Chaises

Prix spécial du concours Mobilier national – Jeune création, la table et les chaises L.I imaginées pour le Conseil des ministres proposent de nouvelles approches du design contemporain grâce à la technique du Drop Stitch et du carbone recyclé.
L.I, deux lettres pour légèreté et innovation. Trouvé « un peu à la dernière minute », le nom de la table et des chaises imaginées par Yanis Bontemps, Paul Seiller et Victor Galineau privilégie le factuel au lyrisme des appellations. Une absence de fioritures en écho à l’approche du trio, constitué lors de leur dernière année d’études à l’Ensaama pour répondre à l’appel à projets du Prix de la jeune création du Mobilier national. Le défi ? Proposer un ensemble de mobilier facilement installable et pouvant être stocké sur un monte-charge pour la salle du Conseil des ministres de l’Élysée. Une double contrainte sur laquelle les trois designers travaillent pendant plusieurs années avec l’ARC. Livré pour les Journées du patrimoine 2026, le projet avait déjà été récompensé en 2020 par un Prix spécial imaginé pour ce projet.

Une table gonflable
« Le concept initial de la table était de la faire gonflable pour qu’elle se déploie rapidement », explique Yanis Bontemps. L’idée porte les trois étudiants d’alors à s’intéresser au Drop Stitch fabriqué par la société Musthane. « Pour faire simple, il s’agit d’une membrane gonflable dont les deux parois, haute et basse, sont reliées entre elles par des fils de nylon cousus. Par un phénomène physique, la structure se met en tension lorsqu’elle est gonflée et offre quelque chose de très rigide avec une simple pression d’un bar. » Utilisée dans certains paddles, cette technologie est aujourd'hui principalement présente dans le secteur militaire, notamment sous forme de coussins pour la réparation d’ailes d’avions.
Autoportant, le Drop Stitch amène le studio à imaginer une table dans laquelle le monte-charge n’est pas un simple outil de transport, mais devient un élément constitutif. Utilisé comme pied central, le chariot est pourvu d’une structure dépliable dotée de huit pieds en aluminium sur lesquels se déploie le plateau elliptique. « Ce projet était surtout guidé par des contraintes sémantiques plus que par la technologie. Au début nous avions imaginé une table ronde, mais c’était difficile à replier et ce n’était pas dans les codes habituels. Donc nous nous sommes laissé guider par les codes existants » raconte Paul Seiller.

Faire parler la matière brute
Pour accompagner cette table, les trois designers ont dessiné seize chaises. Réalisées à partir de 56% de résine biosourcée provenant de filières végétales et d’une mousse époxy, elles ont également été l’occasion de travailler le carbone recyclé. « Pour que la chaise soit en accord avec la praticité de la table, nous étions partis sur ce matériau léger. Mais ça nous a amené à se demander comment utiliser de manière responsable une matière loin d’être "écolo". » Les designers se tournent alors vers Workshape. « En chauffant à très haute température des déchets issus de différentes filières, comme l’automobile, cette entreprise parvient à séparer les composants dont le carbone. En travaillant avec elle on a pu récupérer le carbone sous forme de feutrine que nous avons moulée puis cuite. » Une technique de recyclage à l’origine des coques de sièges aux lignes tendues et aérodynamiques. « Notre envie était de faire parler la matière brute. Faire entendre un langage industriel à travers le mobilier d’exception. C’était relativement exploratoire, d’autant qu’aucune des deux sociétés sollicitées n’avait fait de mobilier jusque-là. » Outre l’anodisation et la maroquinerie, ce projet concentre des technologies appliquées pour la première fois au secteur du design contemporain. Des approches nouvelles qui enrichissent, grâce aux idées des trois designers et à l'innovation de l’ARC, l’étendu des techniques et savoir-faire français.

Pour sa première collection avec Serax, Ann Demeulemeester propose un ensemble développé selon ses propres besoins. Des pièces simples et esthétiques au service de l'usage.
« Je crée quelque chose parce que j’en ai besoin, parce que je le veux et que je ne parviens pas à le trouver. » L'idée est simple, la ligne directrice est libre. De cette doctrine créatrice, Ann Demeulemeester a développé une gamme de mobilier plurielle allant des assises aux tables en passant par les consoles. Une diversité qu'elle et son mari, Patrick Robin, ont dessiné d'abord pour leur usage propre avant de venir enrichir l'hétéroclite catalogue Serax.

Faire usage de la simplicité
Lorsqu'il a imaginé cette collection, le couple de designers avait en tête de répondre à des besoins, mais n'avait pas la volonté d'imposer un quelconque usage. « L'idée était de suggérer une idée d'utilisation plutôt que de la dicter » précise Anna Winston, ancienne rédactrice en chef de Dezeen. Une notion traduite par les imposants volumes du mobilier. À la fois conformiste dans son allure globale, au risque de toucher sur certains points une forme de classicisme froid, et accueillant dans les courbures et l'ouverture des formes, la collection dialogue avec elle-même. Les profilés bas et robustes des assises comme Beth discutent avec les maigres pieds de la chaise Elé ou de la table Cora, tandis que le volume monolithique de Frou répond à la chaise Boho qui semble découpée dans une feuille de papier. Un ensemble hétéroclite autant qu'étonnant.

Les matériaux au centre du jeu
Complémentaires aux formes, les matériaux ont été travaillés avec un intérêt tout particulier. D'une part en raison de la place prégnante qu'occupent les étoffes, mais également en raison de la carrière de la designeuse dans la mode. Une époque dont elle tire une évidente sensibilité pour les textures et les couleurs. Un attrait qui offre à cette collection forte de 11 pièces, une diversité allant du lin à la laine, du velours à la toile, dont le capitonnage est tissé en Belgique. De cette exploration plastique qui joue avec notre perception, le duo s'est également prêté à une recherche colorimétrique surprenante, n'hésitant pas à sauter du vert mousse au rose pâle ou au orange brûlé. Un éventail qui, là encore, vise à offrir à chaque utilisateur, sa propre expérience du mobilier dessiné originellement pour servir des besoins personnels.

En ce début d’année 2024, la marque de mobilier basque Alki s'associe au danois Kvadrat à travers une nouvelle gamme de tissus dédiée à ses assises.
En proposant une gamme de tissus texturés faisant la part belle à la matière, Kvadrat vient rehausser, sans dénaturer, l'esthétique simple et précise d'Alki. Avec cet apport de matérialité en radicale opposition avec les lignes directes des modèles en chêne, la marque danoise joue avec le regard et fait du relief un élément graphique. Une manière d'intégrer une autre sorte de fantaisie dans tous les espaces, du café au bureau.

L'alliance de la technologie et de l'artisanat
Spécialiste du textile dans l'architecture et connue pour ses produits décoratifs (tapis, rideaux...) ou ses solutions acoustiques, Kvadrat propose son expertise dans un domaine qui lui est complémentaire. Particulièrement attachée à l'esthétique scandinave, l'entreprise fondée en 1968 intègre ses connaissances techniques et technologiques à une marque française dont les lignes contemporaines ne sont pas si lointaines de celles du Nord. Une collaboration entre deux pays, mais également entre deux savoir-faire, rassemblés par un goût commun pour les formes et les volumes.


Le designer Adrian Blanc a dessiné pour la Chaise Française, SR10, une chaise de bureau 100% made in France.
Diplômé de l’ECAL, le designer français Adrian Blanc est connu pour ses réalisations en mobilier collectif. Il a pris part à la réalisation de nombreux projets de design et a collaboré avec de nombreuses marques comme Fermob, Eiffage, CIDER ou Hârto…). En 2018, il fonde, à Lyon Pondy, son studio de design.
SR10, une chaise pour tous
La Chaise Française, entreprise créée en 2017, a pour vocation de proposer des produits qui soient 100% made in France, avec un cycle de production vertueux afin de réduire au maximum son impact environnemental. Et la SR10 ne déroge pas à la règle puisque cette chaise de bureau est elle aussi totalement made in France qu’il s’agisse de son design, des matériaux utilisés, de la fabrication et de l’assemblage. Cette chaise au faible impact carbone agrémente un espace de travail confortable chez soi ou au bureau, tout en gardant la beauté du bois français. La chaise SR10 est proposée avec ou sans accoudoirs, avec un piètement en bois ou sur des roulettes pour s’adapter aux besoins de ses utilisateurs.


Modèle iconique de Vitra, la chaise Panton sort une nouvelle édition en quantité limitée. Bicolore, elle est vendue exclusivement chez The Conran Shop, en France et en Angleterre, entre le 2 mai et le 30 juin.
Sa forme incurvée a fait d’elle une icône du 20e siècle. Conçue en 1959 par l’architecte et designer danois Verner Panton, la chaise Panton a été développée en collaboration avec Vitra à partir de 1967, faisant de celle-ci la première chaise tout en plastique à être fabriquée en une seule pièce.


Panton duo : 2 couleurs pour 100 exemplaires
En exclusivité pour The Conran Shop, la chaise Panton fait son grand retour avec une édition limitée de 100 exemplaires. Rebaptisée Panton Chair Duo, en raison de son aspect bicolore, ce nouveau modèle a été imaginé en étroite collaboration avec la famille Panton. Avec sa coque en polyuréthane avec une finition laquée brillant, la chaise Panton Duo sera disponible en cinq combinaisons de couleurs différentes : gris et bleu, bleu et violet, rose et violet, rouge et rose, rouge et jaune. Chaque chaise sera vendue au prix de 1883€.
Un nouveau modèle exclusif à venir découvrir 117 rue du Bac, 75007 Paris ou sur : www.conranshop.fr du 2 mai au 30 juin.