Découvrez les lauréats de la Design Parade 2023
Lou Cabanoun par Marisol Santana et Emily Chakhtakhtinsky, prix du Mobilier National / Chambre tapissée pour cigale en hiver, Clément Rosenberg, Grand Prix du jury Van Cleef & Arpels / Les heures chaudes, Théophile Chatelais et Hadrien Kriepalmarès, prix du public de la ville de Toulon

Découvrez les lauréats de la Design Parade 2023

La Design Parade vient de dévoiler son palmarès 2023 , en design à Hyères et en architecture d’intérieur à Toulon, pour sa 17e et 7e édition respectives. Un des concours les plus dotés du secteur, véritable promoteur de talents.

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À Hyères, la Villa Noailles accueille la Design Parade depuis 2006. Fondé et dirigé par Jean-Pierre Blanc et présidé par Pascale Mussard, le festival est composé de deux parties depuis 2016, avec une partie design à Hyères et une partie architecture d’intérieur à Toulon. L’objectif reste le même depuis le début : offrir à 20 jeunes créateurs une vitrine et un accompagnement complet pour la réalisation de leur projet. Les lauréats sont annoncés dans les premiers jours de festival, mais les expositions sont ouvertes au public tout l’été jusqu’au 3 septembre pour celles de Hyères et jusqu’au 5 novembre pour celles organisées à Toulon.

Cette année, le jury  était présidé d’une part par Aline Asmar d’Amman pour les prix d’architecture d’intérieur à Toulon, accompagnée de Victoire de Taillac, Gay Gassmann, Pierre Hermé, Judith Housez Aubry, Oliver Jahn, Rabih Kayrouz, Agnès Liely, Harry Nuriev et Tyler Billinger, Lindsey Tramuta, Madeleine Oltra et Angelo de Taisne (cf Intramuros 214). Pour la section design à Hyères, c’est Noé Duchaufour-Lawrance qui a été choisi pour présider le jury composé de Guillaume Bardet, Clara Le Fort, Marion Mailaender, Jean-Marie Massaud, Luca Nichetto, Astrid Rovisco Suzano, Bas Smets et du duo Claire Pondard et Léa Pereyre. Chaque président a également sa propre exposition.

Lauréats en design

Le Grand Prix du jury et du public à Hyères décernés à Yassine Ben Abdallah

Le parcours de Yassine Ben Abdallah n’est pas des plus communs, et c’est ce qui forme la richesse de son approche du design. Formé à Science-Po puis à l’Académie d’Eindhoven, le designer est aujourd’hui basé entre la Réunion et les Pays-Bas. Pour la Design Parade, le designer présentait le projet « Mémoires de plantation », qui se penche sur la disparition des objets appartenant aux esclaves et aux engagés des plantations sucrières de La Réunion. En effet, l’identité culturelle de l’ancienne colonie française a été façonnée par la monoculture de la canne à sucre, mais peu d’objets subsistent à cette histoire, si ce n’est ceux des maîtres. De fait, le sucre, matière première de la plantation, devient ici narrateur de cette absence : Yassine Ben Abdallah subvertit la scénographie habituelle de la muséographie en installant des machettes éphémères en sucre, artefacts disparus des esclaves, face aux objets permanents du maître. Un projet qui touche aux frontières du design et de l’art contemporain, d’une justesse sensible dans la transcription du propos  : un dialogue qui convoque en silence le passé, pour mieux évoquer les interrogations du présent.

Projet Mémoires de plantation, Yassine Ben Abdallah, Grand Prix du jury et du public

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Projet Mémoires de plantation, Yassine Ben Abdallah, Grand Prix du jury et du public © Luc Bertrand

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En tant que lauréat du Prix du Jury, Yassine Ben Abdallah se voit récompenser d’une résidence de recherche d’un an à Sèvres – Manufacture et Musée nationaux ainsi que d’une résidence de recherche d’un an au Centre international de recherche sur le verre et les arts plastiques de Marseille (Cirva) pour la réalisation d’un vase en trois exemplaires. Il est également invité à participer concours en tant que membre du jury et bénéficiera d’une exposition personnelle à Hyères lors de la prochaine édition de la Design Parade, en 2024.

Lucien Dumas & Lou-Poko Savadogo, lauréats du prix Tectona et de la Dotation de la Fondation Carmignac

Le duo composé de Lucien Dumas & Lou-Poko Savadogo présentait la collection Au dixième. « En tant qu’architectes et artisans, nous considérons qu’il n’y a pas de frontière d’échelle, d’usage ou de forme entre un bâtiment et un mobilier. » Dans leur pratique, la fabrication n’est plus séparée de la conception et un détail constructif peut devenir le point de départ d’un projet plus global. Ils envisagent ainsi les pièces de mobilier comme des éléments d’architecture. La collection est le résultat d’une recherche sur l’assemblage du bois par le tissage : les meubles sont composés de petites pièces de bois maintenues entre elles grâce à une corde en papier, qui met en avant la jonction, pour souligner les fondamentaux d’une structure. Une écriture très personnelle, autour d’un « entre-deux » entre architecture et design, très prometteuse pour des résidences annoncées.

Fauteuil Materra-Mantang par Lucien Dumas & Lou-Poko Savadogo, prix Tectona © ArthurCrestani
Collection Au dixième, Lucien Dumas & Lou-Poko Savadogo, prix Dotation de la Fondation Carmignac

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Respectivement lauréats de deux prix, Lucien Dumas & Lou-Poko Savadogo se voient donc doublement récompensés. Lauréats du prix Tectona, mis en place pour la première fois cette année, les dix finalistes devaient imaginer un fauteuil de repas empilable sur le thème « Une pause sous le soleil », avec une seule contrainte technique : utiliser le métal ou un matériau naturel imputrescible. Pour ce prix, le duo lauréat avec leur fauteuil Materra-Mantang recevra un prix de 5.000 euros. En parallèle, le prix de la dotation Carmignac leur permet d’être invités lors d’une résidence à créer un objet en lien avec la philosophie du lieu.

Lauréats en architecture d’intérieur

Le Grand Prix du jury Van Cleef & Arpels décerné à Clément Rosenberg

Designer textile, Clément Rosenberg s’est inspiré de la tradition médiévale de l’art héraldique pour son projet Chambre tapissée pour cigale en hiver, en créant des blasons pour signifier la Méditerranée, qui n’existaient pas jusqu’ici. Il propose ainsi différentes versions afin de rassembler sous un même emblème le littoral hétérogène qui s’étend de Nice à Perpignan. Influencé d’une part par les ressources du territoire, il y ajoute une figure majeure : la cigale qui unit par son chant la Provence à l’Occitanie. Clément Rosenberg choisit de lui rendre hommage en déployant les formes et les couleurs de son blason à l’échelle architecturale grâce à l’emploi de matériaux locaux et de matières nobles. À l’image du cocon sous la terre et des chambres médiévales remplies de tapisseries, il conçoit une pièce entièrement souple, faite de drapés et de tentures.

Chambre tapissée pour cigale en hiver, Clément Rosenberg, Grand Prix du jury Van Cleef & Arpels © Luc Bertrand
Chambre tapissée pour cigale en hiver, Clément Rosenberg, Grand Prix du jury Van Cleef & Arpels

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La dotation Van Cleef & Arpels comprend une bourse de 5 000 euros, un projet de collaboration avec Delisle pour la création d’une pièce d’exception d’une valeur de 10.000 euros, le développement d’un projet créatif avec Codimat, d’un accompagnement en conseil en image et relations presse d’une durée d’un an de la part de l’agence Perrier / Giroire Communication, une résidence de deux semaines dans l’atelier parisien de L’Atelier Mériguet, la création d’une pièce d’une valeur de 10.000 euros avec l’Atelier François Pouenat, d’une résidence de recherche, développement et création d’un prototype au sein de l’atelier Relax Factory ainsi que la participation au concours en tant que membre du jury et d’une exposition personnelle à Toulon en 2024, dans le cadre du festival.

Mention spéciale du Jury de Toulon : Mathieu Tran Nguyen

Le projet l’Oseraie de Mathieu Tran Nguyen met en avant une tradition immémoriale qu’est la vannerie, l’art de tresser les fibres végétales. Rencontre entre esprit méditerranéen et esprit japonais, L’Oseraie rend hommage à ces innombrables objets, utilisés par une large population paysanne, pour ranger, transporter, nettoyer, cuisiner, s’asseoir et dormir. Un art de l’ordinaire, typique d’une Provence rêvée. Cette collection se compose des assises d’osier taillé Botte, d’une marqueterie murale d’osier Écailles, du tapis Canisse, ou encore des luminaires Barigoule en osier tressé. Une mise en espace extrêmement originale, qui par une composition extrêmement structurée, propose un discours très contemporain, évitant habilement les écueils des clichés « d’authenticité » trop souvent liés à la notion de « tradition ».

L'Oseraie, Mathieu Tran Nguyen, Mention spéciale du Jury de Toulon

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Prix Visual Merchandinsing décerné par Chanel pour Arthur Ristor et Anaïs Hervé

Le projet Le palais de Sable d’Arthur Ristor et Anaïs Hervé est un paysage, une carte postale d’un bord de mer, où les souvenirs d’un après-midi à la plage se fondent dans l’architecture fragile d’un décor fantasmé. Des coussins en forme de coquillages viennent se loger dans des architectures rocheuses incrustées d’éclats de mosaïque. Sur de petits guéridons de verre, des perles s’amassent en tas comme des algues rescapées de la marée. Un petit salon en vitrail illumine la pièce de mille couleurs. Les deux univers de la plage et du château ne font qu’un, comme un palais imaginaire sculpté dans le sable.

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Le palais de Sable, Arthur Ristor et Anaïs Hervé, Prix Visual Merchandinsing décerné par Chanel © Luc Bertrand
Le palais de Sable, Arthur Ristor et Anaïs Hervé, Prix Visual Merchandinsing décerné par Chanel

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Pour ce prix, Chanel offre la possibilité de réaliser un projet de création à hauteur de 20 000 euros, en collaboration avec une ou plusieurs Maisons d’art, qui sera exposé lors de l’édition 2024.

Marisol Santana et Emily Chakhtakhtinsky récompensées par le prix du Mobilier National

Le projet Lou Cabanoun de Marisol Santana et Emily Chakhtakhtinsky réunit abeilles et humains dans un espace refuge. Le duo a dessiné une pièce éco-système qui questionne la façon dont le territoire méditerranéen est vivable en étant confronté à l’épreuve climatique actuelle. Lou Cabanoun est inspirée formellement des apiés provençaux et rend hommage à l’abeille noire provençale en empruntant des éléments au monde apicole. Un sanctuaire qui, par sa matérialité, est une interprétation des cabanes de pierres sèches, constructions vernaculaires provençales. Au sein de Lou Cabanoun, les éléments de l’écosystème méditerranéen sont sublimés et sacralisés.

Lou Cabanoun, Marisol Santana et Emily Chakhtakhtinsky, prix du Mobilier National
Lou Cabanoun, Marisol Santana et Emily Chakhtakhtinsky, prix du Mobilier National

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La récompense offre au duo l’occasionde développer un projet créatif avec l’ARC (Atelier de Recherche et de Création) de l’institution. Le prototype sera présenté l’année suivante au sein d’une exposition scénographiée par les lauréats avec l’aide et le soutien du Mobilier national.

Le prix du public de la ville de Toulon décerné à Théophile Chatelais et Hadrien Kriepalmarès

Le projet de Théophile Chatelais et Hadrien Kriepalmarès est une réflexion sur la chaleur et sa gestion par les humains. De fait, pendant les heures chaudes, le soleil est haut dans le ciel et la mer silencieuse. L’air paraît plus épais, les ombres plus courtes et le temps plus long, ce qui impose de rentrer se protéger à l’intérieur de la maison. Le duo a ainsi créer une salle rectangulaire, accolée à la cour, où coule une fontaine intérieure qui permet de rafraîchir l’espace. Le temps d’un été, celle-ci devient le théâtre de nouveaux désirs, de nouvelles manières d’habiter et d’être ensemble. Une question se pose : Comment vivrons-nous lorsque les températures seront trop élevées ? Peut-être faudra-t-il renouer avec d’anciens rituels, en inventer de nouveaux ?

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Les heures chaudes, Théophile Chatelais et Hadrien Kriepalmarès, Prix du public de la ville de Toulon
Les heures chaudes, Théophile Chatelais et Hadrien Kriepalmarès, Prix du public de la ville de Toulon

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Rédigé par 
Nathalie Degardin

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25/9/2026
« Multiples » : une exposition sur la série au BDMMA

Jusqu’au 3 octobre, le Bureau de la Mode, des Métiers d’Art et du Design (BDMMA) présente l’exposition « Multiples ». Un éventail de projets célébrant le design industriel et les nouveaux rapports entre designers et industries.

À l’heure du bilan de la Paris Design Week de septembre, un constat s’impose : le collectible semble régner en maître. Pourtant, le bien que moins instagrammable design industriel n’a pas disparu. Pour réaffirmer son existence, et en guise de contre-pied à la tendance, le Bureau de la Mode, des Métiers d’Art et du Design (BDMMA) présente « Multiples ». Imaginée comme un retour aux fondamentaux, l’exposition n’est pas « un état des lieux du secteur », mais entend « brosser un panorama de recherches et de textures autour de la production en série », explique Frédéric Bouchet, directeur adjoint de l’institution. Cette diversité est réaffirmée par l’intermédiaire de treize studios dont les objets utilitaires et esthétiques célèbrent la production. À travers cette dernière, ce n'est pas l'idée de créer pour créer qui est valorisée, mais l'intelligence de systèmes réplicables et viables.

©BDMMA

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Un nouveau rapport à l’industrie, mais une même idée du design

Si le secteur connaît « un changement d’état », c'est en partie par le bouleversement qui s'est opéré au niveau de la production industrielle. « Le rapport à l’industrie a complètement changé et demande au designer de modifier sa posture, d’être moins attentiste vis-à-vis de la production. Il est désormais amené à s’emparer lui-même des processus ou à détourner des moyens de production pour pouvoir s’inscrire dans l’auto-édition », analyse Frédéric Bouchet. De nouveaux chemins de traverse qui poussent certains designers à s’interroger sur les enjeux liés aux ressources et à la manière dont la matière exploitée entre au service de l’usage. « Il me semble que cette préoccupation s’ancre de plus en plus dans un tissu local, à l’image du travail de Jules Levasseur. Il a amené une entreprise de Bourgogne, où il est installé, à s’intéresser à son projet et, ensemble, ils ont développé le Projet S, réalisé à partir de tôles ondulées. L’enjeu pour lui est aujourd’hui de canaliser la production à son échelle pour sortir le juste nombre de pièces de mobilier. » Mais outre le défi d’adaptabilité économique se pose celui de la réinterprétation formelle et technique. « Comment ne pas rester inféodé à l’édition ? Comment emporter l’industrie locale sur un territoire qui m’est propre tout en générant de la valeur ? Ce sont les deux grandes questions qui transparaissent dans l’exposition, notamment avec le travail de Lila Guédin qui a travaillé des techniques d’assemblage issues de l’industrie pour créer des chaises, ou qui Nicolas Verschaeve qui utilise des manches à outils pour créer de petits objets d’intérieur comme des patères et des porte-manteaux. » Ces captations et réinterprétations de matrices industrielles préexistantes ouvrent de nouvelles portes esthétiques ou techniques. Qu’ils soient édités ou non, les projets sélectionnés par Lucien Icard et Kevin Lebouvier, commissaires de l’exposition et exposants, portent autant d’éclairages différents sur ces nouveaux rapports à l’industrie, favorisant « une certaine épure stylistique d’abord basée sur l’assemblage ».

Une exposition à découvrir au Bureau de la Mode, des Métiers d’Art et du Design, 30 rue du Faubourg Saint-Antoine, dans le 12e arrondissement de Paris, jusqu’au 3 octobre.

©BDMMA
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24/9/2026
Les Grands Prix de la Création 2026 révélés !

Depuis 1993, les Grands Prix de la Création de la Ville de Paris accompagnent les nouvelles générations de créateurs et créatrices dans les domaines de la mode, du design et des métiers d’art. Voici les huit lauréats de cette 33e édition.

Créés il y a trente-trois ans, les Grands Prix de la Création s’inscrivent dans la politique de soutien de la Ville de Paris aux secteurs de la mode, du design et des métiers d’art. Organisés par le Bureau du Design, de la Mode et des Métiers d’Art (BDMMA), ils récompensent cette année huit professionnels, chacun bénéficiant d’une dotation de 18 000 euros. Une goutte d’eau au regard des 350 candidatures reçues par les jurys, présidés cette année par Ionna Vautrin pour le design, Lisa Gachet pour la mode et Jeremy Maxwell Wintrebert pour les métiers d’art.

Prix Révélation Design : behagelfoiny

Antoine Behaghel et Alexis Foiny se rencontrent lors de leurs études aux Arts Déco. Peu à peu, inspirés par le ready-made, ils développent des projets autour de l’exploration des matériaux à leur disposition. Une démarche qui les conduit à fonder leur studio en 2020, autour d’une pratique inspirée desnéo-artisanats. « Nous sommes un point de connexion entre différents corps demétier, ce qui nous permet de nous réapproprier la création et la productiond’objets en mettant en place des manières de faire inédites. C’est notre ADN, même si nous étendons nos expertises à d’autres domaines comme la scénographie.Cette approche nous conduit à répondre à des problématiques liées à lasensibilisation à l’écologie et à l’enfance. » Une démarche qui a déjà attiré l’attention de galeries et d’institutions, comme Le French Design, qui les a intégrés à son palmarès FD100, ou le Mobilier national, qui a acquis leur bibliothèque Alupié en 2026.

Ccollection Tubulure © behaghelfoiny

Prix Engagement Design : Marie et Alexandre

Représentés par la galerie Signé, rue Jacob à Paris, Marie et Alexandre présentent actuellement "Under Pressure", une exposition d’objets mis en forme par pression. Un projet qui résume en quelque sorte leur travail, entamé il y a cinq ans après une rencontre à la Villa Noailles, lors de la Design Parade. Marie, passée par la HEAD de Genève et l’ECAL à Lausanne, et Alexandre, formé à l’ENSCI – Les Ateliers puis au California College of the Arts à San Francisco lors d’un échange universitaire, partagent une curiosité pour les savoir-faire qui les pousse à adopter une pratique itinérante. Entre visites d’usines et expérimentations sur le terrain, le duo collabore notamment avec Glas Italia, Dryade et Petite Friture. « Nos créations pour les galeries nous permettent de mener une recherche libre sur laquelle nous nous appuyons pour passer à des projets plus industriels. »

Marie et Alexandre © Rebekka Deubner

Prix Révélation Mode : Anthony Calydon

Coudre. Une activité qui occupe l’esprit d’Anthony Calydon depuis douze ans. Il commence par confectionner ses propres vêtements, fait un passage éclair à ESMOD, puis décide de poursuivre en autodidacte. Sa carrière débute doucement grâce à Instagram. En parallèle de son activité auprès d’artistes qu’il habille, il travaille comme modéliste pour des griffes émergentes. Mais pas question d’aller trop vite tant qu’il n’a pas trouvé son style, celui qui sera reconnaissable au premier coup d’œil. « J’ai toujours été inspiré par les designers japonais. J’avais envie de proposer quelque chose de fort, sans logo.Qu’on se dise en voyant mes pièces : ça, c’est Anthony Calydon. Et, peu à peu, j’ai fait du bord-côte et de la couture surjet ma signature. » Un univers et un travail ancrés dans leur époque, portés par une grande attention aux savoir-faire.

© Anthony Calydon

Prix Engagement Mode : Collectivo

Ingénieure chimiste à l’INSA, puis titulaire d’un master à HEC, Samia Boukbir passe cinq ans dans le marketing et le développement international du maquillage avant de rejoindre un collectif consacré à la mode upcyclée. Son parcours professionnel se mue alors en voyage. « En 2016, je suis allée à Cuba et ma vie professionnelle a basculé, se souvient Samia Boukbir. J’ai découvert une société qui était entièrement basée sur la récupération, moi qui étais depuis presque sept ans dans l’industrie chez L’Oréal et Dior. Cela m’a poussée à me questionner. Quand je suis rentrée, j’ai quitté mon poste… et j’ai atterri aux Puces de Saint-Ouen ! » C’est dans ce berceau historique de l’économie circulaire à Paris que Samia installe Collectivo, officiellement lancé en 2022. Le collectif a depuis collaboré avec 22 designers. Chaque nouvelle collection est l’occasion d’ouvrir ce cercle à de nouveaux talents grâce à des appels à projets. « Tout part de nos sélections de matières à upcycler : c’est autour d’elles que nous construisons les plans de nos trois collections, autour de l’officewear réinventé, du sport et de l’innovation. »

© Collectivo

Prix Accessoires Mode : Luca Colosimo — 10.03.53

L’histoire commence par l’achat d’un énorme sac orange. Un premier achat à l’origine d’un déclic. « C’était un acte d’émancipation. Pour mon papa, le sac était l’objet interdit pour un homme. Or, moi, il me fascinait ! » Il faudra cependant attendre un peu avant que Luca Colosimo ne se consacre à cet accessoire. Après des études en modélisme industriel pour le prêt-à-porter, qu’il déteste, une bourse qui lui permet de se former au prototypage en maroquinerie et des expériences chez Gucci, Isabel Marant et Paco Rabanne, il connaît, en 2020, une prise de conscience. Il lance alors sa propre griffe, à laquelle il attribue la date de naissance de son père : 10.03.53. De là naissent des créations sensuelles aux formes plutôt classiques, avec un intérêt particulier pour les matériaux innovants. « Aujourd’hui, nous faisons des sacs en papier, en béton armé, en cuir non traité… Nous nous amusons ! »

Luca Colosimo © 10.03.53

Prix Accessoires Bijoux Mode : Sarah Madeleine Bru

Formée dans une école de design à Nantes, Sarah Madeleine Bru comprend très vite qu’elle est passionnée par l’artisanat. Elle multiplie les stages et les missions en freelance alors qu’elle est encore étudiante, avant d’intégrer laCreative Academy, l’école du groupe Richemont basée à Milan, qui forme au design dans les secteurs de la joaillerie, de l’horlogerie et des accessoires. «Cela m’a permis d’intégrer la marque Dunhill, méconnue en France, mais qui est un peu comme Hermès pour homme. » Elle y reste un an, à l’époque où Kim Jonesen est le directeur artistique, avant d’être repérée par Louis Vuitton. Puis,en 2012, elle se lance en solo. « Au début, je vendais mes bijoux en argentessentiellement à mes amies. Puis j’ai eu de la presse, j’ai été identifiée etj’ai fait évoluer mes créations. Aujourd’hui, la haute joaillerie et les commandes spéciales ont pris le dessus. »

Bagues Vipère et La Vague, Platine et diamants naturels © Aude Le Barbey

Prix Révélation Métiers d’art : Chloé Valorso

Sculptrice, bronzière et joaillière, Chloé Valorso découvre la technique de la fonte à cire perdue lors de ses études à Londres, à Central Saint Martins puis au Royal College of Art. « J’ai voulu apprendre la technique de A à Z.Normalement, les artistes vont chez des fondeurs extérieurs ou apprennent à réaliser quelques étapes. Je voulais tout maîtriser pour pouvoir innover. » Inspirée par les séminaires d’anthropologie, les ouvrages sur le nouveau matérialisme et l’éco-féminisme, la créatrice travaille par collages, donnant naissance à des objets proches de « cadavres exquis d’histoires, de mythologies », ouverts sur l’imaginaire. « Je travaille la plupart du temps à partir de matériaux imprégnés du vivant : des mues de serpents transmutées en bronze, des fleurs que j’immortalise grâce à une technique de fonte directe que j’ai développée.Je viens de réaliser des bougeoirs, associations de racines, de vertèbres de serpents et de fleurs récupérées dans les jardins parisiens. »

© Chloe Valorso

Prix Engagement Métiers d’art : Les Ateliers Victor Bert

Donner de la visibilité à un métier en voie de disparition : voici ce qui a poussé Victor Bert, peintre en lettres, à participer aux Grands Prix de la Création de la Ville de Paris. Fasciné depuis toujours par les monuments historiques, Victor suit une formation de tailleur de pierre à Amiens. C’est là qu’il découvre la gravure sur pierre et se prend rapidement de passion pour la lettre. Son CAP en poche, il s’installe à Paris, travaille tout en complétant son cursus par des cours de typographie et de calligraphie. « J’ai toujours su que la lettre dépassait la taille de pierre, qu’il fallait explorer une multitude de supports. Je n’ai ainsi jamais cessé d’enrichir ma pratique. C’est comme cela que j’ai découvert, en 2015, un documentaire sur la peinture en lettres américaine et que j’ai décidé de m’y mettre. »

Dorure sous verre gravé en cours © Chloé Brunet (Passerelle Studio)
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24/9/2026
DCW éditions agrandit la collection Seagull

Pensée par Thierry Dreyfus pour DCW éditions, la collection Seagull s’agrandit avec une nouvelle suspension de 160 cm. Un changement d’échelle qui conserve le principe fondateur du luminaire : donner à voir la lumière plutôt que la lampe.

Faire de la lumière une présence sans laisser le luminaire s’imposer dans l’espace : c’est le parti pris de Seagull, imaginée par Thierry Dreyfus. Pour la dessiner, le designer s’est inspiré du Johnson Wax Building de Frank Lloyd Wright, construit à la fin des années 1930, dont les tubes de verre diffusent la lumière extérieure vers l’intérieur. Une sensation que Thierry Dreyfus transpose à l’échelle domestique à travers une succession de tubes lumineux disposés horizontalement, dans une composition aux accents Art déco.

Suspension Seagull, design : Thierry Dreyfus

Nouvelles proportions, nouvelles possibilités

Déjà proposée dans une version de 120 cm, Seagull se décline désormais dans un format de 160 cm, pensé pour accompagner des tables plus grandes. Suspendu idéalement entre 80 cm et 1 m au-dessus du plateau, le luminaire étire la lumière plutôt que de la concentrer, dessinant un « toit de lumière », pour reprendre les mots de Frédéric Winkler, président et fondateur de DCW éditions Une nouvelle échelle qui ouvre également Seagull à d’autres usages car plus qu’un simple point lumineux, la suspension peut devenir un véritable trait dans l’espace, capable d’accompagner l’architecture et de guider le regard. Une approche qui prolonge les recherches de Thierry Dreyfus, connu pour ses installations lumineuses et ses collaborations avec Comme des Garçons, Raf Simons ou encore Peter Marino. L’objectif étant de mettre la lumière en scène, ici dans une version pensée pour le quotidien.

Temps de lecture
22/9/2026
Astre Mobile sur la route des métiers d’art

À l’occasion de la Paris Design Week, et jusqu’au 4 octobre, l’Hôtel de la Marine accueille une Méhari. Un véhicule hybride à l’allure lunaire, imaginé par Maison Lacmé comme un hommage aux métiers d’art.

Si l’Hôtel de la Marine s’est imposé comme l’un des lieux importants de la Paris Design Week, le choix audacieux de cette année a de quoi surprendre. Une drôle de voiture, stationnée en plein cœur de la cour et dont le compteur, tout juste sorti de l’atelier, semble déjà bloqué sur 40 075 kilomètres. Un problème ? Non, un indice. Car derrière ce profil que l’on connaît tous, celui de la Méhari produite par Citroën, se cache un véritable manifeste de design et un hommage aux métiers d’art.

La plaque du boîtier de chauffage réalisée en héliogravure par Fanny Boucher & Lise Richardot et le levier de vitesse en porcelaine de Limoges par Ateliers Arquié ©Maison Lacmé

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Une collision entre industrie et artisanat

Derrière ce projet se cachent Cécile et Antoine Tauvel, à l’origine de Maison Lacmé, fondée il y a deux ans. Leur objectif : créer des œuvres fonctionnelles à partir d’objets du quotidien. Une ambition qui a poussé les deux passionnés de voitures anciennes à s’intéresser au potentiel de laMéhari. « Pour beaucoup de Français, elle évoque les années 60 ou des souvenirs de vacances en bord de mer. Mais pour moi c’était aussi l’aspect lunaire qui me parlait et me rappelait les couvertures de certains albums de Tintin. Donc notre rôle était de révéler la symbolique et la rêverie déjà existantes »,explique Antoine Tauvel. Alors le couple imagine le cadre. Ce sera un doré, en écho aux arts décoratifs français et à l’histoire de l’art, apposé par touches sur un châssis transparent. « Ce qui nous semblait intéressant, c’était de faire naître un certain équilibre entre l’industrie et l’artisanat d’art en jouant sur les contrastes. » Une recherche esthétique menée avec un industriel français pour repenser la composition du polymère et éviter le jaunissement du châssis sur lequel une couche de céramique transparente a ensuite été appliquée. « L’enjeu était de muer cette typologie purement industrielle en objet d’art sans lui donner le statut d’objet de luxe. Il fallait donc d’abord susciter une curiosité formelle pour ensuite amener le regard sur les petits éléments », détaille Cécile Tauvel. Une quête de narration où l’automobile véhicule l’imaginaire.

Les enjoliveurs en onyx par Hervé Obligi et les lanières en cuir de Russie par Elise Blouet ©Maison Lacmé

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Un concentré de savoir-faire

Qui a dit qu’un enjoliveur et une lampe, ou encore un logo automobile et une broche, n’appartenaient pas aux mêmes mondes ? Certainement pas Maison Lacmé dont l’ambivalence des objets se trouve au cœur du projet.Chacun des douze éléments réalisés par des artisans d’art possède en effet une fonction pratique. « Cette voiture est un cheval de Troie, un cabinet de curiosités mobile qui recèle des choses en son sein », résume Antoine Tauvel à l’origine de ces doubles fonctions. « Cette idée est centrale. Nous avons réalisé tous les dessins préparatoires et les choix esthétiques en interne puis nous les avons présentés aux artisans. » Dès lors, le projet devient collaboratif et les esquisses sont ajustées dans un souci de cohérence esthétique. Le volant travaillé à partir de bois flotté et la sellerie brodéede coquillages ouvrent un horizon maritime, là où le compteur en marqueterie de plumes — bloqué sur la circonférence de la Terre — peut être extrait et utilisécomme horloge de bureau. Au-delà de l’usage, les techniques utilisées rappellent celles des grandes heures de l’art décoratif français. Parmi elles,la technique du trompe-l’œil mise en pratique pour remplacer les enjoliveurs en pierre par des versions peintes lorsque le véhicule roule.

Véritable « outil de déplacement poétique », la méhari de Maison Lacmé fait escale jusqu’au dimanche 4 octobre dans la cour de l’Hôtel de la Marine.

Le compteur en marqueterie de plumes de Maison Vermeulen et le logo brodé par Marie Archambaud ©Maison Lacmé
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