Pedrali : "l'accent est mis sur le bien-être"
Chaise Lamorisse, CMP Design pour Pedrali, direction artistique : Studio FM © Andrea Garuti, Studio Salaris

Pedrali : "l'accent est mis sur le bien-être"

Au début des années 60, Mario Pedrali crée un atelier avec lequel il produit des meubles de jardin en fer forgé : le mobilier extérieur sera ainsi le fondement de Pedrali, qui s’est depuis bien élargi à l’aménagement résidentiel, le mobilier de bureau, comme celui de l’hospitality. Aujourd’hui à la pointe de la technologie, la grande entreprise italienne fêtera cette année ses 60 ans, sans oublier ses racines.  Sa présidente actuelle, Monica Pedrali, fille du fondateur, et son frère nous partagent leur vision du secteur de l’outdoor.


Retrouvez notre dossier spécial dédié à l’outdoor dans le numéro 215 d’Intramuros.

Quelles évolutions avez-vous constaté sur le secteur de l’outdoor ?

Ces dernières années, nous avons constaté l’émergence d’une nouvelle façon de vivre, d’expérimenter et de partager les espaces, en accordant de plus en plus d’importance à l’ameublement de nos maisons, aux espaces en plein air des restaurants et cafés, ainsi qu’aux espaces communs des lieux de travail. Ils sont de plus en plus conçus pour assurer le bien-être, et l’objectif est d’apporter la même qualité et le même soin à l’extérieur qu’au mobilier intérieur. Pour le marché résidentiel, ces dernières années, nos maisons ont été réaménagées pour nous accueillir plus longtemps. Les espaces extérieurs, tels que les terrasses, les jardins et les vérandas, se sont imposés, contribuant de manière significative à notre sérénité et à notre humeur. Accueillants, intimes, ils possèdent les mêmes qualités que celles que l’on retrouve à l’intérieur. Dans le monde entier, nos collections meublent nombre d’espaces plein air de résidences privées  : la collection Panarea de CMP Design et Reva Twist de Patrick Jouin se trouvent sur la terrasse d’une résidence privée surplombant le lac d’Iseo, les chaises Tribeca de CMP Design définissent les espaces extérieurs de villas privées en Grèce, la collection Remind d’Eugeni Quitllet a été choisie pour la Casa Lo Alto en Espagne…

Chaise de bar Panarea, CMP Design pour Pedrali, direction artistique : Studio FM © Andrea Garuti, Studio Salaris
Chaise Souvenir, Eugeni Quitllet pour Pedrali, direction artistique Studio FM © Andrea Garuti, Studio Salaris

De même, dans le secteur du contract, parmi les projets récemment réalisés avec nos collections d’extérieur, nous pouvons citer le Khufu’s Restaurant à Giza où les fauteuils Panarea de CMP Design meublent la terrasse extérieure à la vue splendide sur les pyramides. La collection Panarea décore également les extérieurs de l’Osteria BBR d’Alain Ducasse à l’hôtel Raffles de Singapour, la terrasse du restaurant DAV Milano by Da Vittorio dans le cœur moderne de Milan, et le restaurant Amandus de l’hôtel cinq étoiles Villa Lario Resort, qui surplombe le lac de Côme.

De nouveaux segments de marché ont-ils émergé ?

Le besoin d’espaces extérieurs se fait de plus en plus sentir dans les espaces de travail, en raison des nombreux avantages que la verdure apporte au bureau : lorsqu’il y a des espaces extérieurs pour se détendre ou lorsque des éléments naturels sont introduits sur le lieu de travail, la satisfaction et la productivité augmentent, ce qui permet de maintenir des niveaux élevés de concentration.

Sofa Nolita, CMP Design pour Pedrali, direction artistique : Studio FM © Andrea Garuti, Studio Salaris

Quels sont les secteurs avec lesquels vous travaillez ?

Nous nous adressons principalement aux architectes et aux décorateurs d’intérieur qui souhaitent inclure des produits avec des finitions qui ennoblissent les matériaux utilisés. L’utilisation de la couleur est aussi très importante pour Pedrali, c’est un élément distinctif de notre marque, nos collections sont présentées dans des tonalités chaudes et vives. Lors de la conception de produits outdoor, l’accent est mis sur le bien-être. Pour ne citer qu’un exemple, le nom de la collection Reva de Patrick Jouin évoque des atmosphères relaxantes et rêveuses.  

Comment traitez-vous les contraintes propres à la conception outdoor ?

Nous accordons une attention particulière à la qualité croissante des matériaux, de plus en plus innovants, à l’excellence des performances techniques et esthétiques. Je pense aux cordes en polypropylène résistant aux intempéries, pour un aspect vraiment naturel, ou le béton, un matériau très résistant qui, grâce à l’ajout d’additifs soigneusement sélectionnés, garantit d’excellentes performances techniques, notamment la facilité de nettoyage, une plus grande résistance aux contraintes mécaniques et aux intempéries, et une faible perméabilité aux liquides et aux taches.

Sofa Arki, Pedrali, direction artistique : Studio FM © Andrea Garuti, Studio Salaris

Quelle est la demande principale qui vous est faite ?

On nous demande surtout des produits polyvalents répondant aux besoins de reconfiguration et d’évolution de l’agencement des espaces. Ceux-ci peuvent changer considérablement en fonction des besoins. En outre, les architectes et les décorateurs d’intérieur recherchent principalement la qualité et la durabilité des matériaux de nos meubles. La fonctionnalité va également de pair avec le design : un meuble est demandé et apprécié lorsqu’il est à la fois fonctionnel et beau. Nous faisons beaucoup de recherches dans le choix des tendances, des couleurs et des lignes, et nous offrons une large gamme de finitions personnalisées. Nous étudions des meubles qui s’adaptent à des environnements de styles différents, où le dialogue entre l’extérieur et l’intérieur est continu et efficace.

Ces attentes ont-elles eu un impact sur le positionnement de votre marché, de votre stratégie, de votre activité commerciale ou même de votre produit?

Notre entreprise peut être définie par les concepts d’esthétique, de tradition et d’innovation. En ce qui concerne ce dernier point, l’innovation est liée à une connaissance approfondie et de longue date des matières premières, des processus et des solutions technologiques, transformant le design en une production industrielle de grande valeur. Pedrali produit « juste à temps », « ce dont vous avez besoin quand vous en avez besoin », et grâce à la production allégée, elle réduit les déchets de matières premières. L’entreprise dispose non seulement de plus d’espace pour stocker les produits, mais elle gagne également en efficacité dans la production de produits « sur mesure ». L’objectif est d’offrir un meilleur service aux clients et de respecter les délais de plus en plus stricts des projets d’ameublement.

Grand Hotel Union, Lubiana (Slovenie) © Janez Marolt

Avez-vous une équipe de conception interne ?

Oui, nous disposons d’un département de recherche et développement qui s’occupe de la conception et de l’industrialisation des produits. Des designers professionnels, au sein d’une équipe dirigée par mon frère Giuseppe, développent leurs concepts de design sur la base d’un mélange d’héritage, de savoir-faire technique et de créativité. Travaillant en étroite collaboration avec les départements de production et de qualité, les produits sont développés à partir d’une recherche rigoureuse. Le résultat est une ligne de produits industriels fonctionnels et polyvalents en métal, plastique, bois et tissus d’ameublement, mais aussi en combinaison les uns avec les autres. Le processus allie tradition et innovation, excellence technique et ingéniosité créative.

Que vous apporte la collaboration avec des studios de design indépendants ? Comment cela s’articule avec vos propres équipes ?

Pedrali est présent sur le marché français depuis de nombreuses années et nous sommes fiers de collaborer avec des designers français tels que Patrick Jouin et Patrick Norguet. En outre, la combinaison de notre savoir-faire et de l’historicité des terrasses et des dehors français, des cafés aux restaurants, donne naissance à des projets prestigieux. Par exemple, notre mobilier a été choisi pour l’espace extérieur du Café Jacques d’Alain Ducasse au Musée du quai Branly, où les fauteuils Tribeca de CMP Design ont été utilisés. Pour la terrasse du restaurant Les Ombres, avec une vue spectaculaire sur la Tour Eiffel, les chaises Nolita, également de CMP Design, ont été utilisées.

Mykonos Luxury Villas & Suites © Pedrali

Les collections Pedrali naissent de la collaboration synergique de l’entreprise avec des designers italiens et internationaux qui adhèrent à sa philosophie et l’enrichissent de leurs précieuses contributions. Les designers  externes travaillent avec notre équipe de techniciens : ingénieurs, prototypistes, dessinateurs, graphistes et concepteurs d’expositions. Le défi consiste non seulement à créer de nouveaux produits, mais aussi à compléter les gammes avec de nouveaux matériaux et technologies, avec le soutien précieux de spécialistes techniques issus du savoir-faire de notre territoire.

Ces collaborations nous ont permis d’obtenir d’importantes récompenses comme, en 2011, le Compasso d’Oro adi pour la chaise Frida conçue par Odo Fioravanti, celui-là même qui a conçu le fauteuil Babila Twist, un siège d’extérieur caractérisé par une coque tissée avec une corde plate en polypropylène résistant aux intempéries. Je pense que le design, pour être efficace, doit suivre les besoins du consommateur, être capable de s’adapter et de caractériser les espaces dans lesquels les produits sont placés, dans le but d’assurer le bien-être des individus, leur sérénité, de faciliter leurs activités et leurs opérations, et d’être le promoteur d’un style de vie respectueux de l’environnement et des ressources.

Avec qui collaborez-vous pour les espaces extérieurs ?

Notre entreprise collabore avec des architectes et des décorateurs d’intérieur en Italie et à l’étranger. Mon père Mario, fondateur de l’entreprise, a commencé à collaborer avec des architectes dans les années 1970, en produisant des meubles pour leurs projets d’hôtels et de restaurants. La collaboration avec l’architecte Luigi Vietti remonte à cette époque. Mario a créé le mobilier de certains de ses projets les plus connus sur la Costa Smeralda. De cette époque date également le projet de l’hôtel Santa Tecla à Acireale, pour lequel il a fourni les meubles : des sièges aux tables, des têtes de lit aux cadres des miroirs. Un projet complet. Les architectes sont également sensibles à la question de la durabilité environnementale et nos produits reflètent parfaitement cette philosophie.

Atoles Retreat, Imerovigli (Grèce) © Camille Mia Dorier

Quelles évolutions technologiques majeures caractérisent Pedrali ?

Pedrali est une entreprise de l’industrie 4.0 dont les usines sont équipées de machines interconnectées. Chaque année, une part importante du chiffre d’affaires est investie dans l’innovation, la technologie, ainsi que la production numérisée. Les machines technologiquement avancées et l’automatisation des processus garantissent une production, une manutention interne et une livraison plus rapides, ainsi que le respect des délais de livraison. Il en résulte une plus grande flexibilité pour répondre aux exigences des clients, tout en maintenant l’accent sur la qualité des produits.

Appartement datant de 1936 à Varsovie (Pologne), projet Loft Kolasiński © Joel Hauck

L’innovation est liée à une connaissance approfondie et de longue date des matières premières, des processus et des solutions technologiques, transformant le design en une production industrielle de grande valeur. En outre, en 2020, l’entreprise a fabriqué ses premiers produits « gris recyclés », fabriqués à partir de polypropylène recyclé : 50 % de déchets plastiques de postconsommation et 50 % de déchets plastiques industriels. Les déchets plastiques postconsommation proviennent de produits qui ont été utilisés puis dûment recyclés par les consommateurs, tels que les bouteilles en plastique ou les emballages alimentaires. Les déchets plastiques industriels proviennent des conteneurs et des films en plastique. Tous les produits fabriqués à partir de ce nouveau matériau durable partagent une teinte grise caractéristique, une couleur neutre choisie pour égaliser et dissimuler les imperfections typiques des matériaux recyclés. Sous le nom de « gris recyclé », les produits sont marqués de l’inscription tamponnée « 100 % recyclé », afin de souligner leur caractère écologique.

Comment organisez-vous votre approche de la durabilité ?

Pedrali poursuit son engagement en faveur de la durabilité environnementale en mettant en œuvre de meilleures stratégies. Pour citer quelques exemples concrets d’opérations récentes visant à améliorer son impact environnemental, nous avons installé plus de 3 000 panneaux photovoltaïques sur ses usines, produisant une quantité totale de 1,2 MW d’énergie, capable de couvrir les besoins énergétiques de l’entreprise. Pour réduire la consommation d’énergie, pendant la saison froide, l’eau chaude produite dans les processus de moulage des matières plastiques est récupérée et acheminée vers les autres départements de production pour les chauffer. De même, pendant la saison chaude, un système composé de cinq tours de refroidissement aide les refroidisseurs à abaisser la température de l’eau des moules.  Notre engagement pour la préservation de la planète est démontré par les investissements importants réalisés pour certifier ses produits et ses systèmes, ainsi que par des actions concrètes liées à la qualité des matières premières et des usines de production.

Vous défendez une stratégie globale d’évaluation de l’impact de votre production ?

Les certifications des systèmes de l’entreprise comprennent UNI EN ISO 9001:2015 pour son système de gestion de la qualité et UNI EN ISO 14001:2015 pour sa gestion environnementale durable, qui s’étend à toutes les phases du processus de production. Nous avons également terminé l’étude de l’empreinte carbone de l’entreprise et obtenu la certification conformément à UNI EN ISO 14064-1:2019. L’évaluation a mesuré le total des émissions de gaz à effet de serre produites, directement et indirectement, par les activités commerciales de l’organisation sur une période donnée.

Chaise Babila Twist, Odo Fioravanti pour Pedrali, direction artistique : Studio FM © Andrea Garuti, Studio Salaris
Chaise Lamorisse, CMP Design pour Pedrali, direction artistique : Studio FM © Andrea Garuti, Studio Salaris

En analysant la quantité de CO₂ que nous produisons, nous pouvons déterminer l’impact de l’ensemble de notre cycle de production sur l’environnement. Avec des données concrètes à portée de main, nous pouvons définir des objectifs d’amélioration continus, contrôlables et donc réalisables. Comme je le disais, en 2020, l’entreprise a lancé ses premières collections fabriquées à partir de polypropylène recyclé. Chaque produit fabriqué à partir de bois est certifié FSC C114358, certifiant l’utilisation de bois provenant de forêts gérées de manière responsable et adéquate, conformément à des normes environnementales, sociales et économiques strictes. De plus, depuis 2018, l’entreprise utilise des revêtements à base d’eau composés principalement de résines d’origine végétale pour ses collections en bois.

Dans les 10 prochaines années, comment imaginez-vous l’avenir du marché du mobilier d’extérieur ?

Le mobilier d’extérieur doit être accueillant pour la maison, mais également pour l’hôtellerie, il doit remplir différentes fonctions, être polyvalent et facile à entretenir et à nettoyer, un mobilier de haute qualité qui peut durer.  À une époque où l’exploitation des ressources et du territoire est monnaie courante, il est important que ces produits soient également valables d’un point de vue éthique, produits de manière responsable et correcte, et conscients de la durabilité. La production de nos collections suit l’optimisation des ressources et la minimisation des déchets.

BBR by Alain Ducasse © Raffles Hotel Singapore

En termes de durabilité, nous sommes une entreprise qui a développé, au fil des ans, une philosophie « verte » avec des choix qui deviennent l’expression de la manière dont le respect de l’environnement est une pratique établie depuis des années. En partant de la conscience que, dans un moment historique caractérisé par une maximisation perturbatrice et excessive des ressources environnementales disponibles, s’engager dans la responsabilité sociale ne consiste pas à faire des choix « verts » concernant la production et l’éthique des produits d’une entreprise, mais il s’agit de faire de la durabilité environnementale un élément central de la culture d’entreprise, et un objectif commercial clé à moyen et long terme. Avec des données objectivement mesurables, l’entreprise peut fixer des objectifs d’amélioration continue indicatifs de sa pleine adhésion à l’Agenda 2030 pour le développement durable promu par les Nations unies.

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8/9/2026
Paris Design Week : la création chinoise s’expose à Paris

À l’occasion de la Paris Design Week, la scène créative chinoise investit plusieurs lieux de la capitale. Du Palais-Royal au Marais, trois rendez-vous témoignent d’une création en mouvement, entre héritage culturel, expérimentation et nouveaux usages.

Longtemps associée à la production, la Chine affirme aujourd’hui une autre place dans le paysage international du design. À Paris, designers, artistes, architectes et éditeurs dévoilent à l’occasion de la Paris Design Week trois espaces aux approches multiples, loin d’une esthétique unique, mais réunies par une attention portée aux savoir-faire, à la matière et au dialogue entre héritage et création contemporaine.

Wu Bin donne forme au temps

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Quand l’art rencontre le quotidien

Enfin, l'exposition "Form Before Form", présentée à l’Espace AUBE du 9 au 19 septembre, marque les débuts européens de YUAN, un projet fondé à Pékin par Song Tao. Céramique, peinture, art floral et installations organiques s’y rencontrent autour d’une vision du design envisagé comme le prolongement d’une recherche artistique et d’une manière d’habiter. La céramiste Du Qinfen y présente notamment YUAN Collection 01, qui transpose son vocabulaire artistique dans des objets du quotidien.

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8/9/2026
Intramuros #229 : Second Life

Nous avons longtemps confondu nouveauté et progrès. Comme si avancer supposait nécessairement de remplacer. Comme si un objet, un matériau ou un bâtiment perdaient toute valeur dès lors qu’ils avaient déjà servi. Cette logique a façonné nos intérieurs autant que notre économie : produire, séduire, vendre, oublier. Puis recommencer. Encore et encore. Désormais, le réel nous oblige à regarder autrement ce qui existe déjà. Il ne s’agit pas de renoncer à créer, encore moins de céder à une quelconque nostalgie.

Mais, au contraire, d’élargir le territoire du projet. Réparer, transformer, réemployer, reconditionner, détourner. Tous ces gestes demandent autant d’intelligence que l’invention ex nihilo. Peut-être même davantage. Car composer avec l’existant impose des contraintes, une histoire et, parfois, des cicatrices. Le designer ne part plus d’une page blanche. Aujourd’hui, il écrit la suite.

Sommaire

Design 360

Design Story

Second life, L’âge de la deuxième matière

Dans les mailles d’Iranzo

Maximum, la matière en changement d’état

James Shaw : Agrégats colorés

Issey Miyake, expérience biophilique

Furniture for Good : la matière reprend forme

Sander Wassink, faire avec

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SEA LÍA : chirurgie plastique

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Dirk van der Kooij, la mémoire du plastique

ecoBirdy : à hauteur d’enfant

Semper & Adhuc, le temps repris

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Éditeurs, conscience collective


Matières

Fab.BRICK, refaire le mur

Antonin Mongin, la fibre design

Loumi Le Floc’h, lumière d’été

Rezign, le textile réinventé

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Kami-Kami, quand la matière change de statut

In-situ

Ce qui est déjà làOne Yard, d’une industrie à l’autre

K5 : Valeur constante

Atelier Craft, Histoires inédites

Experimenta

Laboratoire des pratiques durables : quand la matière redessine le projet

In the Air

Salon Artisans d’Excellence : la matière à l’honneur

Concours Technogym x Intramuros : les lauréats de la deuxième édition

Hyline : invisibiliser les frontières

Studio MTX, quand la broderie change d’échelle

EquipHotel : les temps forts de l’édition 2026

Agenda

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4/9/2026
The Eames Houses : l’ouvrage d’une révolution

À l’occasion de la parution de l’ouvrage The Eames Houses, son auteur, Eckart Maise, et Antonio Navarro, directeur créatif de Kettal, reviennent sur la vision pionnière et créative du célèbre couple d'architectes américains.

Couple mythique de l’architecture, Charles et Ray Eames ont participé à faire entrer le modernisme dans le secteur de l’habitat. Près d’un siècle après leurs réalisations les plus célèbres, la maison d’édition Phaidon publie « The Eames Houses ». Plus qu’une monographie, l’ouvrage développé pendant deux ans revient sur huit projets explorant la préfabrication, la flexibilité ou encore les matériaux industriels. L'architecture n'est pas ici un exercice stylistique, mais un système généreux au service de la vie quotidienne. Pour revenir sur cette philosophie, nous avons posé quelques questions à Eckart Maise, ancien directeur de la création chez Vitra, mais également collaborateur de longue date de la famille Eames, et à Antonio Navarro, directeur artistique de l’entreprise espagnole Kettal qui lançait en avril dernier, la commercialisation d’un Pavillon Eames.

Livre The Eames Houses

Pour commencer, pourriez-vous rappeler le contexte qui a vu naître les maisons Eames ?

Eckart Maise : Ces maisons sont apparues aux États-Unis après la Seconde Guerre mondiale. À cette époque, la grave pénurie de logements coïncidait avec un modèle industriel, désormais capable de produire des composants standardisés à très grande échelle. Il se trouve qu’en Californie, la population augmentait rapidement et l’évolution des modes de travail et de la vie familiale appelaient de nouvelles formes d’architecture domestique. Donc le programme Case Study House est lancé en 1945 par la revue Arts & Architecture de John Entenza. Il s’agissait de demander aux architectes de mettre les avancées dans le domaine des matériaux au service de logements modernes et économiques. Charles et Ray Eames ont conçu la maison comme un système plutôt que comme un objet à proprement dit. C’est-à-dire en favorisant une structure légère assemblée à partir de composants facilement disponibles et capable de s’adapter à différents sites, occupants et modes de vie.

Donc l’idée fondamentale des Eames était de créer un design modulaire industrialisé ?

Antonio Navarro : Absolument. Charles et Ray ont démontré que cette idée était viable à travers l’Eames House. Mais sa transformation en un système industriel pouvant être produit et distribué à plus grande échelle n’a pas fonctionné.  Le concept était probablement simplement trop en avance sur son temps. À la fin des années 1940, nombre des matériaux, composants et technologies nécessaires pour produire efficacement ce type d’architecture n’existaient pas encore ou n’étaient pas suffisamment accessibles. L’Eames House elle-même a été construite à partir de composants industriels initialement fabriqués pour d’autres usages. D’ailleurs, Charles et Ray ont développé une maison préfabriquée pour Kwikset, destinée à une production en série, mais l’entreprise a changé de propriétaire puis a fait faillite avant que le prototype puisse être construit.
L’architecture est beaucoup plus difficile à industrialiser que le mobilier. Chaque projet doit répondre à son climat, à sa localisation, à ses fondations, aux réglementations locales, aux réseaux et à la logistique. Donc l’idée était juste, mais il manquait un écosystème technique et industriel nécessaire pour la rendre possible. Aujourd’hui, nombre de ces conditions existent enfin.

Livre The Eames Houses

 

C’est ce qui a été démontré en avril à la Triennale de Milan avec le lancement d’un Pavillon Eames. Comment Kettal et le Eames Office ont-ils collaboré pour concevoir cette version 2026 qui n’est pas la réplique d’un plan, mais le prolongement d’une vision ?

EM : Le pavillon est né d’une recherche dans les archives consacrée aux maisons expérimentales et aux systèmes constructifs développés par Charles et Ray entre 1945 et 1955. L’Eames Office et Kettal ont traduit leurs principes récurrents — une trame structurelle, des composants préfabriqués et des panneaux de remplissage interchangeables — en un kit de pièces contemporain. Pour Kettal, la marque s’est imposée naturellement parce qu’elle possédait déjà une expérience dans la construction en aluminium et notamment de pavillons modulaires. Ses capacités d’ingénierie et de fabrication ont permis de faire aller les idées des Eames au-delà du prototype. L’idée n’était pas de reproduire un projet historique unique, mais de développer un système adaptable pouvant être fabriqué, configuré et étendu en fonction des exigences actuelles.

Et ces exigences ont certainement amené quelques changements ?

AN : Je ne dirais pas que nous avons changé l’architecture. Notre intention était de traduire le système original dans une production contemporaine tout en préservant sa logique, ses proportions et son caractère visuel. Dès le départ, nous voulions que le travail technique réalisé par Kettal soit presque imperceptible dans le résultat final.
Nous avons donc étudié l’Eames House en tant que prototype construit, en mesurant et en analysant ses composants, ses profils, ses surfaces, ses couleurs et ses détails constructifs. Cette étude a été associée aux recherches menées par l’Eames Office sur leurs autres projets architecturaux construits et non construits.

 

Mais passer d’un projet non-construit à un produit disponible à la vente nécessite une standardisation, notamment au niveau des éléments techniques ?

AN : Effectivement. Nous avons réduit le nombre d’éléments, rationalisé les assemblages et établi des règles claires de configuration. Paradoxalement, simplifier le système augmente ses possibilités, car les mêmes composants peuvent créer de nombreuses structures différentes.
C’est donc l’aspect technique que nous avons principalement modifié en introduisant des profilés en aluminium extrudé de haute précision, en améliorant l’isolation thermique et acoustique, et en prenant en compte les exigences contemporaines en matière d’étanchéité, de tolérances, de résistance aux intempéries, de durabilité et de réglementations locales. Nous avons également intégré l’éclairage, la ventilation, la régulation climatique et la connectivité. Il y a donc de la nouveauté, mais l’intelligence architecturale sous-jacente reste celle de Charles et Ray Eames.

Livre The Eames Houses

Comment expliquez-vous que cette intelligence, vieille de près d’un siècle, répond encore aux besoins et aux aspirations contemporaines ?

AN : Peut-être que le plus surprenant est que nombre des questions auxquelles Charles et Ray ont cherché à répondre sont devenues encore plus urgentes aujourd’hui. En tout cas, les facteurs sont multiples.
D’un point de vue technique, ils concevaient l’architecture comme un système adaptable plutôt que comme un objet fixe. Une trame rationnelle et un nombre limité de composants interchangeables permettent de configurer une structure pour différents usages, de l’agrandir, de la réduire, de la démonter ou de la déplacer. Les éléments peuvent être réparés ou remplacés individuellement, et les composants qui ne sont plus nécessaires peuvent être réutilisés ailleurs. Il s’agit d’une utilisation des matériaux beaucoup plus intelligente que lorsque chaque bâtiment est considéré comme un ensemble permanent et indissociable.
D’un point de vue sociologique, nos vies sont devenues de plus en plus mobiles et changeantes. Les familles s’agrandissent où se réduisent ; les entreprises se développent, se contractent ou déménagent ; et les frontières entre la maison, le travail et l’hospitalité continuent de s’estomper. Un espace adapté aujourd’hui peut devoir fonctionner de manière très différente dans cinq ou dix ans. Les Eames avaient compris que l’architecture devait accompagner ces changements plutôt que leur résister.
Il existe également une dimension environnementale. Dans certains contextes, l’architecture devrait être réversible, permettant de retirer une structure et de restaurer le paysage plutôt que de le transformer de manière permanente.

Ce qu’il faut retenir, c’est qu’ils ne concevaient pas une architecture correspondant à une image particulière de la vie moderne. Ils pensaient une structure capable de répondre à la vie à mesure qu’elle évolue.

 

En plus de leur fonctionnalité en tant qu’espaces de vie, les bâtiments des Eames étaient également visuels. Quel rôle les Eames et leur architecture filaire ont-ils joué dans l’esthétique moderniste et dans le célèbre programme des Case Study Houses ?

EM : Sur les 36 Case Study Houses proposées, Charles et Ray Eames ont développé le projet original de la Bridge House ainsi que l’Entenza House avec Eero Saarinen, puis l’Eames House qui a effectivement été réalisée. Bien que les 36 projets répondent à un même cahier des charges portant sur des logements économiques et contemporains, leurs approches architecturales différaient considérablement.

La contribution particulière des projets des Eames résidait dans le fait de considérer la structure métallique apparente, les composants industriels standardisés, le vitrage et les panneaux colorés à la fois comme un système constructif et comme une composition visuelle. Leur importance ne résidait pas dans la définition d’une esthétique unique des Case Study Houses, mais dans la démonstration que la standardisation industrielle pouvait favoriser la liberté architecturale et des modes de vie finalement très individualisés.

Livre The Eames Houses
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4/9/2026
Paris Design Week : l’Agenda d’Intramuros

La Paris Design Week est de retour dans la capitale du 10 au 19 septembre pour célébrer le design sous toutes ses formes. Petit tour des expositions à ne pas manquer lors de cette édition. 

5-7 septembre : Salon Shoppe Object Paris, Paris Expo Porte de Versailles, 75015 Paris

8-27 septembre : Exposition « Contrepoint » d’Anthony Guerrée, Musée Bourdelle, 16, rue Antoine-Bourdelle, 75015 Paris

9 et 10 septembre : Exposition « Trames » par Heju Studio chez Tarkett, 43 Rue de Saintonge, 75003 Paris

9-13 septembre : Exposition « The Light Library » par le Studio Meaningful, Galerie Ideal Place, 38, rue des Gravilliers, 75003 Paris

9-19 septembre : Exposition « Sotto Voce », 3 rue Paul Bert, 75011 Paris

avec : Clément Pasquier, Justine Ménard, Florie Berger, Mélissa Wago-Lala, Mathilde Martin et Sòler Paris

9-20 septembre : La « Re-prise de la Bastille » par le studio 5.5, Place de la Bastille, 75004 Paris

10-13 septembre : Exposition « Trois Pièces » avec Polimair, Lucas Zito et Tapicheri, 52 rue Charlot, 75003 Paris 

11-13 septembre : Exposition « Take one just in case », 10 rue Tesson, 75010 Paris initiée par Pierre Castignola et Alexandre Delasalle 

avec : Augustin Puzio, Atelier Burrata, made by ASTRONAUTS, Lana Arih, Jules Barton, Tin Alaya, Pierre Castignola, Laura Casañas Maya, Alice Clermont, Alexandre Delasalle, Laura Dominici x Basil Schu, Lewis Duckworth, e8 Tableware, Tim Teven, Diego Faivre, Lucas Muñoz Muñoz, Helene Falgayrette, Olga Flor, Lino Gasparitch, LS Gomma, Ebba Studio, Flora Lechner, Anna McAllister, Mark Malecki, Johanna Pichlbauer, Jovien Panné, Sacha Lefèvre, Sigurd Schelde, Marie Verdeil

10-14 septembre : Paris Design Week Factory :

Espace Commines : 17, rue Commines, 75003 Paris 

Galerie Joseph : 116, rue de Turenne, 75003 Paris 

Galerie Joseph : 16, rue des Minimes, 75003 Paris 

Galerie Ellia : 10, rue de Turenne, 75003 Paris

11 et 12 septembre : Ikea « l’Habitat de l’année », 4 rue François Miron, 75004 Paris

10 au 19 septembre : Installation PICNIC de Cluzel / Pluchon, Hôtel d’Albret, 31 rue des Francs Bourgeois, 75004 Paris 

10 au 19 septembre : Exposition « Bar Stool », Espace Brownstone, 26 rue Saint-Gilles, 75003 Paris initiée par Athime de Crécy et Quentin Frichet 

avec : AC/AL, Antonin Fassio, Arthur Desmet, CPRV, Athime de Crécy, Camille Donias, Claire Lavabre, Cluzel & Pluchon, Denise Merlette, Formel Studio, François Lafortune, Guillaume bloget, Guillaume Gindrat, Gini Moynier, Giuseppe Formica, Hugo Chaffiotte, Marine Quéré, Meta, Paul Tubiana, Quentin Frichet, Romain Sillon & Clara Ormières, Sacha Parent & Valentine Tiraboschi,  Sara Decampos, Théo Leclercq & Camille Viallet, Thelonious Goupil, Tobias Brunner et Wint Design Lab.

10 au 19 septembre : Frgmnt Design Week chez Heureux les curieux, 23 rue du Pont aux Choux, 75003 Paris 

avec : Alexandre Veillon, Alicia Bonnard, Amalgame Studio, Ariane Ronot, Atelier Anova, Atelier Apara, Atelier Perret, Benoit Porte-Proust, Claire Buet, Clémence Birot, Clémence Lucchini, Clément Thevenot, Céline Proust, David Jacquinot, Emma Batsheva Cohen, Faustine Perret, Florence Boujnah, Judith Chauvel-Levy, Kr.Atelier, Louis Daigre, Mahée Billères, Marine Gaillard, Marion Gaudino, Maxime Wan Meenen, Mickaël Gayet, Mileno Guillorel-Obregón, Nessim Kaufmann, Nicolas Guillamot, Olive®, Post Industrial Crafts, Richard Rondelez, Sarah Remy, Studio CoPain, Studio Évaporer, Studio Jumel, Tancrède de Beaumont, Théo Laverne, Valentin Bony, Vincent Cassat, Yohan Thomas en collaboration avec Etnisi, La Tête Dans Les Nuages, La Fabrique Materia, Matériaux Urbains, NaturLoop, Pierre Plume, Reed Material, Renature Materials et Tissium

10 au 27 septembre : Paris Design Week au BHV Marais, 52 rue de Rivoli, 75004 Paris

avec : Jean-Baptiste Durand et Simon Geringer, Théo Charasse avec Vous pouvez dormir dans la grange, Gaspard Fleury-Dugy, Laure Philippe avec le studio BrichetZiegler, Gregory Lacoua et BehaghelFoiny

10 septembre au 3 octobre : Exposition « Multiples », galerie des ateliers de Paris, 30 rue du Faubourg Saint-Antoine, 75012 Paris 

avec : Camille Viallet & Théo Leclercq, Cluzel / Pluchon, CPRV, Jules Levasseur, Julie Richoz, Kevin Lebouvier - Klaes studio, Laure Philippe, Lila Guédin, Lucien Icard, Nicolas Verschaeve, Selah Creative Office, Studio Poirier Bailay, Valentine Tiraboschi & Sacha Parent,Thelonious Goupil et Unknown Untitled

10 septembre au 4 octobre : Exposition « La Tempête » de Jérémy Pradier-Jeauneau avec Fermob, Arc de Triomphe, Place Charles de Gaulle, 75008 Paris

10 septembre au 10 octobre : Exposition « Under Pressure » de Marie et Alexandre, galerie signé, 33 Rue Bonaparte, 75006 Paris 

11 septembre au 31 octobre : Exposition « Petals » de Patrick Jouin, Galerie de Sèvres, 4 place André Malraux, 75001 Paris

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