’impose comme une approche incontournable. Cette conférence propose d’explorer ses principes, ses applications concrètes et les opportunités qu’il offre aux organisations. Une rencontre pour comprendre comment le design peut contribuer à imaginer des produits, services et systèmes plus durables, en repensant les cycles de production, d’usage et de réemploi.
Normandie - Rouen
Atelier : Le design et ses déclinaisons dans l’éducation
Comment le design a-t-il accompagné l’évolution des pratiques éducatives au fil du temps ? À travers une visite exceptionnelle de ses réserves, le musée national de l’Éducation invite le public à découvrir une sélection de mobilier scolaire et d’objets issus de ses collections. Une plongée dans l’histoire du design appliqué à l’apprentissage, révélant comment les formes, les usages et les espaces éducatifs ont évolué au fil des génération
Nouvelle-Aquitaine - Saint-maixent-l’école
Atelier : Défi ta com’ : et si tes supports étaient plus efficaces ?
Et si quelques ajustements pouvaient rendre votre communication plus claire, plus cohérente et plus efficace ? À travers un atelier participatif, commerçants, artisans, indépendants et dirigeants sont invités à porter un regard neuf sur leurs supports de communication du quotidien. Cartes de visite, flyers, devis, vitrines ou sites web serviront de point de départ pour identifier les points forts, repérer les axes d’amélioration et repartir avec des conseils concrets pour gagner en impact auprès de leurs clients.
Occitanie - Montpellier
Festivités : Nuit Orange
Le temps d’une soirée, le musée Fabre invite le public à découvrir l’exposition « Le design selon Pierre Paulin » sous un angle festif et immersif. Visites guidées, ateliers, spectacle et danse rythmeront cette Nuit Orange, pensée comme une célébration conviviale du design. Une occasion de vivre le musée autrement, en famille ou entre amis, et de porter un regard inédit sur l’œuvre de l’un des plus grands designers français.
Pays de la Loire - Le Mans
Atelier : Initiation à la risographie et au design graphique
Comment créer des compositions graphiques à la fois structurées, libres et originales ? Cet atelier d’initiation au design graphique et à la risographie invite les participants à explorer la grille de composition, un outil fondamental de la mise en page, à travers une approche expérimentale et créative. En lien avec l’exposition « The Yellow Grid » de Macula Nigra, chacun pourra concevoir puis imprimer ses propres créations en risographie, une technique artisanale aux rendus singuliers et colorés.
Provence-Alpes-Côte d’Azur - Marseille
Conférence : Qui conçoit les machines qui nous façonnent ?
Qui décide de la forme des technologies qui influencent nos comportements au quotidien ? À travers cette conférence, Anthony Masure propose une réflexion critique sur les dispositifs d’intelligence artificielle et les logiques qui orientent leur conception. En explorant leurs effets sur nos usages, notre attention et nos relations, il montrera comment le design peut devenir un outil d’analyse et d’action pour imaginer des environnements numériques plus conscients, plus responsables et plus humains.