Natacha&Sacha, durabilité et électroménager

Natacha&Sacha, durabilité et électroménager

Le studio de design et de recherche natacha&sacha interroge les modes de fonctionnement et de production des objets, ainsi que leur utilisation. Pour les deux fondateurs, Natacha Poutoux et Sacha Hourcade, il s’agit notamment de repenser les objets électroménagers selon les codes du design, encore trop peu présents, afin d’assurer leur durabilité. Le duo prendra part à la Paris Design Week Factory (du 3 au 8 septembre), à l’Espace Commines (Paris 3e).

Depuis 2018, le studio natacha&sacha ne cesse de séduire. Lauréat des Grands Prix de la Ville de Paris 2019, nommé aux Rising Talent Awards de Maison&Objet 2020, le duo formé par Natacha Poutoux et Sacha Hourcade définit tranquillement sa place sur la scène française du design.

Après quelques années chez les frères Bouroullec pour l’une, et aux côtés d’India Mahdavi pour l’autre, les deux diplômés de l’ENSCI-Les Ateliers fondent leur studio. Un moyen de “s’éloigner du design d’auteur”, et ainsi “ne pas s’enfermer dans une problématique et pouvoir rebondir sur plusieurs sujets”, confie Natacha Poutoux.
Leur démarche consiste à “apporter une réponse là où il y a un manque”, explique la jeune femme. À cette fin, les deux designers échangent avec les gens, observent leurs comportements, leurs interactions avec les espaces et les objets.

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Le tapis chauffant Tracés s’inspire des tables japonaises kotatsu © natacha&sacha

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Fortes de cette approche “anthropologique”, leurs recherches s’orientent notamment vers les objets électroménagers, le “parent pauvre du design”, considère Sacha Hourcade. “Cela fait longtemps que des designers ne s’étaient pas intéressés à ce domaine”, enchaîne-t-il, “ces objets viennent principalement de l’industrie.” Ils sont dessinés par des ingénieurs, “possèdent les codes d’objets techniques, mais sont en décalage avec l’habitation et le domestique que l’on a pu observer”.
De cette initiative est née Tracés, un tapis inspiré des tables japonaises kotatsu, qui “chauffe près du corps, tandis que le reste de l’espace est froid”, explique Natacha. Récompensé aux Grands Prix de la Ville de Paris 2019, cet objet composé de graphène, un textile chauffant, consomme 16 fois moins d’électricité pour 2 mètres carrés qu’un radiateur électrique, permettant une économie d’énergie substantielle.

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“Comment repenser les objets électroménagers pour qu’ils soient plus durables ?”

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La bouilloire électrique en porcelaine Métis 03 © natacha&scha

Natacha et Sacha sont convaincus qu’il faut poser “un regard de designer de mobilier sur ces objets, les dessiner au même titre qu’une chaise ou un canapé”. De cette façon “on les rend désirables. Et si on les désire, on les utilise plus longtemps”, assure le jeune designer, “on donne envie de conserver ces objets, au même titre qu’une armoire de grand-mère, que l’on transmet de génération en génération.” De cette réflexion est née leur bouilloire électrique Métis 03, fonctionnant à induction. Vouée à remplacer les modèles en plastique, qui favorisent la formation de tartre, très énergivore, cette bouilloire en porcelaine peut être lavée au lave-vaisselle. La partie réservoir d’eau est utilisable de façon indépendante, comme une simple carafe.
Actuellement en recherche d’édition, le duo possède une dizaine de projets confidentiels qu’il a initiés et qu’il présente “ensuite à des marques qui nous semble pertinente en fonction chaque projet“, explique-t-il. Ainsi, un industriel teste le textile à base de graphène afin de fabriquer des coussins chauffant pour les usagers des bars et cafés en hiver, puisque des villes comme Bruxelles ou Rennes interdisent désormais de chauffer les terrasses pour des raisons écologiques.
natacha&sacha c’est aussi de la collaboration avec des éditeurs ou des entreprises : “plusieurs collaborations sont en cours avec notamment  Lexon, Designerbox, Cider et une entreprise de cosmétique japonaise Isehan Honten. Les produits que nous développons pour ces marques sont encore confidentiels, mais ils seront dévoilés d’ici la fin de l’année ou début 2021“.

D’ici là, Natacha Poutoux et Sacha Hourcade continueront d’occuper la scène. Du 3 au 8 septembre, ils prendront part à la Paris Design Week , à l’Espaces Commines (Paris 3e), dans le cadre de la Paris Design Week Factory (nouveau lieu dédié à la jeune création) avant de présenter un système de mobilier et d’aménagement pour les hall d’hôtels lors du Salon Equipe Hotel en novembre.

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Cette lampe murale utilise le mur comme support de suspension et réflecteur. Le câble d’alimentation est détourné comme élément graphique et esthétique. La lampe à câble pivote sur un axe de 360 degrés.

© natacha&sacha

© natacha&sacha

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‍L’humidificateur d’air Métis 02 mesure et régule le pourcentage d’humidité à l’intérieur d’une pièce. Il contribue à favoriser une bonne respiration chez les personnes souffrant d’asthme par exemple.

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© natacha&sacha

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Le serveur Métis 01 peut facilement stocker et sécuriser les données de votre domicile. L’objet est en céramique, un matériau à inertie thermique. Le choix du matériau et de la forme favorise la convection naturelle de la chaleur et empêche la surchauffe de l’objet.

Rédigé par 
Rémi de Marassé

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30/9/2026
Artek x Hender Scheme : la patine du temps

Le finlandais Artek et le japonais Hender Scheme présentent une première collaboration autour du vieillissement naturel des matériaux et du pouvoir esthétique du temps.

Notre attachement à certains objets ne s’explique pas par leur valeur intrinsèque, mais par leur histoire. Celle qui cause l’usure et attaque parfois la forme, voire la fonction. C’est avec cette question du temps qui passe en toile de fond qu’Artek et Hender Scheme se sont associés. Spécialiste du mobilier en bois cintré depuis 1935, la marque finlandaise avait amorcé en 2024 un nouveau tournant en tolérant, à l’occasion d’une collection avec le studio Formafantasma, les défauts du bouleau dans ses assises. Un rapport au naturel que la société, fondée par Aino et Alvar Aalto, interroge cette fois-ci avec un fabricant de chaussures et d’accessoires en cuir, le japonais Hender Scheme.

Suspension ©Artek x Hender Scheme

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La valeur du temps

Si les objets sont façonnés par l’industrie qui les fait naître, cette collection entend montrer qu’ils continuent de vivre entre les mains de leurs utilisateurs. En faisant du cuir tanné végétal l’élément central de cette collaboration, les marques proposent un nouveau revêtement qui se patine naturellement avec le temps. Un rapport sensible à la vie des meubles qui confère aux pièces leur unicité. De ce choix naît aussi un échange entre les deux entreprises. La première introduit le langage stylistique du couple Aalto dans un univers codé et japonisant, lorsque l’autre importe son savoir-faire en dotant le célèbre Stool 60 de souliers de cuir. Un clin d’œil qui met en valeur le piètement en L caractéristique de la célèbre assise.

Tabourets Stool 60 avec « chaussures » ©Artek x Hender Scheme

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« New Craft » ou le concept d’un artisanat technologique

Cette nouvelle connexion est également l’occasion pour Hender Scheme de développer son concept de « New Craft ». Une idée selon laquelle l’artisanat et la technologie moderne se rencontrent et fusionnent au service de nouvelles réalisations. Parmi elles, la suspension A330 Golden Bell, dessinée par les Aalto. L’abat-jour en laiton est pour l’occasion réinterprété en cuir moulé. La technique traditionnelle du moulage humide est associée à l’impression 3D pour offrir de nouvelles qualités visuelles et tactiles sans altérer la forme initiale. Une proposition forte en écho au traitement plus classique du cuir valorisé sur différentes typologies dont une horloge, un porte-clés et des dessous de verre reprenant la forme courbe « Riihitie », imaginée par Aino Aalto. Dévoilés au London Design Festival, ces objets seront disponibles à la vente à partir du 10 octobre.

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Ci-dessous de gauche à droite : dessous de verre et horloge

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30/9/2026
« Under Pressure » : Marie et Alexandre exposent à la galerie signé

Jusqu’au 10 octobre, le duo Marie et Alexandre présente à la galerie signé l’exposition « Under Pressure », dans laquelle la pression est explorée sous plusieurs aspects : dans les techniques et les matières employées, mais aussi, plus largement, dans leur rapport à la création.

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« L’idée derrière cette exposition était de travailler la pression un peu différemment, en utilisant des techniques diverses, avec cette idée d’explosion rapide, et de réussir à les allier toutes ensemble. » Pour cette exposition, le duo de designers formé en 2018 a choisi de faire de la pression son point de départ. Le titre, « Under Pressure », fait notamment référence à l’hydroformage, un procédé industriel dans lequel la pression de l’eau permet de donner forme au métal. Au sein de la galerie, Marie et Alexandre présentent ainsi des pièces façonnées par différentes forces et contraintes, réalisées en collaboration avec plusieurs artisans spécialisés. Mais la pression ne désigne pas seulement ici une technique de façonnage. Elle devient également une condition de création, exercée par la matière, par le temps, le doute, les choix parfois irréversibles ou encore la volonté de faire apparaître quelque chose qui n’existe pas encore.

Exposition "Under Pressure", collection de Vases en céramique émaillée, design : Marie et Alexandre © Charlotte Robin

Allier techniques et savoir-faire

Au sein de l’exposition, qui réunit une dizaine de pièces, les designers se sont associés à différents artisans pour explorer la pression sous toutes ses formes. Avec Antoine Giret, ils présentent ainsi une console, un système d’étagères et une chaise autour d’un travail de l'aluminium fondé notamment sur la vibration de la matière et la création de systèmes. Accompagnés par Jean-Marie Foubert, ils ont imaginé une collection de vases en céramique, déclinés en versions simple et double ainsi qu’en différents formats. Avec le verrier Simon Rio, ils sont allés vers un autre registre en imaginant une table basse dont le plateau est en verre thermoformé. Enfin, avec l’atelier Blam - notamment connu pour avoir participé à la réalisation du cheval mécanique apparu lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Paris 2024 -, ils ont imaginé une table sur piston ainsi qu’un médaillon en métal et feuille d'argent dont la forme naît directement de la contrainte exercée sur la matière. Ce dernier sera ensuite destiné à rejoindre la Cité du design de Saint-Etienne, récemment inaugurée.

Exposition "Under Pressure", médaillon et table sur piston, design : Marie et Alexandre © Charlotte Robin

À travers cette exposition, Marie et Alexandre semblent faire évoluer leur langage formel vers davantage de retenue. Les formes se resserrent et les moyens se réduisent, sans pour autant perdre leur fonction et leur intensité. Un moyen finalement pour le duo de questionner son propre processus créatif.

Exposition "Under Pressure", chaise et système d'étagères en aluminium, design : Marie et Alexandre © Charlotte Robin
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29/9/2026
Panton Cubes : le design en jeu

Imaginé par Verner Panton dans les années 1970, le système modulaire Panton Cubes est aujourd’hui réédité par Vitra sous la forme de quatre kits représentant des figures animales.

Imaginés par Verner Panton en 1974, les Panton Cubes associent jeu et design. Constitués de structures cubiques pouvant être assemblées entre elles à l’aide de clips, les cubes sont ensuite habillés de panneaux colorés ou chromés. Ce système permet de composer des volumes et des motifs variés, allant de sculptures figuratives à des constructions plus abstraites.

Développée par Vitra en collaboration avec Verner Panton Design AG à l’occasion du centenaire de la naissance du designer, cette réédition propose quatre modèles : un canard, un flamant rose, un chat et une girafe. Chacune des versions est proposée dans une combinaison de deux couleurs ou avec une finition chromée. Les modèles bicolores reprennent la palette vive caractéristique du travail du créateur danois. En laissant à chacun une grande liberté de construction, le concept des Panton Cubes illustre de manière ludique les possibilités offertes par un système modulaire.

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Ci-dessous : ©Panton Cubes - Vitra

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25/9/2026
"Multiples": an exhibition on series production at the BDMMA

Through October 3, the Bureau de la Mode, des Métiers d’Art et du Design (BDMMA) is presenting the "Multiples" exhibition. A range of projects celebrating industrial design and the new relationships between designers and industry.

As we reflect on September's Paris Design Week, one thing is clear: collectible design seems to reign supreme. Yet, the less "Instagrammable" world of industrial design has not disappeared. To reaffirm its presence and offer a counterpoint to the current trend, the Bureau de la Mode, des Métiers d’Art et du Design (BDMMA) presents "Multiples." Conceived as a return to basics, the exhibition is not "a status report on the sector", but rather aims to "provide an overview of research and textures centered on mass production", explains Frédéric Bouchet, deputy director of the institution. This diversity is reaffirmed through thirteen studios whose utilitarian and aesthetic objects celebrate production. Through this, the focus is not on creating for the sake of creating, but on the intelligence of replicable and viable systems.

©BDMMA

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A new relationship with industry, but the same idea of design

If the sector is experiencing "a change of state", it is partly due to the upheaval that has occurred in industrial production. "The relationship with industry has changed completely, requiring designers to shift their stance and be less passive regarding production. They are now encouraged to take hold of processes themselves or repurpose production methods to engage in self-publishing", analyzes Frédéric Bouchet. These new alternative paths are prompting some designers to question the challenges related to resources and how the materials used serve their intended purpose. "It seems to me that this concern is increasingly rooted in the local fabric, as seen in the work of Jules Levasseur. He convinced a company in Burgundy, where he is based, to take an interest in his project, and together they developed 'Projet S,' made from corrugated metal sheets. His challenge today is to channel production at his own scale to produce just the right number of furniture pieces." Beyond the challenge of economic adaptability, there is the issue of formal and technical reinterpretation. "How can one avoid being beholden to traditional publishing? How can I bring local industry into my own territory while generating value? These are the two major questions that emerge in the exhibition, notably through the work of Lila Guédin, who used industrial assembly techniques to create chairs, and Nicolas Verschaeve, who uses tool handles to create small interior objects like hooks and coat racks." These captures and reinterpretations of pre-existing industrial matrices open up new aesthetic and technical doors. Whether published or not, the projects selected by curators and exhibitors Lucien Icard and Kevin Lebouvier shed different lights on these new relationships with industry, favoring "a certain stylistic purity based primarily on assembly".

An exhibition to discover at the Bureau de la Mode, des Métiers d’Art et du Design, 30 rue du Faubourg Saint-Antoine, in the 12th arrondissement of Paris, until October 3rd.

©BDMMA
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