Le FRENCH DESIGN by VIA expose 20 chaises pour en voir de toutes les couleurs
Le fauteuil ART 77,5 de Charlotte Juillard édité par Noma fait face à la chaise Mirèio édité par Margaux Keller ©Felix Dol Maillot

Le FRENCH DESIGN by VIA expose 20 chaises pour en voir de toutes les couleurs

À l'occasion de l’exposition "Chromo Sapiens" dédiée à la couleur, Le FRENCH DESIGN by VIA expose jusqu'au 15 septembre 20 chaises illustrant tour à tour, la puissance visuelle des teintes dans l'univers du design.

Disparue pendant plusieurs décennies au profit d'une certaine sobriété ou de la forme, la couleur fait depuis quelques années son grand retour dans nos intérieurs. Plutôt appliquée par le biais de pièces pop rappelant les décennies les plus teintées de l'histoire du design, elle semble encore cantonnée à un éventail de marques qui affichent aujourd'hui un contrepied esthétique avec les coloris passe-partout encore largement en vogue.

C'est lors de l’exposition Design x Durable x Désirable que l'idée d'exposer la couleur est apparue, raconte Jean-Paul Bath, directeur du Le FRENCH DESIGN by VIA. « Les coloris tournaient toujours autour des beiges, des marrons et des verts ce qui nous a amené à nous demander si cette nouvelle tendance ne signait pas la fin de la couleur dans le domaine du meuble. » Une préoccupation d'autant plus grande à ses yeux, que la France « est aujourd'hui très reconnue dans ce domaine difficile où de nombreuses connaissances sociologiques comme historiques sont nécessaires. »

De gauche à droite : Mawu Spring édité par Laura Gonzalez, Bubble du designer Sacha Lakic pour Roche Bobois, le siège Week-end dessiné par Studio Brichet-Ziegler pour Petite Friture, le fauteuil ART 77,5 de Charlotte Juillard édité par Noma ©Felix Dol Maillot

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Une “french touch” que l'institution a mis en avant par l'intermédiaire de cinq pôles, comme autant de manières d'envisager la couleur et de la différencier. Focalisés sur une seule typologie de mobilier à savoir la chaise, objet emblématique de la création design, Le FRENCH DESIGN by VIA « ne voulait pas que les visiteurs se disent que le vert est beau car il est apposé sur un bureau ou le violet est laid, car il recouvre un canapé. »

Accompagné sur la mise en place de l'exposition par le Comité français de la couleur pour les éléments de langage, et par le studio Uchronia pour la scénographie, Le FRENCH DESIGN by VIA a souhaité mélanger tous les styles, toutes les gammes et toutes les marques. « Qu'il s'agisse de maisons connues et ou de créateurs indépendants, notre but était avant tout de montrer comment la couleur apporte une autre dimension au design ; montrer sa capacité à faire appel à nos sens et à notre imaginaire. » précise Jean-Paul Bath.

A gauche le fauteuil Extra Bold par Big-Game et édité par Moustache. A droite French Garden de Pierre Gonalons pour Moissonnier©Felix Dol Maillot

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La couleur, une source d'identité

Situé entre l'opposition et la complémentarité par rapport à une chaise classique, « Nuancer ses collections » regroupe quatre assises alternatives. Plus longue, plus courbe, ou même double, les modèles de cette sélection jouent avec la couleur pour sortir des sentiers battus. Parmi eux, Hemicyle confident trouve une place singulière. Réalisé par Philippe Nigro, en collaboration avec Ligne Roset et le Mobilier National (institution qui gère notamment l'ameublement du Sénat et de l'Assemblée nationale, d'où le nom de la création), « ce fauteuil se prêtait à être habillé. » Imaginée pour une gamme de cinq modules reprenant le principe constructif des dossiers en S, cette création était avant tout « une page blanche destinée à accueillir la couleur » pour Philippe Nigro. Jouant sur les vues entre intérieur et extérieur, son design était particulièrement propice. « Nous avons réalisé plusieurs essais avec différentes teintes et plusieurs matériaux. J'aime jouer sur les nuances et j'ai toujours aimé développer des gammes chromatiques. À ce titre, c'est un fauteuil intéressant pour lequel nous avons fait plusieurs essais, dont un mix jaune et écru lors du salon de Milan. » Un jeu parfois osé que le designer revendique comme « une invitation à s'amuser après une période de morosité. Il y a peu de limites si ce ne sont d'éventuels jeux de trames ou la tenue du tissu, alors autant ne pas être trop sage ! » conclut-il.

Hémicycle Confident de Philippe Nigro édité par Ligne Roset ©Felix Dol Maillot

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La couleur, parti-pris d'un univers

En design, parler de couleur, peut être parler d'identité. Pour Jean-Paul Bath, directeur de Le FRENCH DESIGN by VIA, « certaines marques ont de suite été évidentes comme Sarah Lavoine et son bleu signature, Fermob pour qui la couleur est inscrite dans le positionnement stratégique, ou encore Jean-Charles de Castelbajac et son utilisation des couleurs primaires. » Autant de créateurs qui utilisent le cercle chromatique comme un vecteur d'émotions. Parmi les pièces les plus visuelles de la section « Pigmenter sa différence », le fauteuil Sunny signé par le studio Uchronia, sort du lot. Inspiré par le lever du soleil autant que par la chaise confidente inventée sous Napoléon, l'assise se pare d'un dégradé d'orange, la couleur signature de la marque. Guidé par l'envie « d'apporter de la joie et de la couleur dans les intérieurs », le studio Uchronia « imagine souvent la couleur avant la forme » raconte Clémentine Bricard. Rappelant les années 70 avec le chêne laqué et le tissu Waving flower de la manufacture de soie Prelle, Sunny est « un mélange organique et graphique né d'une volonté d'expérimentation. »

La fauteuil Sunny de Studio Uchronia ©Felix Dol Maillot

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La couleur, symbole de vie et d'interaction

Complice de formes pas si conformes, la couleur attire ou repousse, mais laisse rarement indifférent. C'est généralement de sa capacité à accrocher le regard que pourra découler dans un second temps une analyse plus formelle. Imaginé dans un espace nommé « Attraction carnation », Hexomino disco est au-delà de la chaise. Véritable concept, elle est le fruit d'une collaboration entre le studio Sam Buckley et Zyva studio. Destiné à n'être qu'une NFT à ses débuts, la création a ensuite été matérialisée pour constituer avec quatre autres éléments de mobilier, l'Hexomino Disco collection. Réunis autour du concept des hexominoses selon lequel il n'existe que 35 combinaisons différentes pour assembler six cubes, le fauteuil a été imaginé comme un puzzle géant. « Si nous avons fait en sorte d'obtenir une forme qui ressemble à une assise, le positionnement des couleurs est lui complètement hasardeux » détaille Anthony Authie, directeur et designer de Zyva Studio. Répartie mathématiquement en cinq familles, chaque hexominose a été affublée d'une couleur. « Nous avions choisi un dégradé, du bleu au vert en l'occurrence que nous avons séquencé en cinq de manière à obtenir des teintes très saccadées, mais un enchaînement fluide. » De ce savant mélange entre règle organisée et jeu aléatoire est né « une sorte de paterne de l'ordre du pixel de camouflage » analyse le créateur qui entretient dans ses conceptions un lien très étroit avec la couleur. « J'ai travaillé dans une agence d'architecture pendant des années et j'ai été frappé par la différence de langage entre chaque corps de métier. Le seul langage commun sur un chantier était celui des couleurs hautes densité (fluo) que chacun déposait sur les éléments. » Une signalétique aujourd'hui introduite dans ses projets. « J'aime quand les verticales et les horizontales se fondent et que cela floute les frontières. C'est quelque chose que l'on retrouve chez Hexomino disco et qui permet de s'interroger sur les raisons de définir telle ou telle chose comme cela. C'est l'un des intérêts de la couleur dont la symbolique est à mes yeux celle du vivant. » Et cela tant dans la nature, que dans les intérieurs.

Le siège Hexomino Disco de Zyva Studio & Studio Sam
Buckley ©Felix Dol Maillot

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La couleur, témoignage d'une époque

Existe-t-il réellement une apogée du design ? Difficile de répondre à la question. Il est néanmoins possible de dire que certains design traversent mieux les époques que d'autres. Mais quelle est la place de la couleur dans cette quête d'intemporalité ? Si certaines marques jouent la carte de la sobriété, d'autres valorisent au contraire des design fort évoquant un patrimoine décoratif riche. C'est le cas de Rinck et son fauteuil 73 exposé dans la section « Apogée colorée ». « Pour faire simple, je ne supporte ni le noir, ni le blanc, ni le taupe ou tout ce qui est facile et blème » annonce Valentin Goux, directeur artistique de la marque. « J'aime jouer avec les présupposés du design pour sortir des coloris plus pop. Notre métier est justement de faire envisager tous les possibles aux clients. Donc en poussant les motifs colorés loin, j'espère donner l'envie d'un élément moins sage que ce que l'on voit souvent ! » Inspiré par un fauteuil de la marque présenté en 1973, le créateur explique avoir imaginé le tissu – réalisé par Thévenont - à partir d'un dessin de feuille d'arbre datant de 1938, réinterprété dans une version cubiste. Une inspiration d'hier pour répondre au besoin de demain. « La couleur a disparu sur les dernières décennies, mais elle revient. C'est un balancier de génération qui s'opère et dans lequel la couleur a une véritable carte à jouer. Il y a fort à parier qu'une personne qui a grandi dans un intérieur grège voudra certainement un intérieur plus pop, d'autant que nous sommes aujourd'hui dans une période d'éclectisme. » Une vision qui souligne le pouvoir émancipateur de la couleur, notamment lorsqu'elle est appliquée aux objets du quotidien.

Le Fauteuil 73 de Rinck ©Felix Dol Maillot

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La couleur, vecteur d'émotions

Souvent associée à une matière, la couleur est généralement le fruit d'un cheminement industriel. Que la matière induit la couleur ou que ce soit l'inverse, le résultat témoigne parfois d'une recherche mêlant innovation et esthétisme. Par l'espace nommé « Archéologie de la couleur », Le FRENCH DESIGN by VIA propose notamment un aperçu du travail de YuTyng Chiu pour Komut. Combinaison totale entre la matière et la couleur, le procédé de fabrication par impression 3D donne à voir une structure nue aux formes courbes. « Je suis née dans un petit village de la côte taïwanaise nommé Taitung. Ma palette de couleur est donc largement inspirée de la mer, de la forêt et de la montagne » explique cette ancienne designer textile qui revendique s'inspirer des années 70 et des formes féminines. « Ce qui m'intéresse ce n'est pas directement de lier la couleur et la forme, mais la couleur et l'émotion. Exposer cette chaise bleu azur n'est pas un hasard. C'est la couleur de la paix et de l'atmosphère. Donc en travaillant des couleurs douces et des formes courbes, je parviens à donner à des matériaux problématiques destinés au rebut de l'industrie automobile, une apparence douce et agréable. » Consciente de la diversité des marchés, la créatrice diversifie également sa collection à des couleurs plus pop en accord avec leur temps.

La chaise longue 1,7km de YuTyng Chiu pour Komut ©Felix Dol Maillot

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Si la couleur est depuis la nuit des temps indissociable de notre monde, elle évolue cependant au gré des modes et des esprits. Que ce soit pour amener de la vie, questionner, s'identifier ou révolutionner, elle est souvent le reflet de son concepteur. Personnelles dans leur interprétation mais globales dans l'intérêt qu'elles suscitent chez les amateurs de design, quelques chaises partiront à Hong-Kong du 5 au 7 décembre pour s'exposer dans le cadre de la Design December. Un voyage qui s'annonce haut en couleurs !

Rédigé par 
Tom Dufreix

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25/9/2026
« Multiples » : une exposition sur la série au BDMMA

Jusqu’au 3 octobre, le Bureau de la Mode, des Métiers d’Art et du Design (BDMMA) présente l’exposition « Multiples ». Un éventail de projets célébrant le design industriel et les nouveaux rapports entre designers et industries.

À l’heure du bilan de la Paris Design Week de septembre, un constat s’impose : le collectible semble régner en maître. Pourtant, le bien que moins instagrammable design industriel n’a pas disparu. Pour réaffirmer son existence, et en guise de contre-pied à la tendance, le Bureau de la Mode, des Métiers d’Art et du Design (BDMMA) présente « Multiples ». Imaginée comme un retour aux fondamentaux, l’exposition n’est pas « un état des lieux du secteur », mais entend « brosser un panorama de recherches et de textures autour de la production en série », explique Frédéric Bouchet, directeur adjoint de l’institution. Cette diversité est réaffirmée par l’intermédiaire de treize studios dont les objets utilitaires et esthétiques célèbrent la production. À travers cette dernière, ce n'est pas l'idée de créer pour créer qui est valorisée, mais l'intelligence de systèmes réplicables et viables.

©BDMMA

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Un nouveau rapport à l’industrie, mais une même idée du design

Si le secteur connaît « un changement d’état », c'est en partie par le bouleversement qui s'est opéré au niveau de la production industrielle. « Le rapport à l’industrie a complètement changé et demande au designer de modifier sa posture, d’être moins attentiste vis-à-vis de la production. Il est désormais amené à s’emparer lui-même des processus ou à détourner des moyens de production pour pouvoir s’inscrire dans l’auto-édition », analyse Frédéric Bouchet. De nouveaux chemins de traverse qui poussent certains designers à s’interroger sur les enjeux liés aux ressources et à la manière dont la matière exploitée entre au service de l’usage. « Il me semble que cette préoccupation s’ancre de plus en plus dans un tissu local, à l’image du travail de Jules Levasseur. Il a amené une entreprise de Bourgogne, où il est installé, à s’intéresser à son projet et, ensemble, ils ont développé le Projet S, réalisé à partir de tôles ondulées. L’enjeu pour lui est aujourd’hui de canaliser la production à son échelle pour sortir le juste nombre de pièces de mobilier. » Mais outre le défi d’adaptabilité économique se pose celui de la réinterprétation formelle et technique. « Comment ne pas rester inféodé à l’édition ? Comment emporter l’industrie locale sur un territoire qui m’est propre tout en générant de la valeur ? Ce sont les deux grandes questions qui transparaissent dans l’exposition, notamment avec le travail de Lila Guédin qui a travaillé des techniques d’assemblage issues de l’industrie pour créer des chaises, ou qui Nicolas Verschaeve qui utilise des manches à outils pour créer de petits objets d’intérieur comme des patères et des porte-manteaux. » Ces captations et réinterprétations de matrices industrielles préexistantes ouvrent de nouvelles portes esthétiques ou techniques. Qu’ils soient édités ou non, les projets sélectionnés par Lucien Icard et Kevin Lebouvier, commissaires de l’exposition et exposants, portent autant d’éclairages différents sur ces nouveaux rapports à l’industrie, favorisant « une certaine épure stylistique d’abord basée sur l’assemblage ».

Une exposition à découvrir au Bureau de la Mode, des Métiers d’Art et du Design, 30 rue du Faubourg Saint-Antoine, dans le 12e arrondissement de Paris, jusqu’au 3 octobre.

©BDMMA
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24/9/2026
Les Grands Prix de la Création 2026 révélés !

Depuis 1993, les Grands Prix de la Création de la Ville de Paris accompagnent les nouvelles générations de créateurs et créatrices dans les domaines de la mode, du design et des métiers d’art. Voici les huit lauréats de cette 33e édition.

Créés il y a trente-trois ans, les Grands Prix de la Création s’inscrivent dans la politique de soutien de la Ville de Paris aux secteurs de la mode, du design et des métiers d’art. Organisés par le Bureau du Design, de la Mode et des Métiers d’Art (BDMMA), ils récompensent cette année huit professionnels, chacun bénéficiant d’une dotation de 18 000 euros. Une goutte d’eau au regard des 350 candidatures reçues par les jurys, présidés cette année par Ionna Vautrin pour le design, Lisa Gachet pour la mode et Jeremy Maxwell Wintrebert pour les métiers d’art.

Prix Révélation Design : behagelfoiny

Antoine Behaghel et Alexis Foiny se rencontrent lors de leurs études aux Arts Déco. Peu à peu, inspirés par le ready-made, ils développent des projets autour de l’exploration des matériaux à leur disposition. Une démarche qui les conduit à fonder leur studio en 2020, autour d’une pratique inspirée desnéo-artisanats. « Nous sommes un point de connexion entre différents corps demétier, ce qui nous permet de nous réapproprier la création et la productiond’objets en mettant en place des manières de faire inédites. C’est notre ADN, même si nous étendons nos expertises à d’autres domaines comme la scénographie.Cette approche nous conduit à répondre à des problématiques liées à lasensibilisation à l’écologie et à l’enfance. » Une démarche qui a déjà attiré l’attention de galeries et d’institutions, comme Le French Design, qui les a intégrés à son palmarès FD100, ou le Mobilier national, qui a acquis leur bibliothèque Alupié en 2026.

Ccollection Tubulure © behaghelfoiny

Prix Engagement Design : Marie et Alexandre

Représentés par la galerie Signé, rue Jacob à Paris, Marie et Alexandre présentent actuellement "Under Pressure", une exposition d’objets mis en forme par pression. Un projet qui résume en quelque sorte leur travail, entamé il y a cinq ans après une rencontre à la Villa Noailles, lors de la Design Parade. Marie, passée par la HEAD de Genève et l’ECAL à Lausanne, et Alexandre, formé à l’ENSCI – Les Ateliers puis au California College of the Arts à San Francisco lors d’un échange universitaire, partagent une curiosité pour les savoir-faire qui les pousse à adopter une pratique itinérante. Entre visites d’usines et expérimentations sur le terrain, le duo collabore notamment avec Glas Italia, Dryade et Petite Friture. « Nos créations pour les galeries nous permettent de mener une recherche libre sur laquelle nous nous appuyons pour passer à des projets plus industriels. »

Marie et Alexandre © Rebekka Deubner

Prix Révélation Mode : Anthony Calydon

Coudre. Une activité qui occupe l’esprit d’Anthony Calydon depuis douze ans. Il commence par confectionner ses propres vêtements, fait un passage éclair à ESMOD, puis décide de poursuivre en autodidacte. Sa carrière débute doucement grâce à Instagram. En parallèle de son activité auprès d’artistes qu’il habille, il travaille comme modéliste pour des griffes émergentes. Mais pas question d’aller trop vite tant qu’il n’a pas trouvé son style, celui qui sera reconnaissable au premier coup d’œil. « J’ai toujours été inspiré par les designers japonais. J’avais envie de proposer quelque chose de fort, sans logo.Qu’on se dise en voyant mes pièces : ça, c’est Anthony Calydon. Et, peu à peu, j’ai fait du bord-côte et de la couture surjet ma signature. » Un univers et un travail ancrés dans leur époque, portés par une grande attention aux savoir-faire.

© Anthony Calydon

Prix Engagement Mode : Collectivo

Ingénieure chimiste à l’INSA, puis titulaire d’un master à HEC, Samia Boukbir passe cinq ans dans le marketing et le développement international du maquillage avant de rejoindre un collectif consacré à la mode upcyclée. Son parcours professionnel se mue alors en voyage. « En 2016, je suis allée à Cuba et ma vie professionnelle a basculé, se souvient Samia Boukbir. J’ai découvert une société qui était entièrement basée sur la récupération, moi qui étais depuis presque sept ans dans l’industrie chez L’Oréal et Dior. Cela m’a poussée à me questionner. Quand je suis rentrée, j’ai quitté mon poste… et j’ai atterri aux Puces de Saint-Ouen ! » C’est dans ce berceau historique de l’économie circulaire à Paris que Samia installe Collectivo, officiellement lancé en 2022. Le collectif a depuis collaboré avec 22 designers. Chaque nouvelle collection est l’occasion d’ouvrir ce cercle à de nouveaux talents grâce à des appels à projets. « Tout part de nos sélections de matières à upcycler : c’est autour d’elles que nous construisons les plans de nos trois collections, autour de l’officewear réinventé, du sport et de l’innovation. »

© Collectivo

Prix Accessoires Mode : Luca Colosimo — 10.03.53

L’histoire commence par l’achat d’un énorme sac orange. Un premier achat à l’origine d’un déclic. « C’était un acte d’émancipation. Pour mon papa, le sac était l’objet interdit pour un homme. Or, moi, il me fascinait ! » Il faudra cependant attendre un peu avant que Luca Colosimo ne se consacre à cet accessoire. Après des études en modélisme industriel pour le prêt-à-porter, qu’il déteste, une bourse qui lui permet de se former au prototypage en maroquinerie et des expériences chez Gucci, Isabel Marant et Paco Rabanne, il connaît, en 2020, une prise de conscience. Il lance alors sa propre griffe, à laquelle il attribue la date de naissance de son père : 10.03.53. De là naissent des créations sensuelles aux formes plutôt classiques, avec un intérêt particulier pour les matériaux innovants. « Aujourd’hui, nous faisons des sacs en papier, en béton armé, en cuir non traité… Nous nous amusons ! »

Luca Colosimo © 10.03.53

Prix Accessoires Bijoux Mode : Sarah Madeleine Bru

Formée dans une école de design à Nantes, Sarah Madeleine Bru comprend très vite qu’elle est passionnée par l’artisanat. Elle multiplie les stages et les missions en freelance alors qu’elle est encore étudiante, avant d’intégrer laCreative Academy, l’école du groupe Richemont basée à Milan, qui forme au design dans les secteurs de la joaillerie, de l’horlogerie et des accessoires. «Cela m’a permis d’intégrer la marque Dunhill, méconnue en France, mais qui est un peu comme Hermès pour homme. » Elle y reste un an, à l’époque où Kim Jonesen est le directeur artistique, avant d’être repérée par Louis Vuitton. Puis,en 2012, elle se lance en solo. « Au début, je vendais mes bijoux en argentessentiellement à mes amies. Puis j’ai eu de la presse, j’ai été identifiée etj’ai fait évoluer mes créations. Aujourd’hui, la haute joaillerie et les commandes spéciales ont pris le dessus. »

Bagues Vipère et La Vague, Platine et diamants naturels © Aude Le Barbey

Prix Révélation Métiers d’art : Chloé Valorso

Sculptrice, bronzière et joaillière, Chloé Valorso découvre la technique de la fonte à cire perdue lors de ses études à Londres, à Central Saint Martins puis au Royal College of Art. « J’ai voulu apprendre la technique de A à Z.Normalement, les artistes vont chez des fondeurs extérieurs ou apprennent à réaliser quelques étapes. Je voulais tout maîtriser pour pouvoir innover. » Inspirée par les séminaires d’anthropologie, les ouvrages sur le nouveau matérialisme et l’éco-féminisme, la créatrice travaille par collages, donnant naissance à des objets proches de « cadavres exquis d’histoires, de mythologies », ouverts sur l’imaginaire. « Je travaille la plupart du temps à partir de matériaux imprégnés du vivant : des mues de serpents transmutées en bronze, des fleurs que j’immortalise grâce à une technique de fonte directe que j’ai développée.Je viens de réaliser des bougeoirs, associations de racines, de vertèbres de serpents et de fleurs récupérées dans les jardins parisiens. »

© Chloe Valorso

Prix Engagement Métiers d’art : Les Ateliers Victor Bert

Donner de la visibilité à un métier en voie de disparition : voici ce qui a poussé Victor Bert, peintre en lettres, à participer aux Grands Prix de la Création de la Ville de Paris. Fasciné depuis toujours par les monuments historiques, Victor suit une formation de tailleur de pierre à Amiens. C’est là qu’il découvre la gravure sur pierre et se prend rapidement de passion pour la lettre. Son CAP en poche, il s’installe à Paris, travaille tout en complétant son cursus par des cours de typographie et de calligraphie. « J’ai toujours su que la lettre dépassait la taille de pierre, qu’il fallait explorer une multitude de supports. Je n’ai ainsi jamais cessé d’enrichir ma pratique. C’est comme cela que j’ai découvert, en 2015, un documentaire sur la peinture en lettres américaine et que j’ai décidé de m’y mettre. »

Dorure sous verre gravé en cours © Chloé Brunet (Passerelle Studio)
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24/9/2026
DCW éditions agrandit la collection Seagull

Pensée par Thierry Dreyfus pour DCW éditions, la collection Seagull s’agrandit avec une nouvelle suspension de 160 cm. Un changement d’échelle qui conserve le principe fondateur du luminaire : donner à voir la lumière plutôt que la lampe.

Faire de la lumière une présence sans laisser le luminaire s’imposer dans l’espace : c’est le parti pris de Seagull, imaginée par Thierry Dreyfus. Pour la dessiner, le designer s’est inspiré du Johnson Wax Building de Frank Lloyd Wright, construit à la fin des années 1930, dont les tubes de verre diffusent la lumière extérieure vers l’intérieur. Une sensation que Thierry Dreyfus transpose à l’échelle domestique à travers une succession de tubes lumineux disposés horizontalement, dans une composition aux accents Art déco.

Suspension Seagull, design : Thierry Dreyfus

Nouvelles proportions, nouvelles possibilités

Déjà proposée dans une version de 120 cm, Seagull se décline désormais dans un format de 160 cm, pensé pour accompagner des tables plus grandes. Suspendu idéalement entre 80 cm et 1 m au-dessus du plateau, le luminaire étire la lumière plutôt que de la concentrer, dessinant un « toit de lumière », pour reprendre les mots de Frédéric Winkler, président et fondateur de DCW éditions Une nouvelle échelle qui ouvre également Seagull à d’autres usages car plus qu’un simple point lumineux, la suspension peut devenir un véritable trait dans l’espace, capable d’accompagner l’architecture et de guider le regard. Une approche qui prolonge les recherches de Thierry Dreyfus, connu pour ses installations lumineuses et ses collaborations avec Comme des Garçons, Raf Simons ou encore Peter Marino. L’objectif étant de mettre la lumière en scène, ici dans une version pensée pour le quotidien.

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22/9/2026
Astre Mobile sur la route des métiers d’art

À l’occasion de la Paris Design Week, et jusqu’au 27 septembre, l’Hôtel de la Marine accueille une Méhari. Un véhicule hybride à l’allure lunaire, imaginé par Maison Lacmé comme un hommage aux métiers d’art.

Si l’Hôtel de la Marine s’est imposé comme l’un des lieux importants de la Paris Design Week, le choix audacieux de cette année a de quoi surprendre. Une drôle de voiture, stationnée en plein cœur de la cour et dont le compteur, tout juste sorti de l’atelier, semble déjà bloqué sur 40 075 kilomètres. Un problème ? Non, un indice. Car derrière ce profil que l’on connaît tous, celui de la Méhari produite par Citroën, se cache un véritable manifeste de design et un hommage aux métiers d’art.

La plaque du boîtier de chauffage réalisée en héliogravure par Fanny Boucher & Lise Richardot et le levier de vitesse en porcelaine de Limoges par Ateliers Arquié ©Maison Lacmé

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Une collision entre industrie et artisanat

Derrière ce projet se cachent Cécile et Antoine Tauvel, à l’origine de Maison Lacmé, fondée il y a deux ans. Leur objectif : créer des œuvres fonctionnelles à partir d’objets du quotidien. Une ambition qui a poussé les deux passionnés de voitures anciennes à s’intéresser au potentiel de laMéhari. « Pour beaucoup de Français, elle évoque les années 60 ou des souvenirs de vacances en bord de mer. Mais pour moi c’était aussi l’aspect lunaire qui me parlait et me rappelait les couvertures de certains albums de Tintin. Donc notre rôle était de révéler la symbolique et la rêverie déjà existantes »,explique Antoine Tauvel. Alors le couple imagine le cadre. Ce sera un doré, en écho aux arts décoratifs français et à l’histoire de l’art, apposé par touches sur un châssis transparent. « Ce qui nous semblait intéressant, c’était de faire naître un certain équilibre entre l’industrie et l’artisanat d’art en jouant sur les contrastes. » Une recherche esthétique menée avec un industriel français pour repenser la composition du polymère et éviter le jaunissement du châssis sur lequel une couche de céramique transparente a ensuite été appliquée. « L’enjeu était de muer cette typologie purement industrielle en objet d’art sans lui donner le statut d’objet de luxe. Il fallait donc d’abord susciter une curiosité formelle pour ensuite amener le regard sur les petits éléments », détaille Cécile Tauvel. Une quête de narration où l’automobile véhicule l’imaginaire.

Les enjoliveurs en onyx par Hervé Obligi et les lanières en cuir de Russie par Elise Blouet ©Maison Lacmé

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Un concentré de savoir-faire

Qui a dit qu’un enjoliveur et une lampe, ou encore un logo automobile et une broche, n’appartenaient pas aux mêmes mondes ? Certainement pas Maison Lacmé dont l’ambivalence des objets se trouve au cœur du projet.Chacun des douze éléments réalisés par des artisans d’art possède en effet une fonction pratique. « Cette voiture est un cheval de Troie, un cabinet de curiosités mobile qui recèle des choses en son sein », résume Antoine Tauvel à l’origine de ces doubles fonctions. « Cette idée est centrale. Nous avons réalisé tous les dessins préparatoires et les choix esthétiques en interne puis nous les avons présentés aux artisans. » Dès lors, le projet devient collaboratif et les esquisses sont ajustées dans un souci de cohérence esthétique. Le volant travaillé à partir de bois flotté et la sellerie brodéede coquillages ouvrent un horizon maritime, là où le compteur en marqueterie de plumes — bloqué sur la circonférence de la Terre — peut être extrait et utilisécomme horloge de bureau. Au-delà de l’usage, les techniques utilisées rappellent celles des grandes heures de l’art décoratif français. Parmi elles,la technique du trompe-l’œil mise en pratique pour remplacer les enjoliveurs en pierre par des versions peintes lorsque le véhicule roule.

Véritable « outil de déplacement poétique », la méhari de Maison Lacmé fait escale jusqu’au dimanche 4 octobre dans la cour de l’Hôtel de la Marine.

Le compteur en marqueterie de plumes de Maison Vermeulen et le logo brodé par Marie Archambaud ©Maison Lacmé
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