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Du 6 au 9 novembre, durant EquipHotel, Intramuros a coanimé des cafés-débats avec l’Ameublement français, sur leur stand baptisé Interior Design Center. Ont été abordés des sujets liés à la conception d’espaces CHR, la mutation et le développement du marché. Retrouvez le résumé des échanges du 7 novembre autour de la fin des standards.
Pour débattre, neuf intervenants ont répondu présents :
- Philippe Denavit, président du groupe Malvaux et membre du Conseil d’Administration de l’Ameublement Français
- Flore-Anne de Clermont, responsable innovation, Valdélia
- David Dalidec, architecte d’intérieur, agence David DALIDEC
- Kelsea Crawford, architecte d’intérieur co-founder CEO, Cutwork Studio et son associé, l’architecte et designer Antonin Yuji Maeno
- Laurent Maugoust architecte d’intérieur et directeur, agence Laurent Maugoust Architecture
- Arnaud Berthereau, architecte d’intérieur et directeur, studio Briand&Berthereau
- Alban Ruggiero, fondateur, groupe MELT
- Frédéric Alzeari, directeur de création, RF Studio
Tandis que l’expérience client à l’hôtel est en constante évolution, peut-on aujourd’hui continuer de parler de standards à l’hôtel ou bien sommes-nous au contraire en train d’évoluer vers une déstandardisation ?
Réinventer la cellule traditionnelle de la chambre
Pour ouvrir ce débat sur les standards, Alban Ruggiero, président de MELT fondé en 2016, définit le concept défendu par son groupe comme étant de l’hôtellerie hybride non-standardisée. Pour expliquer cette idée, il évoque notamment son dernier projet mené avec le studio Briand&Berthereau, la marque Jost à Bordeaux : « Chez nous, aucun hôtel n’est fait pareil. On a fait le choix de ne jamais prendre les mêmes décorateurs et architectes sur nos projets afin d’avoir à chaque fois une nouvelle vision de l’hôtellerie. » Une vision fondée sur une programmation variée des services de l’hôtel, qui se ressent dans la conception même des espaces, puisque chez Jost, les espaces communs ont été pensés avant les chambres. Et pour cause : chez Jost, le rez-de-chaussée est un cabaret qui propose 4 à 5 événements par semaine sous différentes formes. La fonction d’hébergement est également revue pour accueillir une clientèle hybride : plusieurs types d’espaces sont proposés en fonction des moyens financiers, dortoirs, chambres familiales, suites de luxe… Cette idée d’accueillir un public diversifié répond aussi à une volonté de favoriser les échanges entre ces différentes populations.


L’architecte d’intérieur David Dalidec évoquera de son côté une recherche d’expérience à l’hôtel. « On sort petit à petit de la cellule traditionnelle dans laquelle on sait ce qu’on vient faire à l’hôtel. Aujourd’hui, on est plutôt dans une recherche d’émotions et de sensations. »

Fort de son expérience de plus de 20 ans dans le domaine avec une soixantaine d’hôtels à son actif, l’architecte d’intérieur Laurent Maugoust connaît parfaitement les standards : « Le standard est universel en hôtellerie : on pousse la porte, on rentre dans un couloir, il y a une salle de bains à gauche, un placard à droite, une fenêtre en face avec un lit, une table de chevet et une télé. Malgré tout, en voyant comment les standards peuvent évoluer, cela nous pousse à être novateurs. » Il évoque une adaptation plutôt qu’une réinventation des standards.


L’hôtel n’est plus un vase clos
La réadaptation de la chambre, la prise en compte de l’expérience client est une traduction directe des évolutions des usages. Pour Frédéric Alzeari, directeur de création chez RF Studio : « Aujourd’hui, il est important de reconnecter l’hôtel au reste de la ville, on parle alors de Social Hub, et cela permet de créer des liens. Je ne pense pas que la déstandardisation soit simplement esthétique, elle passe aussi par l’expérience et les services proposés. » Un point de vue partagé par Kelsea Crawford, cofondatrice de l’agence d’architecture Cutwork, qui souhaite faire évoluer les espaces à travers l’expérience recherchée par les clients :« Le concept d’hybridation de l’hôtel est le futur selon moi. Il y a aujourd’hui de plus en plus de choses à prendre en compte, et il faut être le plus souple possible dans chaque opération. » En fonction de la durée de séjour du client, il faut pouvoir proposer une offre la plus complète possible, à travers l’intégration d’un espace cuisine dans les chambres par exemple. Autre défi qu’ils se sont lancé : proposer une multitude d’usages dans un seul espace, comme c’est le cas de leur projet avec Bouygues où une chambre de 20m2 pourra décliner cinq utilisations différentes.
Déstandardiser la chambre ?
Pour Frédéric Alzeari, « pour déstandardiser, il faut vraiment sortir de la norme. » Pour autant, il évoque la nécessité de respecter certains standards sur le plan légal d’une part, mais surtout pour parfaire aux attentes du client. Il y a des contraintes matérielles pour les tailles de lit, la présence de certains meubles ou non. Ainsi, casser les standards peut s’avérer périlleux, comme l’explique Alban Ruggiero : « Pour tous nos projets, on définit dès le début une liste de fonctions de la chambre avec une vision précise de ce que l’on veut proposer au client. Mais finalement, ce qui est difficile, c’est de créer une chambre qui soit nouvelle et que lors du résultat final, on puisse se dire : oui, ça change et ça fonctionne. »


Si la plupart des chambres restent donc très ancrées dans les standards et respectent des chartes très précises (cf éléments précédemment cités par Laurent Maugoust), les architectes d’intérieur et designers considèrent l’évolution des usages dans cet espace : on y dort, on s’y détend, on y travaille, on y fait des visio, on s’isole… Comme l’exprime Arnaud Berthereau : « Je ne sais pas ce qu’est le standard, et je ne sais pas si le standard d’hier est celui d’aujourd’hui et vice-versa, mais ce qui me paraît certain, c’est qu’en tant que designer ou architecte d’intérieur, on doit être un peu le catalyseur des usages qui se trouvent dans les hôtels et particulièrement dans l’espace chambre. » Pour sa mission sur l’hôtel Jost, un travail a été fait sur la compacité de la chambre, afin de proposer un espace dans lequel le client se sente bien et qui puisse avoir différents usages qui sortent justement de ces « standards ». Pour Laurent Maugoust, l’objectif principal sera toujours de surprendre le client, en trouvant un équilibre entre ce qu’attend le client et ce qu’il découvre, un équilibre qui va nourrir son expérience.
Vers la chambre reconfigurable ?
Antonin Yuji Maeno du studio Cutwork rebondit en évoquant notamment les washitsu, les chambres standards traditionnelles japonaises : « Ces chambres n’ont pas d’usage prédéfini. Ce ne sont pas des chambres à coucher, des chambres à dîner, des chambres à travailler ou à faire la sieste. Il s’agit simplement d’une chambre qui est ouverte et dans laquelle on va déplacer des panneaux coulissants et y ajouter un futon et une table pour créer ensuite un espace chambre. » Un principe qu’ils ont repris dans certains de leurs projets, où la télé peut par exemple être nichée derrière un panneau ou se dévoiler grâce à un système de rétroprojecteur. Ces espaces s’adaptent donc aux usages de chaque client : « On pense que le nouveau standard, c’est le washitsu, qu’il est reconfigurable et adaptable » conclut-il.

Dans cette logique, le travail de RF studio avec Ligne Roset pour Novotel propose un éclairage intéressant, comme en témoigne Frédéric Alzeari : « Nous avons pensé la chambre comme n’étant pas un objet figé mais capable d’évoluer pour s’accorder à l’esthétique de son temps, composée d’éléments qui puissent être remplacés plus facilement. » Cette pratique induit une démarche plus écologique, puisque la chambre n’est plus changée tous les cinq ans, mais elle évolue en continu.
La dimension écologique dans la conception d’hôtel : un passage évident ?
La question de l’écologie arrive au cœur du débat et permet de pointer les efforts qu’il reste encore à faire malgré quelques avancées. En effet, d’après Flore-Anne de Clermont, responsable innovation chez Valdélia, 90 000 tonnes de mobilier sont jetés dans les bennes chaque année. Un chiffre encore trop important, mais qui pourrait diminuer si l’on communique différemment concernant le sujet du réemploi. « Plus on anticipe les besoins des clients et plus on pourra faire durer les produis plus longtemps et ainsi éviter le gâchis de mobilier. Les industriels ont une expertise à apporter, car ils ont une réelle connaissance fine des matériaux, du mobilier. » Un aspect d’up-cycling que Philippe Nalivet prend également très à cœur en tant qu’industriel, mais qui nécessite un travail de sensibilisation auprès des clients et en amont, dès la conception du meuble.
En parallèle, David Dalidec expose un autre chiffre fort : 60 % des clients sont prêts à payer plus cher pour accéder à des hôtels plus responsables. Et cette responsabilité passe à la fois par la mesure de l’empreinte carbone de son travail, en collaborant avec des acteurs locaux, en utilisant le plus de matériaux recyclés et qui soient le plus pérennes possible. L’objectif : évoquer une prise de conscience chez le maître d’ouvrage et ainsi lui proposer des actions concrètes.
Penser l’hôtel dans un hypercontexte ?
Pour tous, l’hôtel est aujourd’hui pensé comme un lieu transversal dans les activités, hybride dans les rencontres, poreux à l’écosystème qui l’entoure. Nécessairement multi-programme, il fait face à une activité complexe, dans une temporalité qui doit être gérée avec des espaces qui s’adaptent. C’est un lieu de vie. Pour Frédéric Alzeari, RF Studio nourrit sa vision de l’hôtellerie, par la diversité de son expérience : « Travailler sur des projets autres que ceux de l’hôtellerie, permet d’avoir une vision holistique des différents domaines d’application de l’architecture d’intérieur. » Il conclut en revenant sur l’importance de connaître le contexte (économique, industriel, géographique), car la standardisation se pose de ce point de vue-là : « C’est en se posant ces questions liées au contexte que l’on arrive à obtenir de nouvelles réponses. »

Reportée en 2022 pour cause de pandémie, la 16ème édition de la Biennale de Lyon intitulée « Manifesto of Fragility » analyse l’état de fragilité face aux soubresauts du monde. Comment ? En faisant dialoguer l’histoire avec le présent, dans un axe local et international, à travers une kyrielle d’expositions dans des lieux emblématiques lyonnais, pour certains inédits.
Répartis sur quatre parcours et douze sites – dont les Usines Fagor, le macLYON, le musée Guimet ou encore le musée d’Histoire de Lyon-Gadagne -, 202 artistes de 40 pays proposent de nombreuses pièces, dont 66 ont été spécialement été réalisées pour l’occasion. « Nous souhaitions ancrer le projet dans la ville, expliquent les commissaires Sam Bardaouil et Till Fellrath, directeurs de la Hamburger Bahnhof de Berlin, à travers des histoires reliant les artistes sur le thème de la fragilité. » Deux ans et demi de recherches, effectuées avant et durant la pandémie, leur ont permis de souligner cette thématique dans ce qu’elle a de plus universel, en ces temps incertains. Avec l’exposition générale « Un monde d’une promesse infinie », ce duo primé à la dernière Biennale de Venise souhaitait revendiquer la vulnérabilité comme outil de résistance contre les exclusions, les précarités, induisant les notions de migration, de résilience et d’écologie. Parmi toutes les œuvres couvrant une multitude de supports – tapisseries, peintures, installations, vidéos, sculptures, architectures, céramiques – en voici quelques-unes marquantes.
À Fagor, la fragilité dans tous ses états
Pedro Gómez-Egaña revisite l’espace de notre quotidien
Virgo, œuvre du Colombien Pedro Gómez-Egaña intrigue. Animé par plusieurs performers, cet habitat qui semble découpé en tranches par un dispositif mobile de structures métalliques blanches, crée d’étonnantes illusions d’optique. Une œuvre, entre architecture et design, interrogeant la typologie des espaces domestiques et leur évolution, tout en en soulignant l’état de fragilité permanente.

Avec Erin M. Riley, la tapisserie casse les codes
En scénographiant sa condition de jeune femme, qu’elle conjugue à des coupures de presse, des selfies ou images glanées sur internet, la créatrice américaine trentenaire réalise des tapisseries contemporaines, respectant à la lettre cet art traditionnel. Abordant les contraintes de la condition féminine, Cramson Lanslide présente un gros plan sur une culotte rougie par les menstruations, tandis que Why Now ? montre la créatrice brûlant sa propre photographie. Des pièces textiles qui questionnent par leur radicalité, leur message et leur esthétique photographique.

Nicolas Daubanes appelle à résister
En reproduisant l’intérieur d’une salle d’audience du tribunal des forces armées de Lyon, où des portraits de condamnés réalisés à la limaille de fer sont exposés, le plasticien français évoque la fragilité dans son aspect le plus pugnace. Je ne reconnais pas la compétence de votre tribunal ! monumentale installation spécialement créée pour l’occasion, invite le public à réfléchir sur la réelle compétence de cette juridiction, sous le prisme d’une enquête policière.

Jose Dàvila, le meuble borderline
Le Mexicain déjoue les notions habituelles de stabilité en mettant des meubles chinés à Lyon, en situation d’équilibre précaire. La science comme réalité reste platonicienne est une commande en béton, bois, rocher et sangle à cliquet. Arrimé à une pierre par une sangle, le meuble tenant en équilibre sur une pièce en béton, peut vaciller à tout moment et se fracasser sur le sol. Une œuvre très visuelle, sondant la faiblesse d’un état, métaphore de la vulnérabilité de notre existence.

Le camping fantôme d’Hans Op de Beeck
Dans le Hall 4 des usines Fagor, We were the last to stay de l’artiste belge Hans Op de Beeck expose un espace public, comme après une déflagration nucléaire. Un espace urbain recouvert de cendres, silencieux et sans vie, qui alarme sur les conséquences environnementales.


Au musée d’Histoire de Lyon-Gadagne, la poésie sensible du thème dans les mains de Sara Brahim
Le cyanotype sur coton Who we are out of the Dark de la jeune Saoudienne Sara Brahim présente une élégante chorégraphie de ses propres mains sur un tissu d’un bleu profond. Délicate évocation de la vie éphémère…
Au macLYON, Louise Brunet, figure multiple de la rébellion
À travers la narration de la vie de Louise Brunet, jeune tisserande lyonnaise ayant participé à la révolte des canuts, le troisième étage du macLyon analyse la notion d’insoumission, de résilience et de lutte contre les discriminations. La bouleversante vidéo Prélude d’une mort annoncée, de Rafael França évoque les ravages du sida, dans un ballet résistant de corps s’entrelaçant, où apparaissent les noms de personnes décédées de ce fléau. Plus loin, une installation vidéo du fantastique duo libanais Joana Hadjithomas & Khalil Joreige, composée de douze films vidéo issus de caméras de surveillance du Musée Sursock à Beyrouth, transporte avec effroi le spectateur au cœur de l’explosion libanaise du 4 août 2020.

À Guimet, la nature reprend ses droits avec Ugo Schiavi
Dans la plus grande salle de cet ancien musée d’histoire naturelle, créé au XIXème siècle et tombé en désuétude depuis 2007, Grafted memory System du plasticien français Ugo Schiavi souligne la vulnérabilité de nos vies, face à la supériorité de la nature. Cet étonnant écosystème de fossiles, ossements, déchets, imbriqué d’images 3D, de fragments d’architecture du musée, constitue une vanité d’un monde nouveau, renaissant après une catastrophe.
Virginie Chuimer-Layen

16ème Biennale d’art contemporain de Lyon, « Manifesto of Fragility », Usines Fagor, macLYON, musée Guimet, musée d’histoire de Lyon-Gadagne, autres lieux à voir sur : www.biennaledelyon.com. Jusqu’au 31 décembre 2022.

Jusqu’au 26 novembre, c’est dans une galerie d’Andreas Murkudis dans le sud ouest de Berlin, que valerie_objects prends place pour exposer ses pièces iconiques et dernières nouveautés, dont la collection Silent du studio BIG-GAME.
Fondée en 2015 à Anvers en Belgique par Axel Van Den Bossche et Veerle Wenes, valerie_objects propose aux designers avec qui elle collabore de donner vie à leurs idée et leurs envies. À Berlin, la marque expose pendant un mois plusieurs pièces de ses collections iconiques. Parmi celles présentées : Tramonti de Maria Scapurlla, Inner Circles de Maarten Baas, les chaises Alu et Rocking Chair ainsi que les luminaires Lamps de Muller Van Severen et la toute récente collection Silent de BIG-GAME.


Un panel de collections qui se dévoile comme la vitrine d’un travail qui s’enrichit et se renforce depuis sept ans. Et pour l’occasion, les designers du studio suisse BIG-GAME étaient présents pour raconter l’histoire de la collection en bois Silent, qui se compose d’une chaise, d’une table, d’un tabouret et d’un banc. Une nouvelle collection toute en couleurs, avec des pièces qui rappelleraient « un peu celles que l’on pourrait retrouver dans l’atelier d’un peintre », pour reprendre les mots employés par BIG-GAME.

Au fond a gauche : Silent de Big Game
Au fond à droite : Alu Chair de Muller Van Severen
© Intramuros

Silent, authentique et fonctionnelle
Au commencement de cette collaboration, le défi lancé était de proposer une collection de mobilier en bois. Un challenge relevé par le trio BIG-GAME, déjà familier du travail de valerie_objects. « On aime beaucoup la frontière qu’il peut y avoir entre l’art et le design dans les pièces de la marque. On ne sait pas trop si ce sont des œuvres d’art ou des objets réellement fonctionnels.« Pour cette collection, le studio confie avoir effectué un travail important au niveau des couleurs : « Nous avons essayé de sortir des palettes que l’on peut voir partout. On a imaginé des couleurs qui n’avaient pas de référentiel. « De la même manière, le travail de la matière et du toucher du bois a beaucoup importé les designers. En effet, ils confient avoir voulu créer un contraste entre l’aspect lisse et synthétique qui peut s’opérer à première vue, mais qui fait se dévoiler ensuite, si l’on s’attarde à observer les pièces de plus près, les veines marquées du bois, laissé ainsi volontairement.


Pour imaginer Silent, les designers se sont largement inspirés de l’art, en mixant un peu le modernisme de Mondrian avec le mouvement de Stein. Le résultat final donne des pièces colorées et géométriques, qu’on pourrait croire qu’elles sont tout droit sorties d’un pot de peinture. « On a voulu proposé un contraste entre le coté assez rigide et géométrique de la forme des pièces avec une palette de couleur assez tranchée. Cela créait un décalage qui vibre finalement assez fort.«

Les questions de recyclage et d’économie circulaire font partie intégrante des réflexions les plus actuelles des designers. Une tendance largement constatée en septembre dernier lors de la Stockholm Design Week, tant du côté des projets en cours de studios aussi emblématiques que Form Us WIth Love, que dans les présentations de plusieurs nouveaux produits sortant des ateliers et showrooms des créateurs locaux.
Pour le studio/collectif de designers Form Us With Love, désormais implanté dans son tout nouvel espace de création à Stockholm, la grande question est désormais de savoir comment le design peut aider les entreprises à réfléchir à de meilleures façons de gérer les déchets et de penser le recyclage.
Le recyclage au cœur du design
Depuis quelques temps, le studio de Stockholm Form Us With Love collabore avec de grandes marques suédoises comme par exemple le fabricant de produits d’aménagements intérieurs Baux, avec lequel il a notamment conçu et développé un matériau d’isolation acoustique totalement écologique, Acoustic Pulp, qui associe les qualités fondamentales exigées par cette industrie (résistance au feu et à l’humidité en particulier) à une biodégradabilité totale.

Dans le sillage de cette collaboration, Form Us With Love s’est aperçu que l’un des principaux défis aujourd’hui consistait à savoir comment traiter les énormes quantités de déchets existants pour les transformer en une nouvelle source de matière première. Avec Baux, le studio a donc travaillé sur des chutes de matières textiles pour imaginer une matière en feutre acoustique réutilisable afin de créer des panneaux isolants pour des environnements professionnels. Dans le même ordre d’idée, Form With Us Love travaille d’ailleurs également en ce moment avec l’entreprise Ludwig Svensson, spécialisée dans les matières technologiques pour l’agriculture sous serres, sur un projet de création de feutre traçable à partir d’écrans climatiques recyclés. Form Us With Love a également récemment collaboré avec IKEA pour créer la chaise Odger à partir de plastiques recyclés et de déchets de copeaux de bois récupérés.
Form Us With Love et le Royaume du Verre
Le principal souci dans le recyclage des énormes quantités de déchets industriels est que ceux-ci sont parfois impurs, car issus du mélange de différents matériaux ou contenant des matières toxiques, ce qui rend les processus de recyclage très complexes. C’est par exemple le cas du verre, dans lequel on peut trouver de l’arsenic ou du cadmium, rendant la réutilisation de ce matériau particulièrement sensible. Form Us With Love s’est donc associé sur un projet de recherche avec Rise, un laboratoire spécialisé dans le verre, et le groupe industriel suédois Ragn-Sells, spécialiste du recyclage, quant à la façon dont on pouvait recycler les nombreux déchets de l’industrie du verre encore stockés sur les sites industriels historiques du Småland, une région du sud du pays, historiquement connue sous le terme de « Royaume du Verre ». Le but de ce consortium est ainsi de trouver des moyens techniques de séparer les toxines du verre, mais pour Form Us With Love, l’objectif est avant tout d’identifier et de donner un aperçu pratique sur la façon dont ce verre décontaminé pourrait être recyclé dans des objets fonctionnels et produits à grande échelle. Comme l’indique Jonas Pettersson, directeur de Form Us With Love, « la diversité d’expertise de ce groupe offre une approche globale du problème qui est bénéficiaire pour tous. Nous apprenons ensemble, nous apprenons les uns des autres et tentons de mettre ce nouveau savoir partagé au service de nouvelles applications. »


Projets et prototypages en cours : Unit System
Structure collaborative par excellence, associée à différentes entreprises comme nous l’avons vu, mais regroupant aussi différents designers en son sein, Form Us With Love a d’ailleurs profité de l’occasion de la Stockholm Design Week pour présenter dans son atelier flambant neuf quelques projets de design en cours de prototypage ou de conception. Parmi eux, on peut citer le projet Unit System qui questionne la longévité d’objets conditionnés pour contenir des liquides ou des produits impropres à la consommation humaine (par exemple des lessives). Souvent, ces contenants sont jetés après usage. Form Us With Love réfléchit à la façon dont leur durée de vie peut être prolongée par le biais du réemploi (un peu comme des recharges que l’on pourrait reremplir et réutiliser). Des matériaux métalliques, comme l’aluminium ou l’acier, sont particulièrement étudiés pour leur capacité à être « reconfigurés » à multiples reprises et constituent en ce sens le cœur du système.

Zoom sur quatre mobiliers design et recyclés
Retour sur quatre collections et mobiliers présentés à la Stockholm Design Week qui mettent particulièrement en avant la notion de recyclage et d’économie circulaire, tant dans leur composition que dans leurs principes de réutilisation.
Lancée par la marque Flokk, la nouvelle série de chaises HÅG Tion se caractérise par sa fabrication réalisée avec 75% de matériaux recyclés (94 % pour les matières plastiques du siège et du dossier, et 98% en ce qui concerne les parties en aluminium) et un bois produit de manière durable. Sa création relève d’une collaboration entre l’équipe de design interne de Flokk (dirigée par Christian Lodgaard) et trois autres studios de design, dont le studio Hunting & Narud. Sa conception avec un minimum de composants – ce qui permet de limiter son temps de production et la consommation énergétique attenante – et sans colle en facilite à la fois la réparation et le recyclage. Par ailleurs, les peintures ayant servi au vaste choix de couleurs de ces chaises pratiques et élégantes se révèlent elles aussi à 100% recyclés et ne contiennent aucun additif chimique.


Le modèle de chaises hautes Nomole, créé par la designer Ronja Reuber pour Offect Sweden, se caractérise visuellement par son aspect minimaliste, épuré et presque ludique avec sa barre d’appui pour les pieds et son dossier court légèrement décroché, dessinant une silhouette très graphique et linéaire. Son nom même procède de cette tentation du « No More, No Less » (ni plus, ni moins) qui s’applique d’ailleurs à sa fabrication elle-même. Celle-ci est en effet basée sur l’utilisation de matériaux durables et recyclables, et vise comme le précise Ronja Reuber à « aller à l’essentiel, en utilisant le moins de matériel possible sans sacrifier l’expressivité ou l’usage ». La chaise Nomole peut ainsi être adaptée à différentes environnements, professionnels ou domestiques, et peut être facilement modifiée, réparée ou même réutilisée dans de nouveaux usages.

Issu des Ekbacken Studios de la designer Kristina Tjäder, la chaise lounge Eel (et les modèles annexes de table basse Eel Side et Octopus Side) se caractérise par son amusant aspect torsadé, évoquant les formes fluides et recourbées de l’anguille (ou de la pieuvre) donnant ainsi son nom au produit. Pour autant ce modèle et l’activité même des Ekbacken Studios s’inscrivent dans un principe généralisé d’économie circulaire ne se référant pas seulement à la mer pour de simples soucis esthétiques. Dans le sillage de l’initiative Peniche Ocean Watch et des recherches en nouveaux matériaux menés par Ocean Techno Hub (deux structures initiatrices à l’arrivée des Ekbacken Studios), l’idée conductrice est de permettre à travers cette conception de mobiliers le recyclage de vieux filets de pêche collectés directement auprès des pêcheurs locaux au Portugal. À partir de ceux-ci, un nouveau matériau, le PENYLON© a même été créé.

Le nouveau modèle de chaises Gemla Open Chair, imaginé par la marque Gemla, l’une des plus anciennes marques de mobilier suédoise, se caractérise par sa réalisation, entièrement faite à la main, via la technique du bois courbé. Cette technique, associée à l’utilisation d’essences de bois bien spécifiques (hêtre, frêne), est particulièrement économe tant dans son impact carbone que dans son usage de matériaux bruts. Elle entraîne de ce fait très peu de pertes de bois, et donc de déchets. Elle permet de créer des produits très légers, mais aussi particulièrement structurés dans leur forme, et s’inscrit pleinement dans un cercle vertueux de durabilité associant résistance et solidité du produit. Sa fabrication est également optimisée pour la gestion des stocks, puisque chacune des chaises Gemla Open est faite uniquement sur commande.



À l’occasion de la Stockholm Design Week de septembre, le fabricant de luminaires Wästberg et le studio de design et d’architecture Claesson Koivisto Rune profitent du lancement de la nouvelle série w221 medium pour proposer une scénographie brute et immersive de leur collaboration dans le cadre éphémère d’une ancienne laverie.
En septembre, La Suède retrouvait des couleurs en termes de design avec la tenue d’une Stockholm Design Week exceptionnelle, marquant à la fois la fin d’une période pandémique particulièrement difficile pour les créateurs locaux et une préfiguration de la tenue normale de la manifestation, qui aura lieu l’an prochain en février à ses dates habituelles, parallèlement à la Stockholm Furniture & Light Fair. Si l’exposition officielle consacrée aux tendances actuelles du design scandinave, Moving Forward, occupait l’un des espaces du grand magasin NK au cœur de la capitale, de nombreux autres lieux, en particulier des showrooms de designers locaux comme Hem ou Flokk, marquaient l’évènement en invitant à venir découvrir leurs produits et créations. Dans ce cadre, une collaboration détonne : celle réunissant le fabricant de luminaires Wästberg et le studio de design et d’architecture Claesson Koivisto Rune autour du lancement de la nouvelle gamme de lampe à suspension medium w221.
Ballet de lampes
C’est en effet dans les sous-sols d’une ancienne laverie du centre de Stockholm que la marque et le studio de design avaient décidé de créer une véritable exposition en mode pop-up pour une semaine de durée. L’idée : présenter non seulement la nouvelle gamme, mais également les deux précédentes issues de la collaboration entre Wästberg et Claesson Koivisto Rune, à savoir les modèles extra petite w201 et extra large w151.

Dans cet espace réduit mais confortable en profondeur, brut de décoffrage avec ses murs en béton mais épousant parfaitement l’esthétique minimaliste des lampes, le rendu visuel est saisissant. Un véritable ballet de lampes coniques aux tailles variables, plus ou moins évasées dans leurs formes exagérées, et où le contraste de couleurs entre les blancs et les noirs renforcent la nature brutaliste, se dévoile. « C’est le seul moment où l’on peut voir tous ces modèles réunit ensemble » se réjouit Eero Koivisto, en se réjouissant d’avoir pu mener à bien ce projet d’exposition éphémère et de scénographie des lieux en si peu de temps. « Notre idée était de mettre en valeur les lampes tout en préservant la nature brute des lieux dans la façon de les montrer. Il y a un choix d’harmonie brute dans le fait d’accorder les lampes en coloris noir du côté des murs les plus blancs, et inversement, les lampes en coloris blancs du côté des murs plus sombres. Nous avons également pensé le mobilier qui enserre le dispositif des lampes en réemployant des canapés eux aussi très bruts et minimalistes dans leur format ».

Opportunément, la série de lampes à suspension w221 vient s’intercaler entre les plus grands modèles x151 et les petits modèles x201. Les jeux de proportion entre les différentes pièces sont donc eux aussi particulièrement valorisés dans la mise en scène. « Nous avons introduit une distance progressive entre les différentes pièces, les plus petites et les plus grandes, afin de créer une véritable perspective visuelle », poursuit Eero Koivisto.
Éloge de la durée
Le rapport au béton se fait encore plus pertinent quand on en vient à son point de convergence avec les luminaires Wästberg dans cette scénographie très spéciale. « Le symbole de qualité d’un produit est sa capacité à durer », rappelle Eero Koivisto. « Le rapport avec cet écrin d’exposition en béton, lui-même fait pour durer, fait donc sens. » Cette qualité temporelle des produits Wästberg transparaît notablement dans cette nouvelle gamme de lampes à suspension médium. Quatre ans après avoir sorti la gamme extra large x151 et trois ans après avoir édité la gamme extra petite x201, le modèle médium en reprend les grandes lignes dans des dimensions plus abordables : solidité, avec ce travail de manufacture métallique semblant toujours repousser les limites du potentiel de l’aluminium ; utilisation de LED pour un éclairage économique et écologique ; capacité à jouer de l’articulation des formes et des silhouettes des lampes pour créer des environnements originaux et intimistes.

« Nous avons une nouvelle fois pris le temps pour penser les différentes formes de cette gamme, réfléchir aux questions de dynamique et de symétrie, et la rendre cohérente avec les autres gammes », précise Eero Koivisto. « Cela nous a pris deux ans de travail, mais nous aimons prendre du temps pour travailler et ainsi parfaitement réfléchir au produit que nous concevons. »
Un contraste entre temps de création et temps de monstration qui renvoie à l’autre grande actualité du studio cette année, la sortie de la collection 822 pour la marque Ton, conçue elle aussi pour durer de longues années. Inspirée du modèle années 30 de la chaise 811 de l’architecte/designer Josef Hoffmann, la collection 822 transpose la patte Claesson Koivisto Rune et un caractère nordique plus moderne dans l’univers maîtrisé de la courbure du bois cintré chère au fabricant de mobilier tchèque.

Les performations dans le siège et le dossier donnent une dimension particulièrement légère et graphique à une collection où tous les éléments arrondis et cintrés caractéristiques de Ton ont justement été redressés pour paraître plus géométriques dans toutes les déclinaisons colorées et parfois atypiques de la collection (fauteuil lounge, tabouret de bar ou tabouret bas). Une manière également pour Claesson Koivisto Rune, comme dans la dimension scénographique de l’exposition pop-up Wästberg, de toujours réfléchir à l’adaptation d’un design existant à de nouveaux lieux et à de nouvelles fonctions.

Organisée par le collectif “United Artists for Ukraine », et sous l’égide de la fondation franco- britannique Hexagon Society, une vente aux enchères en faveur des institutions culturelles ukrainiennes se tiendra le dimanche 6 novembre, à l’Institut du Monde Arabe.
Depuis le début de la guerre en Ukraine, de nombreuses institutions culturelles ont été affectées. Pour apporter leur soutien, le collectif “United Artists for Ukraine » a décidé d’organiser une vente aux enchères, dont la totalité des bénéfices sera reversée à ces institutions. Avec l’aide de l’institut Ukrainien de la Culture, huit projets ont été soigneusement sélectionnés parmi les principales institutions culturelles du pays : Odesa Fine Arts Museum, The National Art Museum of Ukraine, The Ukrainian Institute, The Ukrainian Cultural Foundation. Cette vente aux enchères se tiendra le dimanche 6 novembre, à l’Institut du Monde Arabe à Paris, à partir de 19h, en présence de Jack Lang et de l’ambassadeur d’Ukraine en France.
La soirée sera ponctuée de plusieurs performances, dont un concert de Pop-ukrainienne, un DJ Set de « La Boum », ou encore la projection en avant-première du ballet-hologramme « HOPE » de l’artiste du collectif Marie Beltrami.
Des lots sous forme de NFT
De plus en plus actuels, les NFT s’inviteront à la fête et seront même au coeur de cette vente aux enchères. En effet, les lots proposés sont sous forme des cartes de membres au format NFT, créées par l’artiste Iryna Ozarinskaya. Celles-ci donnent à leurs acquéreurs accès à des visites d’ateliers et des rencontres chez les artistes du collectif, à des moments privilégiés avec des personnalités du monde de l’art, à des vernissages et des soirées privées. Les cartes de membres seront mises en vente à partir du 2 novembre sur le site de la plateforme Collection : https://bit.ly/3zadoJd. Chaque NFT est authentifié, approuvé par le musée, la galerie ou l’artiste concerné, et sécurisé sur la blockchain.
Pour cette vente, les galeries Aika, Diapo Gallery NFT, DSL Collection, Opera Gallery, Galerie PACT, Perrotin, Shifting Vision, Thaddaeus Ropac gallery, T&L gallery, Wizard Gallery ainsi que les magazines spécialisés Whitewall magazine, Purple magazine et The Art Newspaper sont partenaires de l’évènement.
Pour assister à la vente : UAFU.eventbrite.com

Affirmation d’une meilleure hospitalité des clients, mais aussi engagement pour un mieux-être optimisé des salariés, le salon EquipHotel 2022, organisé du 6 au 10 novembre, fait de l’Hospitalité engagée le cœur d’un menu-programme désireux de répondre aux attentes des professionnels de l’hôtellerie et de la restauration. Intramuros sera d’ailleurs présent et animera des tables rondes du 6 au 9 novembre en partenariat avec l’Ameublement français, à l’Interior Design Center (hall 7.2), et modèrera également une conférence dans le hall Architecture et design autour des nouveaux usages. Un espace de rencontres en partenariat avec Lafuma Mobilier (hall 7.2) est également prévu.
Du 6 au 10 novembre au Parc des expositions de la porte de Versailles, le salon EquipHotel, rendez-vous B2B de référence du secteur de l’hôtellerie-restauration, va plancher sur les meilleurs moyens de conseiller les professionnels. Outre l’occasion de rencontrer une multitude de fournisseurs, EquipHotel jouera plus que jamais son rôle de hub des nouvelles tendances et innovations du CHR (soit l’ensemble des entreprises intervenant dans le domaine de la gastronomie, et plus largement dans les cafés, hôtels et restaurants), en particulier dans le secteur de l’accueil des clients et des conditions de travail des salariés.
Faire des hôtels et des restaurants de véritables lieux de vie
Les 1 200 entreprises exposantes, à 40 % étrangères et recouvrant les quatre grands univers du food service, du design, du bien-être, des technologies et services, ainsi que les 113 000 décideurs du CHR présents (chefs, responsables d’établissements, mais aussi architectes, décorateurs, gestionnaires de collectivités, etc.) tenteront ainsi de penser le présent et l’avenir de leur secteur en réfléchissant à des questions aussi essentielles que l’engagement pour la planète, la sortie de crise – avec en filigrane les 300 000 postes à pourvoir du secteur – et la nécessité de faire des hôtels et des restaurants de véritables lieux de vie, sensibles comme leurs clients et leurs employés aux terroirs, aux territoires, aux spécificités locales et aux circuits courts.

Pour orienter cette approche convergente avec l’évolution sociétale, le salon s’appuiera sur une série de conférences et sur cinq thèmes forts : se projeter dans la durée et le durable ; rester attractif ; faire du beau avec du bien ; miser sur le soin de soi ; penser le digital à visage humain. Pour incarner cette dimension humaine, c’est le chef doublement étoilé Christophe Hay qui a été choisi comme parrain de la manifestation. Un choix très cohérent quand on connaît son engagement écoresponsable, mis en pratique avec l’ouverture de son hôtel Relais & Châteaux Fleur de Loire, à Blois.
Un programme de conférences pour penser l’avenir du secteur
Et si le salon sera l’occasion de rencontrer les professionnels du secteur, un cycle de conférences offrira des temps de débats sur les enjeux de la restauration et de l’hôtelleries. Dans ce cadre, Intramuros animera le lundi 7 novembre à 14h un talk autour de l’hôtellerie et de la modularité des usages, avec Eléna Apiou, responsable design chez Adagio, Tristan Lohner, designer et directeur de RBC Paris, Benjamin Clarens, architecte agence Cut Architectures et Ramy Fischler, designer, fondateur de RF Studio.
Tout le programme est disponible ici : https://www.equiphotel.com/fr-fr/programme/conferences.html#conferences.
Favoriser les rencontres autour de tables rondes
Tous les matins, sur le stand de l’Interior Design Center (stand N44), think tank contract & agencement de l’Ameublement français, l’Ameublement français et Intramuros proposeront un programme d’échanges qu’ils ont coconçus réunissant architectes d’intérieur et fabricants pour mieux décrypter l’état du marché et les questionnements des différents acteurs. Comment adapter un projet à un budget et vice-versa ? Comment adopter une démarche RSE ? Quels sont les nouveaux standards de l’hôtellerie ? Que vient-on chercher à l’hôtel aujourd’hui ? Autour des thématiques proposées, ces rencontres se veulent avant tout un lieu d’échanges et de partages d’expériences et d’actualités pour mieux faire se rencontrer les attentes et propositions de chacun, face aux évolutions du secteur. Chaque soir, une synthèse des échanges sera publiée sur le site d’Intramuros.
Retrouvez le programme complet ici : https://www.ameublement.com/evenements/interior-design-center-le-programme-sur-le-salon-equiphotel-du-6-au-10-novembre

Favoriser les échanges informels
En partenariat avec Lafuma Mobilier, Intramuros proposera également un lieu de rendez-vous informel (hall 7.2). Au sein de cet espace, il sera possible de consulter les derniers numéros d’Intramuros et d’accéder à une offre d’abonnement préférentielle mise en place spécialement pendant la durée du salon. Un lieu investi par Lafuma qui mettra à disposition plusieurs pièces de la collection Horizon à savoir des tables, chaises, chaises longues et chaises hautes.



Depuis sa création en 2016, aKagreen se donne pour mission de végétaliser les espaces de travail et cultiver le bien-être par les plantes. À travers des installations pérennes dans les bureaux ou éphémères le temps d’un événement, aKagreen pense les plantes comme des éléments essentiels de la conception d’espace. Entretien avec Sabrina Ananna, co-créatrice du concept.
Entreprise labellisée B-Corp, aKagreen a été créée par Sabrina et James, deux Parisiens « en mal de vert qui avaient envie de remettre un peu plus de végétal dans le quotidien urbain ». Après six ans d’existence, les chiffres sont pour le moins parlants : depuis ses débuts, l’entreprise a rendu plus verts 500 espaces de travail, ce qui correspond à 15 000 plantes installées au total. « C’est une manière de contribuer à (r)éveiller les consciences environnementales et provoquer un changement des comportements. Nous sommes engagés et soucieux de notre impact, c’est pourquoi nous sommes labellisés B Corp » explique Sabrina.
En septembre, Akagreen a œuvré à l’occasion de la Paris Design Week en aménagement le café Intramuros à l’espace Commines, lieu où se sont tenus les différents talks de la semaine. Une touche de vert qui a su faire du bien au moral, et aux poumons !
Vous défendez le fait de « cultiver le bien-être grâce aux plantes ». Dans quelle mesure leur présence dans les lieux de vie est-elle bénéfique ?
Le pouvoir des plantes sur nos comportements et notre santé n’est plus à prouver. De très nombreuses études le confirment. Les plantes agissent au niveau du bien-être, de la créativité, de l’humeur, du stress, de la productivité, de la fatigue… Elles ont un impact psychologique et physiologique positif réel. Chez aKagreen, nous ne considérons pas les plantes comme de simples objets de décoration mais comme des êtres vivants qui vont interagir avec les personnes qui les entourent pour créer un lien émotionnel positif proche de ce que nous pouvons ressentir en pleine nature. Aujourd’hui, avec les différentes crises que nous vivons, les plantes ont plus que jamais un rôle à jouer dans l’aménagement des espaces où nous passons énormément de temps.

Comment s’organisent vos interventions ?
Le projet a bien évolué depuis sa création en 2016 puisqu’aujourd’hui, nous végétalisons principalement des espaces de travail. Notre objectif est de créer des lieux de vie plus vivants, propices à l’échange et à la créativité. Dans cette optique, nos végétalisations sont généralement pérennes puisque les plantes sont installées pour durer et s’épanouir au fil des années. Autour d’un système “clés en main”, nous nous occupons de la préparation, de la livraison, de l’installation puis de l’entretien des plantes.
Voyez-vous un moyen de faire lien entre plantes et design ? Comment cela pourrait-il se traduire ?
En fonction de l’ampleur des réalisations, nous sommes régulièrement amenés à travailler avec des architectes. De fait, les plantes sont intégrées en amont du projet comme un élément architectural à part entière. Elles apparaissent sur les plans et des pièces de mobiliers sont conçues spécialement pour accueillir les différentes variétés de plantes choisies. Bien loin de la plante oubliée dans un coin, le végétal s’intègre comme un élément essentiel dans la conception des espaces, ouverts et flexibles.


Le choix des plantes est-il important ?
Nous considérons que l’impact visuel des plantes est unique. À elles seules, elles peuvent créer une atmosphère incomparable. C’est pourquoi le choix des variétés est essentiel. Chez aKagreen, nous avons l’habitude de mixer les plantes usuelles avec certaines variétés plus rares et exceptionnelles. Rien n’est laissé au hasard, toutes les plantes sont présélectionnées par rapport aux conditions de l’espace et ensuite plantées dans des endroits stratégiques pour assurer la pérennité de chacune en fonction de la lumière et de la température.

Jusqu’au 22 janvier 2023, le MAD remet à l’honneur « l’œuvre audacieuse d’Elsa Schiaparelli, dont l’inspiration s’est nourrie d’une relation privilégiée avec les artistes du milieu de l’avant-garde parisienne des années 1920 et 1930 ». Près de 20 ans après la rétrospective qui lui a été consacrée en 2004, le musée a souhaité revisiter son œuvre afin de faire redécouvrir au public sa fantaisie novatrice, son goût du spectacle et sa modernité artistique.
Elle était la meilleure ennemie de Coco Chanel et la meilleure amie des artistes les plus en vue de sa génération, bien qu’elle opérât dans une discipline encore étrangère, à l’époque, pour le monde de l’art : la mode . On ne se demande pas pourquoi et l’exposition « Shocking ! les mondes surréalistes d’Elsa Schiaparelli » du Musée des Arts Décoratifs de Paris le rappelle à l’envi. La vision de la couturière d’origine italienne, parisienne d’adoption, d’une mode plus conceptuelle et artistique que pratique et fonctionnelle, classe Elsa Schiaparelli décidément bien à part de ses congénères qui habillaient les femmes. Avec ses toilettes ludiques et décalées, elle les sublimait, leur permettait de dire d’elles-mêmes ce qu’aucun autre couturier ne permettait : « je suis libre ».

Une exposition entre hommage et héritage
Le parcours réunit 520 œuvres dont 272 costumes et accessoires de mode, « mis en regard de 248 peintures, sculptures, bijoux, flacons de parfum, céramiques, affiches et photographies signées des plus grands noms de l’époque, photographes, peintres, écrivains ou poètes, de Man Ray à Salvador Dalí, de Jean Cocteau à Meret Oppenheim ou encore d’Elsa Triolet ».

Cette grande rétrospective met également en lumière l’héritage du style Schiaparelli avec des silhouettes interprétées par de célèbres couturiers lui rendant hommage, comme Yves Saint Laurent ou Azzedine Alaïa. Daniel Roseberry, directeur artistique de la maison Schiaparelli depuis 2019, interprète cet héritage dans un esprit aussi fantasque que l’était Elsa elle-même. L’exposition serpente dans les galeries de la mode Christine & Stephen A. Schwarzman du MAD dans une scénographie poétique et immersive confiée à Nathalie Crinière.

Repérée par le designer Alexander Lervik avec lequel elle collabore désormais, la jeune designeuse Anna Herrmann présentait ses créations à la Stockholm Design Week, dont un étonnant modèle de chaise/fauteuil baptisé The Poodle, dont on peut dire qu’il a du chien !
Anna Herrmann est sans doute l’un des noms qu’il faut retenir de la Stockholm Design Week de Septembre. Elle y présentait en effet trois produits : la chaise et le fauteuil The Poodle, créés pour la marque de mobilier Johanson, et la lampe murale The Juno, conçue pour la collection Noon. Le point commun de ces différentes pièces réside en la présence en tant que figure tutélaire du célèbre designer suédois Alexander Lervik qui l’a repérée après qu’elle a obtenu son diplôme – comme lui, vingt-cinq ans plus tôt – au réputé Beckmans College of Design de Lidingö, à côté de Stockholm. Lervik ayant constaté que le nombre de jeunes étudiantes en design était plus important que le nombre de femmes travaillant effectivement ensuite comme designer à l’échelle professionnelle, il souhaitait particulièrement donner un coup de pouce à une jeune designeuse talentueuse. Le choix d’Anna Herrmann s’avère pour le coup particulièrement judicieux.


Partagée entre Stockholm et son propre studio de travail à Munich, la designeuse germano-suédoise a en effet de la suite dans les idées, qu’elle exprime dans le sillage de ses origines personnelles, entre minimalisme scandinave et esprit bavarois plus bohème. Pour la collection de luminaires Noon dirigée par Alexander Lervik, elle a imaginé le modèle The Juno, dont le dessin s’avère particulièrement poétique, avec cette ligne fluide et ses éléments astraux dont les ombres semblent flotter et se projeter sur le mur d’applique.
The Poodle : du volume et du caractère
Dans le cadre du projet PLUS1 mené pour la marque de mobilier Johanson, elle a travaillé avec Alexander Lervik sur le design de la chaise et du fauteuil The Poodle, dont les formes amples, découpées et relevées évoquent les courbes franches des coupes et tontes (coupe mouton-pantalon, coupe mouton-tondeuse) opérées sur les caniches. Une opération de toilettage textile insolite tant l’assise de The Poodle s’avère des plus surprenantes et mimétiques avec les formes du caniche qui lui donne son nom.

Le plus amusant est que l’idée du design est venue à Anna Herrmann alors qu’elle cherchait sur internet des modèles de coupe pour son propre toutou. « En fait, mon algorithme web a été bombardé de solutions de toilettage pour chiens car je passais mon temps à chercher des tutoriels en ligne pour le mien, un cockapoo, puisque tous les salons étaient fermés à cause du COVID », explique-t-elle. « Dès que je suis tombée sur la photo du caniche, j’ai su qu’il y avait là un potentiel pour créer quelque chose. L’idée a été ensuite d’essayer de capturer toute l’essence formelle de ce caniche. Pas seulement le volume, le côté ʺhugs/câlinʺ, mais aussi quelque chose tenant du caractère, de la personnalité et de l’attitude du caniche sur cette photo. » L’incidence du caniche sur le travail de design de la chaise/fauteuil The Poodle s’est d’ailleurs aussi traduite dans le choix de la matière, en coton Teddy Fabric.« Ça a permis de soutenir l’expérience tactile, avec ce tissu légèrement bouclé qui évoque une sensation de fourrure, sans en être complètement », poursuit-elle.
Travail croisé
Un autre aspect intéressant du produit est la façon dont il met en avant ce principe de travail en collaboration entre un designer aussi renommé qu’Alexander Lervik et une jeune fraîchement diplômée. « Le projet de lampe Juno, qui a été édité dans la collection Noon d’Alexander, est complètement mien et remonte à mes années étudiantes », remarque-t-elle. « Mais The Poodle est un véritable travail collaboratif. Pour autant, Alexander a bien voulu progressivement me laisser plus de place dans celui-ci jusqu’à se contenter d’un simple rôle de mentor. C’était très important pour lui que je puisse avoir la latitude de développer un vrai travail personnel de création en connexion avec le style de design de la marque Johanson. »

Les premiers croquis ont donc été dessinés et travaillés à quatre mains, avant qu‘Anna ne prenne progressivement plus nettement les rênes du projet. « D’abord, comme j’étais encore basée à Munich, nous avons beaucoup échangé d’idées, de croquis et d’inspiration à distance, via Zoom. Puis, j’ai fini par être prioritairement impliquée dans la communication avec Johanson, pour faire les présentations, régler les questions techniques de développement du produit et d’usinage, faire les ajustements nécessaires, etc. Mais, Alexander était toujours disponible pour me donner les bons conseils. » Une manière de signifier que le savoir-faire du design suédois ne repose pas seulement sur sa qualité technique, mais aussi sur la qualité relationnelle des créatifs qui en sont les garants.

Chaque année, l’annonce des lauréats du prix pour l’Intelligence de la main est un temps fort de l’automne. Ce jeudi 6 octobre, dans une salle Wagram comble, au cours d’une cérémonie célébrant avant tout la patience et la passion des artisans et designers, et en présence de Rima Abdul-Malak, Ministre de la Culture, la Fondation Bettencourt-Schueller dévoilait la « promotion 2022 » des prix Talents d’Exception, Dialogues et Parcours.
Depuis son lancement en 1999 par la Fondation Bettencourt Schueller, le prix Liliane Bettencourt pour l’intelligence de la main récompense les créateurs qui développent un savoir-faire et innovent dans le domaine des métiers d’art. Aujourd’hui devenu à la fois une référence et un label d’excellence, le prix accompagne financièrement et stratégiquement les créateurs primés à approfondir un projet.
Pour cette édition 2022, ont été récompensés : Grégoire Scalabre, le duo Anaïs Jarnoux & Samuel Tomatis et l’union d’associations L’Outil en Main. Des lauréats mis à l’honneur par la présidente de la Fondation, Françoise Bettencourt Meyers, et par le jury à nouveau présidé par Jean de Loisy, commissaire d’exposition et critique d’art. Cette soirée a été lancée sous de bons auspices, avec une prise de paroles engagée en faveur des métiers d’art et du design Mme Rima Abdul-Malak. La Ministre de la Culture a en effet rappelé que son cabinet est le premier à comprendre un conseiller spécialement en charge de ces secteurs, et l’importance du rôle à jouer de ce vivier économique, patrimonial et culturel dans le cadre de France 2030. Par ailleurs, elle a profité de la soirée pour confirmer en direct aux artisans un nouveau report cette année du crédit d’impôts.
Grégoire Scalabre, lauréat dans la catégorie Talents d’exception
Le prix Talents d’exception a pour but de récompenser un artisan d’art pour la réalisation d’une œuvre résultant d’une parfaite maîtrise des techniques et savoir-faire d’un métier d’art. Cette année, c’est le céramiste Grégoire Scalabre qui est récompensé pour son œuvre « l’Ultime métamorphose de Thétis ». Créée en hommage à la nymphe marine de la mythologie, cette pièce célèbre l’objet le plus humble et le plus essentiel de l’humanité. En effet, le vase accompagne l’homme depuis la nuit des temps, et Grégoire Scalabre le sublime en le multipliant, en jouant sur les échelles, les formes. L’œuvre comprend 70 000 amphores miniatures, faites de porcelaine translucide émaillée.


Accompagné par la Fondation Bettencourt Schueller dans ce projet, le céramiste pourra ainsi réaliser une nouvelle sculpture monumentale et équiper son atelier. La transmission étant une valeur essentielle de son parcours – totalement autodidacte comme il l’a rappelé sur scène – il prévoit également de développer ses actions actuelles, notamment par la création d’un programme de Master Class permettant à des apprentis de rencontrer des artisans d’art ayant une approche singulière de la céramique.
Pour ce prix, Grégoire Scalabre se voit récompensé d’une dotation de 50 000 € et bénéficie d’un accompagnement allant jusqu’à 100 000 € pour réaliser un projet de développement.
Anaïs Jarnoux & Samuel Tomatis, lauréats de la catégorie Dialogues
Depuis sa création en 2010, le prix Dialogues salue la collaboration d’un artisan d’art et d’un designer, à travers la présentation d’un prototype ou d’une création qui témoigne d’un savoir-faire artisanal d’excellence, l’artisan étant challengé dans sa pratique par l’approche du designer. Le duo composé de la tapissière d’ameublement Anaïs Jarnoux, et du designer Samuel Tomatis a été récompensé pour le prototype du sac MS.86.Ulva, conçu à partir d’un matériau composé à 100 % d’algues, en lieu et place des traditionnelles peaux animales. Un matériau que Samuel Tomatis a développé, testé, puis éprouvé au terme de six années de recherche en collaboration avec des artisans et des scientifiques. Ce dernier est totalement biodégradable et peut très bien remplacer le cuir ou encore le plastique, autant dans le champ industriel qu’artisanal. Une réalisation qui s’inscrit dans une démarche écologique et vertueuse. Et sur ce projet, le processus de création du sac a mobilisé l’expertise et le savoir-faire de maroquinerie et sellerie d’Anaïs Jarnoux, rencontrée aux Ateliers de Paris. Avec le soutien de la Fondation, le duo compte créer de nouvelles pièces, perfectionner ce biomatériau et développer son processus de production en vue d’une application à plus grande échelle.

Pour ce prix, ils obtiennent une dotation de 50 000 € à se partager, en plus de l’accompagnement pouvant aller jusqu’à 150 000 € pour le déploiement d’un prototype ou de l’objet afin d’en approfondir l’expérimentation, la recherche et l’innovation.
L’Outil en Main, lauréat de la catégorie Parcours
Lancé en 2014, le prix Parcours salue une personne morale pour son engagement et sa contribution exemplaire au secteur des métiers d’art français. C’est le seul prix qui ne demande pas de candidatures, les lauréats sont détectés par les experts entourant la Fondation. Cette année, c’est l’union d’association L’Outil en Main ® qui se voit récompensée. Créée en 1994, elle s’est donnée pour ambition de faire appel à des artisans et des artisans d’art à la retraite pour initier les jeunes aux métiers manuels. L’Outil en Main regroupe aujourd’hui 235 associations, réparties dans 68 départements, en métropole, également en Guadeloupe et Guyane. Chaque semaine, 3 500 jeunes de 9 ans et plus sont accueillis par les 5 500 bénévoles. Une occasion pour s’initier durant l’année à trois ou quatre disciplines différentes, de développer sa dextérité en découvrant les gestes et les outils et de réaliser son « chef-d’œuvre »… Une initiative révélatrice de talents, puis que l’expérience suscite de multiples vocations. En effet, 40 % des jeunes passés par L’Outil en Main ® choisissent ensuite un métier autour de l’artisanat.

Accompagnée par la Fondation, L’Outil à la Main ® pourra développer davantage son réseau d’associations, soutenir le recrutement de bénévoles (notamment dans les métiers d’art), et mettre en place des modèles innovants d’ateliers destinés, par exemple, aux jeunes en situation de handicap. Avec ce prix, l’Outil en main bénéficie d’un don de 50 000 € ainsi qu’accompagnement jusqu’à 100 000 € pour réaliser un projet destiné à faire rayonner l’univers des métiers d’art.

Le Mondial de l’Optique se tenait à Paris du 23 au 26 septembre avec sa cohorte d’exposants, opticiens, fabricants, éditeurs, scientifiques ou Meilleur Ouvrier de France, spécialiste en verre optique ou spécialistes en montures recyclées… sous la présidence d’Amélie Morel. Comment la technologie peut-elle révolutionner l’industrie à 180°, du concret au virtuel, de la lunette intelligente au metaverse, c’était la question de cette 56e édition qui accueillait pour la première fois le Concours Design Optique 2022 dont le jury était présidé par Emmanuel Gallina.
Stimuler la création, être un tremplin pour la jeune génération, les jurés ont sélectionné 7 projets qui ont fait l’objet d’un prototypage et ont été examinés en regard de leur dimension design, créative et innovante, de l’usage, de la fonction et de leur faisabilité. L’optique de demain se dessine, des montures jusqu’aux verres, version connectée ou version bijoux.
Le jeune Italien Vincenzo Panico, de la Nuova Academia di Belli Arti de Milan, sous la direction de Denis Santachiara, proposait les Googgless, des verres bijoux à porter pour se défaire du TDA, Trouble de la dépendance à Internet, à porter comme un » médicament » pour se libérer de la « maladie des écrans ». Alessandro Battaini, également sous la direction de Denis Santachiara, proposait les lunettes SI, destinées aux personnes qui après 40 ans commencent à souffrir de presbytie, livrées sous forme de fichier numérique, à réimprimer en 3D en cas de perte. Sessa Martina, sous la direction de Tattoni Guido, proposait Sonder, un projet conçu pour les générations de smart workers futures.

Le designer Diego Sparte, proposait Knot, des lunettes inclusives soucieuses des personnes souffrant d’arthrite, maladie auto-immune qui affecte les petites articulations. Jocelyne Boisson de l’Ecole Supérieure de Design des Landes de Mont-de-Marsan, proposait Percy, qui interroge sur le devenir des éco-systèmes marins et recycle le plastique extrait des océans. Avec Oora, Silvana Migliozzi cible les générations Y et Z, constamment connectées, leur offrant la possibilité de prendre en note des citations ou autres recherches compulsives, grâce à une micro-camera intégrée dans les branches.


Finalement, c’est Adi Abramov, dirigé par Uri Samet, qui en proposant Unfoldable, un concept durable et écologique, sans charnière ni vis, a remporté les 10000 euros du Prix du Design à partager avec son Ecole, la Shenkar College of Engineering, Design and Art de Ramat Gan en Israël.
Le Silmo, un salon international à suivre en novembre à Istanbul, en mars 2023 à Copenhague, en avril à Singapour, Barcelone, Prague, Porto pour revenir du 29 septembre au 2 octobre 2023 à Paris. Une marque qui voyage.

Labellisé « Génération Egalité Voices ONU Femmes France » et actrices et acteurs de la « #générationégalité », le collectif Women In Design, créé en octobre 2020, a lancé son programme de rôle modèle le jeudi 22 septembre, lors d’une conférence de presse.
En septembre 2021, Intramuros ouvrait sa série de talks à la Paris Design Week avec une carte blanche au tout nouveau collectif Women in Design (WID). Tout naturellement, l’échange s’est prolongé lors des talks de 2022 avec un « débat mouvant » questionnant notamment l’importance de rôle modèle dans les parcours de vie.
Fin septembre, le collectif décide encore plus loin dans ses annonces lors d’une conférence de presse. Parties du constat de l’archétype du rôle modèle dans le design français, WID lance le programme des rôles modèles. « L’image du designer est le standard de l’homme blanc quinquagénaire et évoluant dans un milieu privilégié », explique Johanna Rowe Calvi, fondatrice du collectif, laquelle reprend la citation d’Anna Dubessy. Women In Design propose de mettre en avant des rôles modèles sortant des sentiers battus, entrouvrant ainsi la porte sur un champ des possibles aux personnes qui souhaitent se lancer dans le monde du design.

Des rôles modèles pour de futures générations de designers
À la question « Le terme women n’exclut-il pas les personnes non binaires ? », Johanna de répondre « En réalité, les personnes non binaires sont inclues dans Women In Design, mais nous le précisons systématiquement. Parler du design en termes de genre ou de non-genre donne aussi la possibilité d’ouvrir la discussion sur un sujet rarement abordé. » Ce propos ouvre effectivement sur un débat national qui dérange, celui de l’identité sexuelle. « Nous sommes un collectif qui souhaite se développer en tant que sororité dans un premier temps, mais à terme, l’idée est de devenir une adelphité. »

Si parler de genre semble incongru dans le monde merveilleux du design, on évoque encore plus rarement le sentiment de non-appartenance à ce milieu. Pour le collectif, l’image du design francophone est sclérosée. « Il est difficile de se projeter dans la peau d’un designer lorsque l’on n’est pas issu du bon milieu social ou que l’on n’a pas la bonne carnation. À l’entrée des écoles de design, on ne tend pas à une grande pluralité. » À travers ce prisme, Women In Design a créé une communauté composée de personnes francophones de tous âges, de cultures et de milieux sociaux différents afin de valoriser des individus inspirants, souvent méconnues du grand public, qui serviront notamment de rôles modèles.

De nouveaux archétypes
Women in Design lancera officiellement son programme 2023, ouvert aux femmes et personnes non binaires, en janvier prochain. C’est à l’issue de la table ronde organisée par Intramuros en septembre 2021 à la Paris Design Week, que le ce projet a vu le jour. Cinquante-deux rôles modèles ont été choisies pour l’année à venir. La communauté a sélectionné ces femmes ou personnes non binaires qui forcent le respect par le biais de leur action, de leur travail, voire de leur influence. Le groupe de travail est composé des designers Laure Guillou, Marguerite Guéret, de l’artiste-designer Barbara Asei Dantoni, de Rose Rondelez, étudiante à Science Po et de Strate Ecole de Design.
Pour ce premier opus, la parole sera donnée à des designers francophones et ambassadrices d’horizons variés. Chaque semaine, l’une d’elles sera à l’honneur via trois temps forts. Une fois par mois, une table ronde, incluant les trois à quatre rôles modèles du mois, sera mise en ligne.

Le 26 août, Brokis organisait la 3e édition de la Glassmakers Night, dans son usine à Janštejn, en plein cœur de la campagne tchèque et en présence de son fondateur Jan Rabell. L’occasion de découvrir les coulisses de la verrerie et de dévoiler en exclusivité les nouvelles collections, imaginées par la directrice artistique de la marque, Lucie Koldova.
« Il y a 25 ans, j’ai voulu donner une chance au monde du verre et changer la façon de le produire » déclarait Jan Rabell lors de son discours d’ouverture à l’occasion de la Glassmarkers Night le 26 août dernier. Pour cet homme ayant précédemment évolué dans le secteur de la finance, quitter la ville pour la campagne en rachetant cette soufflerie de verre en 1997, était un pari. Au fil des années, il a su s’appuyer sur le savoir-faire de ses artisans souffleurs pour tenter de faire monter en gamme le monde du verre. En 2006, la marque Brokis est créée. Depuis, la maison est devenue une référence haut de gamme et signe l’excellence du savoir-faire tchèque, dirigée par sa directrice artistique depuis 2010, Lucie Koldova.


Trois nouvelles collections, entre élégance et brutalité
À son arrivée en 2010, Lucie Koldova n’imaginait pas atteindre de tels résultats. Pour cette designeuse originaire de Prague , intégrer Brokis était l’opportunité de découvrir de nouveaux savoir-faire et de faire évoluer sa pratique du design. « Je n’avais encore jamais fait de luminaires, je me suis dit que c’était l’occasion parfaite pour se lancer ». Douze ans plus tard, l’inspiration ne manque pas, tandis qu’elle proposait lors de la Glassmakers Night, les trois nouvelles collections 2022 : Overlay, Prisma et Orbis.

La collection Overlay, présentée en exclusivité lors de l’évènement, est inspirée de l’architecture. Au cours de sa présentation, Lucie Koldova explique avoir toujours aimé faire interagir les matières entre elles. « En tant que directrice artistique, je me dois de proposer le plus de modèles inédits. Le but premier de Brokis est de combiner le verre, qui reste évidement le matériau principal, mais également de le confronter à d’autres matériaux tels que le bois, le métal, le cuir… » De fait, la structure qui maintient la partie en verre est faite en béton composé à 60 % de chutes de verres. Un surplus de matière qui sert également à faire le BrokisGlass, cette nouvelle matière créée par Brokis, que Lucie Koldova avait par ailleurs présentée lors d’un talk Intramuros à la Paris Design Week en septembre 2021. « Cette collection est un vrai accomplissement, car nous avons réussi à créer un nouveau matériau que nous pourrons ajouter à nos prochaines collections » conclut-elle.

La deuxième collection, Prisma, puise son essence de l’architecture brutaliste. Faite en métal en zinc traité, elle se démarque par sa singularité. « Je dirais de cette collection qu’elle est audacieuse. En tant qu’architecte et designer, il est important de savoir repousser ses limites et de sortir du cadre pour aller encore plus loin. C’était un vrai challenge pour moi. » Prisma dévoile ainsi des modèles qui produisent une lumière forte, à l’image de son design. Si cette collection semble plus « sombre » par rapport à ce que Brokis a l’habitude de proposer, Lucie Koldova explique notamment qu’à travers les différentes facettes, les jeux de lumières et de couleurs produits par les luminaires, l’élégance et la sensualité de Brokis arrivent à se distinguer.


Enfin, la dernière collection, intitulée Orbis a été créée pour s’adapter à tous les espaces. Inspirés des bulles de savon, les luminaires sont disponibles en 3 tailles différentes, permettant de former une association intéressante et singulière. Inaugurées au printemps, les premières versions existaient uniquement en gris. Pour cette rentrée, que Lucie Koldova voulait plus colorée, Orbis dévoilait trois nouveaux coloris : caramel, gris rosé et kaki.



Dans le cadre de « Réenchanter la Villa Médicis », un appel à candidatures est ouvert jusqu’au 30 novembre 15h. Il s’adresse à des équipes pluridisciplinaires alliant designers, architectes, artistes contemporains en équipe avec des artisans d’art. L’objectif ? Donner une nouvelle identité à 9 chambres d’hôtes de la Villa Médicis.


Horace Vernet, Balthus, Richard Peduzzi… Ces directeurs de la Villa Médicis ont particulièrement marqué l’histoire de ce siège de l’Académie de France à Rome, par de grandes opérations de réaménagement et rénovation. « Plus un lieu produit de l’histoire et devient patrimoine, plus la réticence a une intervention contemporaine est forte » exprime Sam Stourdzé, directeur actuel de la Villa Médicis. C’est pourtant un challenge qu’il a choisi de relever en lançant un vaste projet de réaménagement « Ré-enchanter la Villa Médicis » à l’horizon 2025.
Car plus que réaménager, il s’agit pour lui de « réenchanter », autrement dit faire dialoguer les époques, l’histoire et le présent, dans une villa forte en symbole, et avant tout centre d’art. Redonner une identité à des espaces, retrouver des usages oubliés, inscrire cette pluridisciplinarité créative, propre à ce lieu, en faisant dialoguer design, savoir-faire d’excellence, architecture d’intérieur sont les moteurs de ce programme construit en plusieurs phases, qui vient d’être officiellement lancé. « Au XXIe siècle, le rôle de cette maison est d’être une plateforme, là où elle a pu être vue comme une tour d’ivoire » insiste Sam Stourdzé, qui précise « notre volonté est de créer le dialogue entre les champs d’expertise ». À travers une campagne de réameublement, il s’agit de chercher des regards différents, qui dans quelques années, seront les marqueurs d’une époque. « Attention, l’esprit n’est pas celui d’un hôtel de luxe. Ce que nous recherchons, ce sont des écritures, un langage. » Et de citer l’exemple de ce qui a pu être fait à la Villa Noailles.

Réaménagement de 9 chambres d’hôtes de la Villa Médicis
Pensé comme un « laboratoire d’idées », ce projet a l’ambition de faire travailler des équipes réunissant designers et architectes d’intérieur, avec des artisans d’art, avec une liberté d’intervention totale.
Ces chambres sont utilisées par des hôtes de passage, des artistes invités. Elles comportent une mezzanine et deux blocs (une kitchenette et une salle de bains) . L’appel à candidatures, disponible ici, est ouvert jusqu’au 30 novembre 15h . En décembre, six équipes seront ensuite présélectionnées pour préparer sur un temps de résidence un projet. En février 3 équipes seront ensuite retenues pour rénover 3 premières chambres d’ici l’automne prochain.
Le jury sera composé d’Alberto Cavalli, directeur exécutif de la Michelangelo Foundation for Creativity and Craftsmanship et commissaire général de Homo Faber Event, d’Hedwige Gronier, responsable du mécénat culturel de la Fondation Bettencourt Schueller, d’Hervé Lemoine, président du Mobilier national, de Christine Macel, directrice du musée des Arts décoratifs, d’India Mahdavi, architecte, designer et scénographe, Isabelle de Ponfilly, présidente du conseil d’administration de l’École nationale supérieure des Arts décoratifs, et présidé par Sam Stourdzé, directeur de l’Académie de France à Rome – Villa Médicis.
Cet appel sera ensuite renouvelé tous les six mois, sur le même principe pour le réaménagement des chambres suivantes. Le budget de chantier par chambre est de 60 000 euros. Les dossiers peuvent bien entendu inclure des potentiels financements extérieurs.




« Réenchanter la Villa Médicis » : autres phases du programme
Parallèlement à cet appel à candidatures, deux autres phases importantes du réaménagement de la Villa sont prévues.
La première porte sur le réaménagement de 6 salons de réception – aujourd’hui quasiment cantonnés à des espaces de stockage – qui sera dévoilé mi-décembre 2022.
La seconde porte sur le réaménagement de deux chambres d’exception et de salles d’exposition qui devrait être présenté en avril 2023.
Des partenaires longue durée pour la Villa
Pour mener les différentes phases de ce programme, la Villa Médicis est accompagnée par des partenaires de taille, tels le Mobilier national, la Fondation Bettencourt Schueller, La Fondation banque Populaire et la Maison Treca. Ainsi, outre la mise à disposition de pièces de sa collection, le Mobilier national apporte sa capacité d’expertise technique, voire un possible accompagnement du prototypage des éléments.
La Fondation Bettencourt Schueller est elle aussi un acteur essentiel de ce programme, tout en ouvrant un partenariat plus large avec la Villa Médicis : elle soutient notamment de premières résidences autour des métiers d’art : la tourneuse Mylinh Nguyen arrivera ainsi à la Villa en novembre, suivi au printemps par le duo Caterina et Marc Aurel.
La Fondation Bettencourt Schueller apporte aussi son soutien au programme Résidence Pro, à destination des lycées professionnels et agricoles, lancé l’an passé par Sam Stourdzé.. Ainsi, en 2022, 300 élèves de la filière bois de la région Nouvelle Aquitaine ont été accueillis, pour un programme sur mesure d’une semaine, point d’orgue d’un travail mené tout au long de l’année. En 2023, ce seront 600 élèves des régions Grand Est et Provence Côtes d’Azur qui seront accueillis, autour des arts de la table et des saveurs.
Un bel exemple de la vision et de la volonté de Sam Stourdzé de « décloisonner, déconstruire les approches en silos » et de « réinventer un principe de résidences, comme un agrégateur de population ».

Événement consacré aux architectes, architectes d’intérieur et agenceurs, le salon Architect@Work 2022 joue la carte des synergies en présentant une sélection de plus de 800 nouveaux produits proposés par 260 industriels participants. Un programme riche qui fait la part belle aux matériaux made in France, au French Design et au lien entre art et architecture.
Les 22 et 23 septembre, le Paris Event Center accueille la 15e édition du salon Architect@Work, un événement réservé aux prescripteurs du secteur de la construction et qui leur propose de découvrir nouveaux produits et innovations dans un cadre qualitatif propice aux échanges. Dans un programme riche en expositions, interventions et présentations, ce sont plus de 800 nouveaux produits qui viendront alimenter une réflexion générale autour des synergies du secteur, qu’il s’agisse de la pensée partagée au sein des agences d’architecture ou avec les responsables de maîtrise d’ouvrage, ou du débat croisé avec les industriels porteurs de solutions techniques et les structures accompagnatrices.

Innovation 100 % française et design d’espace
Outre la prise de parole des architectes, plusieurs temps forts vont rythmer Architect@Work 2022. L’équipe Innovathèque va mettre en lumière des entreprises françaises qui conjuguent savoir-faire et innovation autour de produits locaux, durables et de systèmes innovants 100 % made in France. Le French Design va présenter les architectures d’intérieur des meilleurs studios français (Isabelle Stanislas, Pierre Yovanovitch, Jean-Michel Wilmotte, etc.), lauréats du prix Le French Design 100 en design d’espace. Le lien entre art et architecture va trouver une nouvelle matérialité derrière les réalisations du sculpteur métal Philippe Desloubières.