Marcus Fairs, visionnaire et créatif
© Dezeen

Marcus Fairs, visionnaire et créatif

Jeudi 30 juin 2022, Marcus Fairs est décédé soudainement à l’âge de 56 ans. Il était le fondateur, et rédacteur en chef de Dezeen qui s’est imposé comme une référence dans le domaine de l’architecture et du design.


Visionnaire, brillant et créatif, c’est par ces mots que la rédaction de Deezen qualifie celui qui fut leur leader depuis 2006, date à laquelle Marcus Fairs crée son magazine. Du projet lancé depuis sa chambre à la reconnaissance mondiale actuelle, Deezen s’est épanoui sous la direction du journaliste britannique. Il avait en effet su prendre le tournant des années 2000 avec l’entrée dans le numérique.

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Un journalisme créatif

Né en 1964, Marcus Fairs connaît un parcours brillant et riche. Diplômé en design 3D, il commence sa carrière dans le journalisme architectural en écrivant pour Building Design et Building – dont il devient rédacteur en chef adjoint – tout en écrivant en free-lance pour The Guardian ou The Independant.

Sa première création est Icon, en 2003, un magazine d’architecture et de design qui s’impose dans le milieu en remportant plusieurs prix tel celui du Magazine mensuel de l’année en 2005 et 2006. Marcus Fairs est alors remarqué par le prix du Journaliste de l’année – en 2002 – et du Journaliste architectural de l’année en 2004.

Dezeen est créé en 2006 et attire plus de deux millions de visiteurs uniques chaque mois. La plateforme uniquement numérique devient l’un des web magazines d’architecture et de design les plus influents. Pour preuve, il est nommé en 2011 par le magazine Architectural Digest dans la liste des 100 Qui Comptent des personnalités les plus importantes du design mondial.

De plus, Marcus Fairs est le premier journaliste numérique à recevoir un Honorary Fellowship du Royal Institute of British Architects en 2017 pour « l’énorme contribution qu’il a apportée à l’architecture ».

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Un entrepreneur visionnaire dans le design

« Nous nous souviendrons de lui pour son flot d’idées passionnantes, ses capacités de réseautage inégalées, son énergie, son enthousiasme contagieux et, bien sûr, pour Dezeen, qu’il a transformé en un succès majeur grâce à sa ténacité, sa créativité et son dévouement » déclare Tom Broughton, directeur général de l’éditeur de Building and BD Assemble Media Group suite au décès de Marcus Fairs, mettant en avant la vision novatrice de ce dernier. En effet, Marcus Fairs souhaitait rapprocher la communauté mondiale du design tout en valorisant de jeunes architectes et designers. Il a également permis au design storytelling de rentrer dans l’univers numérique avec une plateforme qu’il s’efforçait de maintenir sensible aux enjeux contemporains.

Marcus Fairs a marqué la presse design en pensant Dezeen comme un projet pérenne, « Nous voulons que Dezeen soit à jamais un bastion du journalisme indépendant, un champion de l’architecture et du design et une force du bien dans le monde » expliquait-il. Une tâche que la rédaction du magazine s’est engagée à remplir après son décès.

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Rédigé par 
Olivia Demigneux

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Au musée Fabre de Montpellier, l’exposition « Le design selon Pierre Paulin », ouverte jusqu’au 1er novembre, revient sur plus de cinquante ans de création d’un designer qui a fait de la matière le terrain d’une perpétuelle expérimentation.

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Des courbes, de la couleur et des formes, toujours. Mais cette fois-ci, c’est au design que le musée Fabre de Montpellier consacre son espace d’exposition temporaire. Avec « Le design selon Pierre Paulin », l’institution revient, jusqu’au 1er novembre, sur plus de 50 ans de création d’un designer obsédé par la forme. Un créateur qui n’a cessé de repousser les limites de l’assise pour donner corps à certaines des silhouettes les plus iconiques du XXe siècle. Influencé par son grand-oncle maternel, Frédy Balthazar Stoll, sculpteur formé dans l’atelier de Rodin, et son oncle paternel, Georges Paulin, designer automobile à qui l’on doit notamment l’invention du système Éclipse – permettant au toit des véhicules de se rabattre dans le coffre –, Paulin tire deux grandes lignes : la forme et le fonctionnalisme. Une pensée moderniste que l’étudiant en architecture intérieure au Centre d’art et des techniques (aujourd’hui Camondo) retrouve dans les travaux de l’entre-deux-guerres signés Charlotte Perriand ou Jean Prouvé, qu’il admire. De cette influence naît le fauteuil Première réalisation. Une assise imaginée comme un prototype, mais qui révèle déjà des facultés certaines pour la conception et le pousse à réaliser ses premières pièces inspirées par la Scandinavie, où il séjourne en 1951. Rapidement édité par Thonet Frères et Meubles TV, puis exposé au Salon des arts ménagers en 1953, le designer s’engage dans une voie moderniste, troquant la géométrie nordique pour les formes organiques.

In-situ de l'exposition "Le design selon Pierre Paulin" © Musée Fabre

Naissance de l’esthétique Paulin

Loin des ensembliers qui avaient révolutionné la première moitié du XXe siècle, Paulin appartient à la seconde moitié du siècle, celle de l’industrie. L’arrivée de nouvelles fibres, dont le jersey, textile souple et élastique symbole de la révolution industrielle des années 1960, lui ouvre de nouvelles possibilités. Il imagine alors de nouvelles formes. Parmi elles, le Groovy et le Mushroom marquent cette décennie et lui confèrent l’image d’une époque colorée, notamment grâce à des figures comme Kho Kiang Ie, directeur artistique d’Artifort, ou le designer textile américain Jack Lenor Larsen, avec qui Paulin développe un nouveau langage. Un dialecte à part sur la scène du design qui lui vaut d’entrer au MoMA en 1969 – trois ans après avoir contribué au lancement de l’ARC initié par Jean Coural – grâce au F300 et à la Tongue Chair. Une assise si basse dont on lui avait dit qu’elle ne pourrait être commercialisée. Elle deviendra pourtant l’un des grands succès du designer, pour qui la hauteur de l’assise influe sur les échanges humains au sein d’un même lieu.

In-situ de l'exposition "Le design selon Pierre Paulin" © Musée Fabre

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In-situ de l'exposition "Le design selon Pierre Paulin" © Musée Fabre

Un design marqué par les innovations

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In-situ de l'exposition "Le design selon Pierre Paulin" © Musée Fabre

De ses premières assises aux pièces devenues iconiques, l’exposition raconte la carrière d’un homme qui avait fait du design une matière à penser. L’occasion de redécouvrir – et d’essayer – certaines des silhouettes les plus célèbres du XXe siècle, façonnées par un esprit qui n’a cessé de réinterpréter ses dessins pour qu’à travers eux se lise une histoire moderne.

In-situ de l'exposition "Le design selon Pierre Paulin" © Musée Fabre
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8/10/2026
Edgar Jayet retapisse le design industriel pour la Villa Médicis

Pour la Villa Médicis, le designer Edgar Jayet livre trois fauteuils Tapestry. Une réinterprétation du Swivel de la maison d’édition danoise Vipp, retapissé d’un jacquard paysagé.

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S’il existe une place qui, parmi plus que nulle autre, a traversé les époques pour garantir à la création un lieu d’expression, c’est la Villa Médicis. Fondée en 1666 par Louis XIV, l’institution française bâtie sur les hauteurs de Rome accueille depuis 2022 le programme « Réenchanter la Villa ». Entamée par India Madhavi, cette nouvelle campagne de rénovation se poursuit aujourd’hui avec les appartements des pensionnaires. Et c’est au numéro 10 que l’architecte et directeur artistique Edgar Jayet présente « Tapestry ». Derrière ce nom, une typologie que le designer considère « comme ce qui est un peu le nouveau chevalet de l’artiste » : la chaise de bureau. « Nous nous sommes intéressés à elle car c’est une pièce essentielle mais, à mon sens, souvent décevante en termes de design, de conception. Je suis donc rentré en contact avec l’éditeur danois Vipp pour y chercher la Swivel chair que j’adore. » Une assise pivotante au design industriel mais surtout à la hauteur du lieu, selon le prescripteur.

Fauteuil Tespetry, design Edgar Jayet © VIPP

Un style néo-éclectique

Fidèle à une certaine vision très « dix-neuviémiste » de l’ameublement, Edgar Jayet a souhaité introduire dans ce projet un pont entre les époques et les styles. « Je me suis interrogé sur ce qu’était l’opposé d’un design industriel et je suis tombé sur la tapisserie. Un élément qui ramène à la naissance des Arts décoratifs, au Moyen Âge, à la Renaissance, à la manufacture des Gobelins… » Une réflexion qui amène alors le designer à sélectionner un jacquard au style forestier de chez Schumacher. « La ligne d’horizon, le feuillage… Pour moi, la notion de paysage intérieur est essentielle dans un atelier d’artiste. C’est une ouverture vers l’extérieur qui fait écho, dans notre cas, au jardin de la Villa Médicis », détaille le designer, marqué par l’ambiance néo-médiévale émanant des chaises tapissées de sa grand-mère. Grâce au métrage relativement long, les trois assises de la Villa se complètent sans que le motif ne se répète et offrent ainsi à l’espace une complémentarité stylistique.

Fauteuil Tespestry, design Edgar Jayet © VIPP

Un projet à acquérir

Imaginé à l’origine pour l’institution romaine, le fauteuil Tapestry sera également disponible à la vente à partir du mois de janvier. Avec ses 50 pièces, cette collection capsule s’inscrit dans la volonté plus globale de la maison d’édition danoise de développer des collaborations bespoke autour de leur best-seller : la Swivel. L’occasion de s’offrir un petit morceau de la Villa et de connecter, comme elle, les époques par le prisme du design.

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