Collectible design : retour sur les découvertes bruxelloises marquantes
Collectible Fair © Michele Margot

Collectible design : retour sur les découvertes bruxelloises marquantes

À Bruxelles, la foire Collectible Design s’impose comme l’un des rendez-vous majeurs du design contemporain. Dédiée à la création du XXIᵉ siècle, elle explore les frontières entre pièce fonctionnelle et objet de collection. Des expérimentations matérielles aux réinterprétations artisanales en passant par les recherches structurelles, retour sur quelques découvertes marquantes de cette nouvelle édition qui se tient du 12 au 15 mars 2026 à l'espace Vanderborght et dans quelques galeries.

Idéalement située au cœur de l’Europe, Bruxelles s’est imposée comme un carrefour du design international. Outre ses nombreuses galeries et ses rues pavées d’ateliers, la capitale belge accueille chaque année la foire Collectible Design, devenue l’une des nouvelles grandes messes du design contemporain. Rassemblant principalement des acteurs européens, cet événement consacré au design du XXIᵉ siècle tisse des liens entre objet fonctionnel et pièce de collection, incarnant une approche aujourd’hui indissociable : le collectible design.

Pour cette nouvelle édition, le salon affirme une ligne curatoriale fondée sur la confrontation des savoir-faire et des gestes créatifs en constante réinvention. Souvent incarnée par une certaine radicalité formelle ou matérielle, cette rencontre se déploie à tous les étages de l’Espace Vanderborght réparti en différentes sections. MAIN rassemble ainsi des galeries internationales autour de pièces majeures du design contemporain, tandis que BESPOKE offre une plateforme aux studios indépendants pour dévoiler des créations exclusives. NEW GARDE met quant à elle en lumière de jeunes galeries, collectifs et project spaces, là où ARCHITECT <=> DESIGNER souligne le rôle des architectes dans la conception du mobilier.

Nouvelle venue en 2026, la section TABLESCAPES explore l’art de la table comme espace de design et de sociabilité. Une manière de rappeler que le contemporain ne renvoie pas à une seule manière de penser ou de produire. La preuve également avec CURATED, un espace imaginé cette année par la curatrice Marine Mimouni autour du thème Echoes of Use. Un corpus riche en surprises et en découvertes, porté par une volonté de produire des objets esthétiques et souvent en résonnance avec les enjeux de notre époque.

Intramuros revient ici sur quelques pièces marquantes découvertes lors d’une déambulation frénétique et inspirante.

Studio Skipt chez Galerie Casa Sòler (France)

Fondé en 2020 à Argenteuil par Josselin Gerval, Baptiste Lavigne et Paul Lossent, le studio Skipt se distingue par une approche exploratoire du territoire. Exclusivement récupérés dans la proche banlieue parisienne où se situe l’atelier, les matériaux sont assemblés de manière instinctive, donnant naissance à un design à la fois futuriste et frugal. Présentées pour la première fois, les deux pièces s’inspirent du tabouret d’horloger et de la chaise de laboratoire BAO, renommée ici AOB. Ces réinterprétations constituent les premières typologies d’une collection plus étendue où devraient fusionner matériaux du quotidien et artisanat numérique. Une association à laquelle le studio consacre une part croissante de sa recherche depuis deux ans.

©Skipt

Altherr chez Second Nature Projects (Suisse)

La collection Succession est née lorsque les designers ont récupéré un lot d’anciens éclairages du tertiaire destinés à être jetés. C’est cette idée de seconde vie qui a donné son nom à la série, dont les pièces conservent encore les stigmates de leur existence passée : vis, pattes d’encastrement ou traces d’usage. Sorte de readymade contemporain, ces modules industriels sont transformés en objets minimalistes et sculpturaux. Ravivées par des couleurs vives issues du secteur automobile, ces modules développent une dimension presque totémique. L'équilibre entre leur ancienne fonction, symbole d’un cycle de consommation, et leur nouveau statut d’objet de collection éclaire la puissance du détournement.

©Lorenz Cugini

Arnaud Eubelens chez Kammer Gallery (Allemagne)

Basé sur l’utilisation exclusive de matériaux glanés dans l’espace urbain, le travail du designer belge Arnaud Eubelen donne naissance à des pièces uniques souvent marquées par une esthétique inspirée des années 1970. Cette référence se retrouve notamment dans la structure visible et mobile de son fauteuil qui offre plusieurs positions à l’utilisateur. L’assemblage repose sur des éléments simples — tiges filetées et boulons — seuls composants neufs du projet. Cette construction filaire et légère s’inscrit dans une réflexion sur la durabilité et la réparabilité du mobilier. Présenté pour la première fois, ce fauteuil à l’apparence brute évoque certains mouvements pionniers du design moderne.

©Arnaud Eubelens

Joe Sterck (Belgique)

Fidèle à une approche qui part souvent d’une expérience radicale, le designer Joe Sterck entame ici un dialogue entre la forme, la fonction et la typologie. Artema est de fait une lampe pensée pour s’adapter à l’espace. Dotée de trois pieds en aluminium souple et surmontée d’un simple abat-jour en origami issu d'une feuille format A3, cette création aux allures insectoïdes se veut pérenne. Son adaptabilité aux espaces et interchangeabilité de l'abat-jour en témoignent. Une réflexion sociale et démocratique où la simplicité va de pair avec l’accessibilité.

©John Sterck

Max Milà Serra chez Vasto (Espagne)

Inspiré à la fois par la nature et par les structures issues de l’ingénierie, le designer Max Milà Serra joue sur les changements d’échelle pour développer un univers quasi-scientifique. Fasciné par les limites structurelles, il conçoit ses luminaires, dont Grimshaw, comme de petites architectures prospectives. En miniaturisant ce qui est habituellement monumental, il fait ressortir les câbles, les articulations et les composants habituellement dissimulés. Une sorte de mise en scène poétique (et à certains égards robotoque) des forces physiques qui structurent notre quotidien.

©Maria Baños

Dans la section Curated

1.1 Side Table par Silvia Sukopova (Slovaquie)

Il est bien plus simple de modifier l’échelle d’un objet dans un environnement numérique que dans la réalité. Ce constat est au cœur de la 1.1 Collection qui explore les liens entre l'impression 3D et les matérialités. Pour cette pièce, elle est partie d’un jouet d’enfant agrandi jusqu’à atteindre la taille classique d’un meuble. Ce changement d’échelle révèle les déformations et axes de construction de l’objet miniature. Transformé en un archétype géant, le guéridon adopte une forme légèrement déséquilibrée, presque tordue, qui obligatoirement interroge l'utilisateur. Un sentiment renforcé par le choix d'une surface feutrée obtenue par projection électrostatique de fibres.

©Jakub Michal Teringa

Invert Sofa par Alan Prekop et Sebastian Komacek (Slovaquie)

Habitué à travailler l’acier inoxydable comme élément structurel, le duo propose ici une approche radicale : extraire la structure interne pour en faire l'élément visuel principal. Une idée survenue après une mauvaise opération de cintrage ayant entrainée des plis sur les tubes. Ici le coussin en latex ne soutien plus le corps humain mais épouse la forme de l'assise passant du rôle d'élément de confort au rôle de fondation. Une inversion qui fait évidemment perdre à l’assise un peu de son confort, mais au profit d'une nouvelle dimension émotionnelle. À travers ce dialogue, INVERT explore la tension entre la matière et le sens.

©Alan Prekop and Sebastian Komacek

Flare 09 par Studio Douze Degrés (France)

Initialement inspirée d’une scénographie conçue à partir de lentilles optiques pour un concert du label Cercle, la lampe Flare - disponible en format à poser ou lampadaire - évolue aujourd’hui vers une version mobile : Flare 09. Cette déclinaison conceptuelle reprend les éléments constitutifs de la première proposition mais en change l’échelle en multipliant les modules. Plus clairement inscrite dans le champ du collectible design, cet ovni très scénographique invite à ralentir le temps au rythme de la réduction des bougies et des halos lumineux. Le projet est auto-édité est réalisé avec le savoir-faire d’une des rares usines encore spécialisées dans la fabrication de lentilles optiques sur mesure.

©Studio Douze Degrès

Crown of Thorns Stool par Benjamin Graham (États-Unis)

Inventée en Europe du Nord, la technique dite de la couronne d’épines permet l’assemblage de carrelets de bois selon un principe modulaire sans fixation. Presque disparue aujourd’hui, elle est remise à l’honneur par le designer. Formé à cette technique par un artisan du Colorado, il s’est intéressé à la transposition du treillis qu’elle forme pour l'amener dans le champ du design contemporain. Ce travail de recherche a donné naissance à un tabouret composé de 465 éléments, auquel s’est ensuite ajoutée une table basse en verre. Au-delà de la valorisation d’un savoir-faire traditionnel, la pièce démontre comment la réarticulation de deux matériaux peut transformer radicalement l’esthétique d’une composition.

©Benjamin Graham

Shelf3000 Light par Franz Ehn (Autriche)

Interprétation minimaliste de la typologie de l’étagère, cette pièce issue de la série 3000 a été imaginée comme un témoin silencieux de notre époque. Le verre trempé permet à la structure de s’effacer au profit de l’acier, à la fois matière structurelle et ornementale. Les objets ne sont plus dissimulés mais mis en scène. Le paradigme décoratif évolue pour laisser l’étagère devenir un dispositif qui révèle ce qu’elle accueille plutôt qu’un meuble dissimulateur qui s’impose visuellement.

©Franz Ehn

Dans la section Tablescapes

Studio DO (Belgique)

Fondé à Anvers par Dana Seachuga et Octave Vandeweghe, le studio développe une approche brute et intemporelle. Son travail propose ici un dialogue direct entre arts de la table et histoire de la sculpture sur pierre. Les pièces — gobelets, carafes, tables de cocktail ou assiettes — naissent de fragments architecturaux récupérés comme des pavés, des appuis de fenêtres en pierre bleue ou des éléments décoratifs abandonnés. Ces modules fonctionnels, mais souvent invisibilisés dans l’architecture, retrouvent une nouvelle vie grâce à des interventions minimales comme le sciage ou le perçage. Des opérations qui peuvent évoquer les vestiges d’un paysage romantique.

©Studio DO

In Layers par OOG Objects (Pologne)

La collection In Layers repose sur une exploration du verre par superposition de strates. Basée à Cracovie, Alicja Hajkowicz-Rudzka développe une identité fortement liée au processus. Plusieurs bulles de verre soufflé sont formées séparément puis assemblées à chaud, sans colle ni fixation, grâce au travail simultané de quatre artisans. Le verre opalin choisi permet de rendre visibles distinctement les différentes couches de l'objet. Ainsi, les volumes se superposent structurellement et visuellement, révélant l’irrégularité des formes et la densité du matériau.

©OOG Objects

Persona par Mila Zila (République tchèque)

Basée en République tchèque, la designer et artiste Ludmila Zilkova explore le verre comme matériau sculptural, à la frontière entre collectible design et art contemporain. Dans cette série, elle transforme des objets du quotidien comme des vases, des couverts, ou des verres en formes expressives. Les propriétés physiques du matériau jouent un rôle central permettant à la gravité de former comme déformer chaque pièce en fonction de la viscosité et chaleur. L'objet devient ainsi le résultat d’un dialogue entre transformation matérielle, identité et tradition verrière locale.

©Mila Zila

L'exposition est visible à l'espace Vanderborght du 12 au 15 mars 2026, Rue de l'Ecuyer 50. Bruxelles 1000. Belgique.

Rédigé par 
La rédaction

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24/9/2026
DCW éditions agrandit la collection Seagull

Pensée par Thierry Dreyfus pour DCW éditions, la collection Seagull s’agrandit avec une nouvelle suspension de 160 cm. Un changement d’échelle qui conserve le principe fondateur du luminaire : donner à voir la lumière plutôt que la lampe.

Faire de la lumière une présence sans laisser le luminaire s’imposer dans l’espace : c’est le parti pris de Seagull, imaginée par Thierry Dreyfus. Pour la dessiner, le designer s’est inspiré du Johnson Wax Building de Frank Lloyd Wright, construit à la fin des années 1930, dont les tubes de verre diffusent la lumière extérieure vers l’intérieur. Une sensation que Thierry Dreyfus transpose à l’échelle domestique à travers une succession de tubes lumineux disposés horizontalement, dans une composition aux accents Art déco.

Suspension Seagull, design : Thierry Dreyfus

Nouvelles proportions, nouvelles possibilités

Déjà proposée dans une version de 120 cm, Seagull se décline désormais dans un format de 160 cm, pensé pour accompagner des tables plus grandes. Suspendu idéalement entre 80 cm et 1 m au-dessus du plateau, le luminaire étire la lumière plutôt que de la concentrer, dessinant un « toit de lumière », pour reprendre les mots de Frédéric Winkler, président et fondateur de DCW éditions Une nouvelle échelle qui ouvre également Seagull à d’autres usages car plus qu’un simple point lumineux, la suspension peut devenir un véritable trait dans l’espace, capable d’accompagner l’architecture et de guider le regard. Une approche qui prolonge les recherches de Thierry Dreyfus, connu pour ses installations lumineuses et ses collaborations avec Comme des Garçons, Raf Simons ou encore Peter Marino. L’objectif étant de mettre la lumière en scène, ici dans une version pensée pour le quotidien.

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21/9/2026
Paris Design Week: The Intramuros Eye

For this new edition of Paris Design Week, the Intramuros team slipped through the capital's arteries to discover the season's latest exhibitions and new releases. Here is a look back at the ones you shouldn't have missed.

From September 10th to 19th, design once again took over the streets of Paris, much to our delight! Whether industrial or collectible, the creative sector made headlines again, both through new collections and new gatherings. It was an opportunity to rediscover certain profiles and meet new minds driven by innovative concepts. Among all the installations we discovered, here are the ones that particularly caught our attention.

Picnic by Cluzel / Pluchon: an invitation to lunch

Following Marianna Ladreyt last year, designers Cluzel / Pluchon took over the courtyard of the Hôtel d’Albret to present the Picnic installation, created in collaboration with manufacturer Guyon Mobilier Urbain. Conceived as an invitation to share and wander, Picnic was unveiled as a life-sized picnic table over seven meters long. Continuing the Gier duo's well-known collection, it combined locust wood slats with a powder-coated steel structure, drawing a generous curve to create a dialogue between urban furniture and conviviality.

Picnic installation by Cluzel / Pluchon at the Hôtel D'Albret © Charlotte Bommelaer

GOOD SELECTION by Lucas Zito and Marika Caputo: new scenes

Organized by Lucas Zito and Marika Caputo, the second edition of GOOD SELECTION was held this year in the heart of the Fondation Fiminco in Romainville. Now disused, the former pharmaceutical factory—reminiscent of some of the most surprising Milanese venues chosen by Alcova—was taken over for the occasion by 47 international designers. Favoring dialogue between creations rather than formal classification, the exhibition offered various living spaces. A combination of styles and atmospheres provided visitors with a new, more embodied perspective on this so-called "collectible" design.

© Good Selection

Volt Face by Studio 5.5 and Schneider Electric: high-voltage collection

Studio 5.5 teamed up with Schneider Electric to imagine the Volt Face lighting and furniture collection, designed using the Odace range and presented at the Galerie Joseph on Rue des Minimes. Faithful to their taste for repurposing everyday objects, Vincent Baranger and Anthony Lebossé chose to make the socket and switch the main element of their creation, rather than an afterthought. Developed as wall lights, pendants, lamps, tables, and even nightstands, each piece plays with the repetition and assembly of the modules. Conceived as a true creative palette, the Odace range thus becomes a material to be composed, but also to be touched and operated, making these pieces playful and offering a fresh look at these familiar yet often undervalued objects.

Volt Face collection, Studio 5.5 x Schneider Electric © Vincent Baranger

Tout est Chaos by PLI Office: ordering the desirable

After initiating "Pour que tu m’aimes encore" in 2024 and "Design Disco Club" the following year, Christopher Dessus returned this year with "Tout est chaos." Presented at the Gaîté Lyrique, the exhibition brought together a body of work that acts as a vector for surprise. A feeling conveyed by the material or the form, but also and above all by a freer consideration of usage. It is a counterpoint to modernist design, which is generally serial and fundamentally utilitarian, here abandoned in favor of narrative. It was an opportunity to see very personal research collide, such as the non-linear or even random work of the series, the reinterpretation of industrial archetypes reworked by hand, or new explorations blending industry and craftsmanship. Driven by a nearly free participation, the 66 selected designers delivered a specific idea of design, claimed by 10 of them through installations and even a projection imagined as a manifesto.

"Tout est Chaos" exhibition by Pli Office at the Gaîté Lyrique © Florent Michel

Victoria Wilmotte: Stainless Steel Collection

For this year's Paris Design Week, Victoria Wilmotte unveiled nearly a dozen pieces. Whether brand new or reimagined existing typologies, this collection continues to explore a world defined by geometry and a distinct industrial spirit. Crafted from stainless steel—sometimes featuring textures that evoke the technique of hammering—the various objects diffused light, along with the signature blue hue championed by the designer.

Blue Chrome Collection, Victoria Wilmotte © Jean-Pierre Vaillancourt

Opus by Studio CHHO: A New Trajectory

Launched a decade ago, the interior architecture firm Hoch unveiled Studio CHHO, the creative force behind Opus. This debut furniture collection, whose name suggests both a first chapter and a technical term for stone masonry, consists of five pieces. Developed over a year and a half, it highlights taut lines and 90° and 45° angles, delivering a bold aesthetic language with generous forms. Enhanced by a restrained palette of three materials—stained birch veneer, hammered glass, and vibrated stainless steel—the pieces were conceived as "objects of presence." This term, unique to the studio, reflects creations made in the south of France that embody the firm's sober yet characterful DNA.

Opus Collection, Studio CHHO © Oracle Paris

"The Light Library" by Studio Meaningfull: Coloring Light

Continuing their research into color, which began with the Agora du Design grant they won in 2021, Studio Meaningfull—comprising Marine Rouit-Leduc, Galilée Al Rifaï, and Nicolas Rouit-Leduc—presented "The Light Library" at Galerie Ideal Place. The exhibition showcased nearly four years of experimentation with the color of light, conceived not as a material, but as a means of interaction. Each shade was developed with reference to natural phenomena, such as the aurora borealis, dawn, and twilight, to achieve a realistic and natural effect. The trio displayed several light-based objects and sculptures, including the Milan lamp, which recently joined the Mobilier National collections. The exhibition was designed to engage the senses and emotions while establishing new chromatic references for light, through an approach that is both sculptural and architectural.

"The Light Library" exhibition, Studio Meaningfull
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17/9/2026
Frgmnt: for desirable design

Following an initial event in June, Frgmnt decided to repeat the experience for Paris Design Week by presenting its first exhibition, titled "Edition 01." On view until September 19, the show aims to put "the materials no one looks at" in the spotlight.

For its first participation in Paris Design Week, Frgmnt selected 43 designers and 11 material manufacturers, brought together to showcase a process and pieces imagined from forgotten or discarded industrial materials, scraps, and waste. Initiated by Meryl Benitah, the Frgmnt project began as a creative challenge launched last June. Over 48 hours, groups of designers, paired up for the occasion, imagined pieces using mediums often considered "undesirable". From wood to metal, the project also incorporated new materials, such as the one designed by Etnisi from windshields, or the Tissium developed by the company Maximum. "It was a bit like a hackathon format, but dedicated to design. We started with materials that were either salvaged or upcycled to show that reuse or even a second life can be desirable. Even though the participants didn't know each other, a certain creative synergy quickly emerged, and groups formed rapidly, managing to produce pieces in just two days", says Meryl Benitah.

LNKD coffee table by Emma Batsheva Cohen, Clémence Lucchini, and Tancrède De Beaumont / Dør side table by Céline Proust © Etienne Boulanger

This initiative caught the attention of Sabrina Piperno, manager of the Heureux les Curieux space, who wanted to support the project by inviting Frgmnt to exhibit during Paris Design Week in September. "For this edition, the idea was to invite other material manufacturer partners to create, on one hand, this material library, and on the other, to bring in designers with the same approach. Whether through the material itself or the design manufacturing process", continues Meryl Benitah.

Sunset Chamber ambient screen and chimera chairs by Théo Laverne and Nicolas Guillamot © Intramuros

A new way of thinking about material

Spread over two floors, the exhibition presents unique worlds, united by a single ambition: to create from what already exists or to explore the potential of new materials. "There are many ways to make a well-designed object that meets market needs. Some use reuse, others respond through the material, while some do it through function. But they all tell a story through a piece, always asking how to create objects that are desirable in the long term." This inquiry led designers to partner with manufacturers, such as hors-studio, whose Caretta Caretta lamp was made from Celullio, a material developed in collaboration with Matériaux Urbains. The latter is also the creator of Paperio, a new medium that Atelier Alcova used to bring Tecto to life. Meanwhile, other creators are presenting original pieces born from their own unique processes. Notable examples include Atelier Perret, creator of the Séléné pendant light made from coffee grounds; the T65 vase designed from bread by studio Copain; and Emma Batsheva Cohen’s concept focused on optimizing vegetable leather.

Soulmates mirror by Clement Thevenot, Tash'rit armchair, lamp, and small table by Emma Batsheva Cohen © Intramuros

Fostering connections

These diverse profiles and explored avenues aim to demonstrate that materials, initially overlooked, can become desirable once design takes hold of them. "My personal goal is to foster this link between manufacturers, designers, and specifiers by creating a beautiful ecosystem that will encourage them to collaborate and allow these pieces to find their way into hotels, restaurants, and support their development on a larger scale." With this exhibition, Meryl Benitah intends to build new bridges between key sectors of the design industry.

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17/9/2026
Triode opens 28, its new exhibition space

Triode recently opened 28, a new Parisian space designed as a creative playground for designers. To kick things off, Jean and Oliver Pelle, founders of the American studio Pelle, are presenting "Metallic Reverie," an exhibition featuring ten original pieces centered on metal and light.

Neither a gallery nor a showroom, 28—located at 28 rue Jacob in the 6th arrondissement—aims to offer a new exhibition format. Conceived by Jacques Barret, founder of Triode, this new space invites the designers represented by the firm to go beyond simply showcasing their collections. For each exhibition, they are given carte blanche to reveal a more personal side of their creative world. For this inaugural invitation, Triode reunites with Jean & Oliver Pelle, four years after their first joint exhibition in Paris.

Light Objects collection by Oliver Pelle

Two perspectives on material and light

Architects by training and based in Brooklyn, Jean and Oliver Pelle have developed a practice that sits at the intersection of architecture, craftsmanship, and experimentation. For the "Metallic Reverie "exhibition, the duo created ten works specifically for 28, all united by a single material: metal. Jean Pelle presents her Fountain lighting series, inspired by memories and landscapes observed in Korea and along the American coast, while Oliver Pelle explores the intersection of light, material, and space through his Light Objects. Two distinct styles, yet united by a shared focus on materiality. It is a fitting way to inaugurate 28 by showcasing exactly what this new venue aims to reveal: the intimate personality of the designers.

Cityscape light, Fountain collection by Jean Pelle
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