Maison & Objet : une édition de septembre « méta-sensible »
oltre NFT Morning Saba © Gaia Bonanomi

Maison & Objet : une édition de septembre « méta-sensible »

Projections virtuelles et retour à la matière : notre époque, riche en paradoxes, dresse des ponts entre des univers autrefois étanches, voire antinomiques. Entre mondes réels et virtuels, Maison et Objet choisit d’orienter son édition de septembre sur des expériences sensibles et sensorielles, attentif à une société en quête d’émotion et d’évasion, entre défiance et renaissance. Décryptage par Vincent Grégoire, directeur Consumer Trends & Insights chez NellyRodi.


«  En 2020, nous avons tous été en mode résistance, en 2021, en mode résilience. 2022 marque une volonté de renaissance. » Avec le Covid, la peur de perdre le goût, l’odorat, et la sensation de vase clos qui donne un sentiment de limiter l’espace où porte le regard, s’est développée une réaction de retour à la prise en compte des sens… voire un rapport au monde en mode « hypersensible ». Depuis la  maison-refuge, à côté des digital native, les boomers se sont mis à apprivoiser le numérique, une appropriation du digital accélérée, qui n’appelle pas de marche arrière. Vincent Grégoire observe ainsi une fracture générationnelle avec des «quinquados » qui refusent un éventuel déclassement par l’âge, qui côtoient une jeune génération qui a enchaîné des périodes de crise et qui n’a pas connu la vie sans Internet et qui gère parallèlement au quotidien une vie numérique à travers les réseaux sociaux, en mode ludique comme en mode projet. Le digital devient un média comme un autre, il accompagne naturellement l’expérience physique, et  l’augmente plus que s’y substitue.

Hybridation des univers

Un choc d’expériences, qui tend à rendre poreuses les frontières entre les mondes réels et virtuels. Un besoin de tangible parallèlement à une volonté de se projeter, et vite, de s’immerger, car les outils technologiques ont depuis bien longtemps modifié notre rapport au temps. Visite virtuelle en preview de la visite physique d’un showroom, création NFT en complément de l’objet édité… les nouveaux entrepreneurs brouillent les pistes et testent dans le métaverse des projets avant de les éditer, utilisent les réseaux sociaux comme des mondes inspirants.

C’est cette fusion des mondes que Maison et Objet a choisi de mettre en avant, à travers le thème « Méta-sensible » qui va porter son édition de septembre, et  infuser la Paris Design Week.

En mode ludique

Une volonté de mettre en avant de nouvelles énergies, des esthétiques détonantes, d’observer des nouveaux usages après cette réappropriation du « chez-soi » qui a marqué ces années rythmées par différents confinements. Le « cocon » de l’habitat évolue doucement vers un cadre toujours protecteur mais plus joyeux, aux formes rebondies, dans le développement d’une esthétique fantasmatique… irriguée par les passages entre les mondes :  à l’image des collections de Pink Stories, PolsPotten, Mojow ou l’Italien Saba (qui propose déjà ses canapés sous forme de NFT).

Maison et Objet : détecteur de talents

Si Maison et Objet cherche à traduire dans son choix de « tendances » le cœur vivant de la société, le salon aussi a décidé d’accentuer sa volonté de mettre en avant la jeune création. Parallèlement aux Rising Talents Awards (en septembre consacrés à la scène néerlandaise), le label Future on Stage mettra l’éclairage sur de jeunes maisons d’édition.

Parallèlement, la Paris Design Week – notamment dans la section Factory – se fera l’écho de cette époque résolument « phygital », en présentant des projets dédiés à la matière, que ce soit dans sa valorisation par le geste ou sous l’angle de l’innovation écologique, dans une promesse de mises en scène faisant appel au design numérique.

Une édition qui s’annonce généreuse, enthousiaste, éclectique, dans un « besoin de sens et d’émotion » :  l’attente est créée, aux exposants de répondre à cette envie du public d’être surpris.

Du 8 au 12 septembre
Maison et Objet (Parc des Expositions – Villepinte)
Paris Design Week

oltre NFT-Sunset-Saba- ©Gaia Bonanomi


Rédigé par 
Nathalie Degardin

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17/9/2026
Frgmnt : pour un design désirable

Après un premier événement en juin, Frgmnt a souhaité réitéré l’expérience en présentant, à l’occasion de la Paris Design Week, sa première exposition intitulée « Edition 01 ». Visible jusqu’au 19 septembre, celle-ci entend mettre sur le devant de la scène « les matières que personne ne regarde ».

Pour sa première participation à la Paris Design Week, Frgmnt a sélectionné pas moins de 43 designers et 11 fabricants de matériaux, réunis pour présenter une démarche et des pièces imaginées à partir de matières, de chutes et de rebuts industriels oubliés ou délaissés. Initiée par Meryl Benitah, l’initiative Frgmnt est d’abord celle d’un défi créatif lancé en juin dernier. Pendant 48 heures, des groupes de designers, associés pour l’occasion, ont imaginé des pièces à partir de médiums souvent considérés comme « non désirables ». Du bois au métal, le projet intégrait également de nouveaux matériaux, à l’image de celui conçu par Etnisi à partir de pare-brise, ou encore le Tissium développé par la société Maximum. « On était un peu sur le format d'un hackathon, mais dédié au design. On est partis de matériaux qui étaient soit récupérés, soit revalorisés pour montrer que le réemploi ou même la seconde vie peuvent être des choses désirables. Même si les participants ne se connaissaient pas, il y a rapidement eu une certaine émulation créative, et très vite des groupes se sont formés et ont réussi à sortir des pièces en deux jours seulement », confie Meryl Benitah.

Table basse LNKD par Emma Batsheva Cohen, Clémence Lucchini et Tancrède De Beaumont / Table d'appoint Dør par Céline Proust © Etienne Boulanger

Cette initiative a retenu l’attention de Sabrina Piperno, gérante de l’espace Heureux les Curieux, qui a souhaité soutenir le projet en proposant à Frgmnt de s’exposer en septembre pour la Paris Design Week. « Pour cette édition, l’idée était d'inviter d'autres partenaires fabricants de matériaux pour créer, d’une part, cette matériauthèque et, d’autre part, de faire venir des designers ayant la même démarche. Que ce soit à travers la matière ou la démarche de fabrication design », poursuit Meryl Benitah.

Ecran ambiant et chaises chimères Sunset Chamber par Théo Laverne et Nicolas Guillamot © Intramuros

Une nouvelle manière de penser la matière

Déployée sur deux étages, l’exposition présente des univers singuliers, réunis par une même ambition : créer à partir de l’existant ou explorer le potentiel de nouvelles matières. « Il y a plein de manières de faire un objet bien conçu et qui répond aux besoins du marché. Certains font du réemploi, d'autres répondent par la matière, quand certains le font par la fonction. Mais tous racontent une histoire à travers une pièce, et toujours en se demandant comment créer des objets qui soient désirables sur le long terme. » Une interrogation qui a amené des designers à s’associer avec des fabricants à l’image de hors-studio dont la lampe Caretta Caretta a été réalisée en Celullio, un matériau développé en collaboration avec Matériaux Urbains. Ce dernier est également à l’origine de Paperio, un nouveau médium sur lequel Atelier Alcova s’est appuyé pour donner vie à Tecto. De leur côté, d'autres créatrices et créateurs présentent des pièces originales issues de leur propre démarche. On retiendra notamment Atelier Perret, à l’origine de la suspension Séléné réalisée à partir de marc de café, mais aussi le vase T65 conçu à partir de pain par le studio Copain, et enfin le concept d'Emma Batsheva Cohen autour de l’optimisation du cuir végétal.

Miroir Soulmates par Clement Thevenot, fauteuil, lampe et petite table Tash'rit par Emma Batsheva Cohen © Intramuros

Favoriser les rencontres

Autant de profils et de pistes explorées qui entendent démontrer que des matières, a priori délaissées, peuvent devenir désirables dès lors que le design s’en empare. « Mon objectif personnel est de favoriser ce lien entre les fabricants, les designers, mais aussi les prescripteurs, en créant un joli écosystème qui va les faire collaborer et permettre à ces pièces de se retrouver dans des hôtels, des restaurants, et favoriser leur développement à grande échelle. » Avec cette exposition, c’est donc de nouvelles passerelles entre les secteurs clés du design que Meryl Benitah entend construire.

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17/9/2026
Triode inaugure le 28, son nouvel espace d’exposition

Triode a récemment inauguré le 28, un nouvel espace parisien pensé comme un terrain d’expression libre pour les designers. Pour ouvrir le bal, Jean et Oliver Pelle, fondateurs du studio américain Pelle, présentent l’exposition « Metallic Reverie » composée de dix pièces inédites autour du métal et de la lumière.

Ni galerie, ni showroom. Installé au 28 rue Jacob, dans le 6e arrondissement, le 28 entend proposer un nouveau format d’exposition. Imaginé par Jacques Barret, fondateur de Triode, ce nouvel espace invite des designers représentés par la maison à dépasser la seule présentation de leurs collections. À chaque exposition, ces derniers ont carte blanche pour dévoiler une facette plus personnelle de leur univers. Pour cette première invitation, Triode retrouve ainsi Jean & Oliver Pelle, quatre ans après leur première exposition commune à Paris.

Collection Light Objects par Oliver Pelle

Deux regards sur la matière et la lumière

Architectes de formation et installés à Brooklyn, Jean et Oliver Pelle développent une pratique à la frontière de l’architecture, de l’artisanat et de l’expérimentation. Pour l’exposition « Metallic Reverie », le duo a imaginé dix œuvres spécialement conçues pour le 28, réunies autour d’un même matériau : le métal. Jean Pelle y présente notamment sa série de luminaires Fountain, nourrie de souvenirs et de paysages observés en Corée et sur les côtes américaines tandis qu’Oliver Pelle explore à travers Light Objects la rencontre entre lumière, matière et espace. Deux écritures bien distinctes mais réunies par une même attention portée à la matérialité. Une manière d’inaugurer le 28 en donnant à voir ce que ce nouveau lieu entend précisément révéler : l’intime personnalité des designers.

Luminaire Cityscape, collection Fountain par Jean Pelle
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15/9/2026
Garnier & Linker signe sa première collection outdoor

À l’occasion de la Paris Design Week, Garnier & Linker a dévoilé Aurora, sa première collection de luminaires outdoor. Une nouvelle étape pour le studio, qui transpose son travail autour de la matière et de la lumière à de nouveaux usages.

Avec Aurora, Garnier & Linker brouille les frontières entre intérieur et extérieur. Pour cette première incursion vers l’outdoor, le studio ne rompt pas avec son vocabulaire formel mais choisit au contraire de le prolonger. Plusieurs pièces existantes sont ainsi ré-interprétées en introduisant notamment un nouveau matériau : la fonte d’aluminium. Jusqu’alors déclinés en bronze ou en plâtre, les luminaires gagnent ici une expression plus architecturale, adaptée aux contraintes de l’extérieur sans perdre l’identité propre au studio.

Applique Aura, collection Aurora © Garnier & Linker

La matière comme fil conducteur

Employée seule sur les appliques Nezu et Kora, ou associée à l’albâtre pour les modèles Teree et Theo, la fonte d’aluminium enrichit les recherches menées par le duo autour des matières et de leurs interactions avec la lumière. En plus de ces modèles, la collection s’enrichit de six autres pièces inédites intitulées Aura, Cronos, Eos, Gaia, Retina et Thala. Développée au sein de l’atelier du studio situé près de la forêt de Fontainebleau, la collection s’inscrit dans la continuité d’une démarche où matière et texture façonnent l’objet. Et si l’aluminium répond naturellement aux exigences d’un usage pour extérieur, ces pièces sont également imaginées pour prendre place dans des espaces intérieurs. Présentée comme le premier chapitre d’une offre appelée à s’étoffer, Aurora entend ainsi repenser le luminaire outdoor en l’affranchissant de ses codes traditionnels pour l’intégrer pleinement au langage du studio.

Applique Eos, collection Aurora © Garnier & Linker
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17/9/2026
Alki revisite Kuskoa avec Kuskoa M

Quinze ans après le lancement de Kuskoa, Alki et Iratzoki Studio font évoluer cette collection emblématique avec Kuskoa M.

Créée par Iratzoki Studio en 2011, Kuskoa s’est imposée comme l’un des best-sellers d’Alki avec son principe de coque en chêne posée sur un chevalet en bois massif. La marque dévoilait, à l’occasion de la Paris Design Week, Kuskoa M. Composée d’une chaise, de deux tabourets de hauteurs différentes et d’un banc, la collection a été imaginée pour les restaurants, les bars, les cantines comme les cuisines. Avec ses diverses hauteurs et typologies, cet ensemble peut ainsi offrir plusieurs configurations au sein d’un même espace.
Dotée d’une structure tubulaire en acier thermolaqué, l’assise développe une nouvelle expression graphique. Disponible dans plusieurs finitions, elle offre à chacun la possibilité de composer sa propre pièce, en célébrant le monochrome, ou au contraire, les contrastes entre métal, bois et textile. À noter que la coque peut-être tapissée dans son entièreté ou seulement en face avant.

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